Abu KHUDER

04.07.2019 ( Modifié le : 13.08.2019 )
Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente.

Faits

Abu Khuder vit aux Pays-Bas depuis 2014. Il a obtenu un permis d’asile temporaire après avoir fui la Syrie.

En 2012, Abu Khuder indiquait dans une interview au média The Guardian, qu’au début du conflit syrien en 2011, il travaillait comme officier la frontière syrienne au sein d’une unité appelée les Camel Corps. Lorsque le conflit a éclaté, il a rejoint l’Armée Libre Syrienne (ALS) dans son combat contre le régime de Bashar al-Assad. Il a ensuite rejoint le groupe terroriste Jabhat-al-Nusra, un groupe affilié à Al-Qaeda. Au sein de ce groupe, il est devenu commandant d’un bataillon nommé Ghuraba’a Mohassan.

En tant que commandant de ce bataillon, il est soupçonné d’avoir participé à l’exécution d’un lieutenant-colonel syrien en juillet 2012. Ces accusations sont soutenues par une vidéo diffusée sur le net montrant le soldat hors de combat exécuté d’une balle dans la tête.

Procédure Légale

Abu Khuder a été arrêté dans la ville de Kapelle au sud-ouest des Pays-Bas. La police a perquisitionné son domicile et saisi des documents, son ordinateur ainsi que son téléphone portable. Le domicile d’un autre homme à Ede, soupçonné d’être en contact avec Khuder, a également été perquisitionné.

Abu Khuder a été arrêté par les autorités néerlandaises à la suite d’informations obtenues par la police allemande. En Allemagne, plusieurs enquêtes, dont une enquête structurelle, sont actuellement en cours sur le conflit syrien. En Allemagne, six habitations appartenant à des membres du bataillon commandé par Khuder ont été perquisitionnées simultanément.

Le 24 mai 2019, Abu Khuder a été présenté à un juge à la Haye qui a confirmé son maintien en détention. En plus des allégations concernant son appartenance à une organisation terroriste, Khuder est également soupçonné de crime de guerre pour le meurtre d’un lieutenant-colonel de l’armée syrienne en juillet 2012.

Points forts

Cette arrestation est un exemple de la coopération existante et nécessaire entre les autorités judiciaires européennes afin de lutter contre l’impunité des crimes commis en Syrie.