Eshetu Alemu

20.03.2017 ( Modifié le : 04.07.2019 )
Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente.

Faits

En 1974, le régime militaire communiste connu sous le nom de Dergue renversa l’empereur Haile Selassie I, s’empara du pouvoir en Éthiopie et gouverna le pays durant 17 ans. En février 1977, la Terreur Rouge fut officiellement déclarée, marquant le début d’arrestations massives, de tueries à grande échelle, de torture et de disparitions de personnes suspectées être des opposants au régime.

Eshetu Alemu est accusé d’avoir, pendant cette période, ordonné l’exécution de 75 personnes, la torture de 9 autres et la détention arbitraire dans des conditions cruelles et inhumaines de plus de 300 personnes dans la province de Gojjam.

Il a quitté l’Ethiopie pour les Pays-Bas en 1990 et a acquis la nationalité néerlandaise en 1998.

Procédure légale

PROCEDURE EN ETHIOPIE

Le 12 décembre 2006, les autorités éthiopiennes ont clôturé un procès de 12 ans contre d’anciens responsables du régime de Dergue, reconnaissant coupables Eshetu Alemu et 57 autres membres du régime de génocide et crimes contre l’humanité. Eshetu Alemu a été jugé par contumace et a été condamné à la peine de mort.

PROCEDURE AUX PAYS-BAS

 Eshetu Alemu a été arrêté aux Pays-Bas en septembre 2015. En septembre 2016, 15 éthiopiens résidant aux États-Unis et au Canada ont été interrogés par un juge néerlandais et un procureur. Le gouvernement éthiopien a également transféré le dossier d’Eshetu Alemu au ministère public néerlandais. Son procès était censé débuter le 21 novembre 2016 à la Haye, mais il a été repoussé au 30 octobre 2017 suite à la décision d’Alemu de changer d’avocat.

Le 15 décembre 2017, il a été reconnu coupable de crimes de guerre, notamment de détention arbitraire, de traitements inhumains, de torture et de meurtres. Il a été condamné à la prison à vie.

Eshetu Alemu a fait appel de sa condamnation le 3 janvier 2018. Le 23 avril 2018, une première audience préliminaire s’est tenue devant la Cour d’appel de la Haye. Le 19 novembre 2018, à la demande de la défense la Cour a accepté d’entendre une douzaine de témoins éthiopiens. Un juge d’instruction s’est rendu en Éthiopie, accompagné de l’avocat de la défense et du procureur pour entendre ces témoins.