Agnès Reeves Taylor

30.10.2017 ( Modifié le : 09.07.2019 )
Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente.

Faits

Agnes Reeves Taylor est née le 27 septembre 1965 au Libéria.

En 1986 elle épousa au Ghana Charles Taylor, l’ancien directeur de l’Administration des services généraux du Libéria. C’est durant cette période que Charles Taylor avait créé le Front national patriotique du Libéria (NPFL), une milice dont le but était de chasser du pouvoir le président du Libéria de l’époque, Samuel Doe.

En 1989, le NPFL a envahi le Libéria, déclenchant une guerre civile brutale au cours de laquelle plus de 150’000 personnes ont trouvé la mort et la moitié de la population a dû fuir le pays.

Entre 1989 et 1991, un grand nombre de civils libériens de certains groupes ethniques ainsi que des soldats des forces armées libériennes ont été soumis à d’extrêmes violences et ont été tués dans les comtés de Nimba et de Bong.

Procédure Légale

Le 1 juin 2017, Agnès Reeves Taylor a été arrêtée dans sa résidence de l’est de Londres par l’Unité de la Police Métropolitaine spécialisée dans les crimes de guerre. Son arrestation était basée sur des informations fournies par l’ONG Civitas Maxima et par the Global Justice and Research Project (GJRP – la filiale libérienne de Civitas Maxima). Elle a été inculpée le 2 juin 2017 pour torture et collusion visant à pratiquer la torture lorsqu’elle était prétendument involucrée avec le groupe rebelle de Charles Taylor, le NPFL, durant la première guerre civile libérienne. Elle a été inculpée pour les deux chefs d’accusation suivants : actes de torture commis à Gbarnga, au centre du Libéria, et actes de torture perpétrés à Gborplay, au nord-est du pays. Elle aurait permis le viol de sept femmes dans les quartiers généraux des rebelles de Charles Taylor.

Le 3 juin 2017, elle a été présentée à la Westminster Magistrate Court (Tribunal de première instance de Westminster). Sa demande de libération sous caution a été rejetée et elle est restée en détention.

Une audience préliminaire s’est tenue devant la Westminster Magistrate Court le 30 juin 2017.

Le 11 aout 2017, sa demande de libération provisoire a été rejetée par le tribunal.

Le 19 octobre 2018, elle a déposé un plaidoyer de non-culpabilité concernant huit chefs d’accusation.

Les 24 et 25 juin 2019, un appel sur une question préliminaire a été entendu (concernant l’interprétation de l’expression « personne agissant à titre officiel » dans le cas d’acteurs non étatiques). Les comptes rendus détaillés de l’audience sont limités en raison des procédures pénales en cours.

Son procès était censé commencer le 25 février 2019, mais il semblerait qu’il soit reporté au moins jusqu’en septembre 2019.