Alieu Kosiah

08.05.2016 ( Modifié le : 20.07.2019 )
Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente.

Faits

Alieu Kosiah était commandant des forces du Mouvement de libération unie pour la démocratie du Liberia (ULIMO) entre 1993 et 1995. L’ULIMO, qui a investi la région de l’ouest du Libéria en 1991, a lutté contre les forces du Front national patriotique du Libéria menées par Charles Taylor durant la première guerre civile libérienne (1989-1996). Le groupe est parvenu à prendre contrôle de plusieurs zones de la région, dont le comté de Lofa.

Lorsque Kosiah exerçait la fonction de commandant au sein de l’ULIMO, plusieurs combattants membres du groupe auraient participé à plusieurs massacres. Kosiah aurait lui-même ordonné et participé à la commission de meurtres systématiques, de viols et à l’imposition de travaux forcés aux civils du comté de Lofa.

A la fin de la guerre civile libérienne en 1997, Kosiah s’est installé en Suisse, où il a obtenu le statut de résident permanent.

Procédure Légale

En 2014, un groupe de sept personnes vivant au Libéria a alerté le procureur suisse des crimes qu’aurait potentiellement commis Kosiah, et a porté plainte contre lui. En août 2014, le Parquet fédéral suisse a décidé d’ouvrir une enquête judiciaire sur Kosiah.

Kosiah a été arrêté à Berne le 10 novembre 2014 pour sa participation aux crimes de guerre perpétrés dans la région ouest du Libéria entre 1993 et 1995. Il est notamment accusé d’avoir visé des civils de manière systématique. Le 13 novembre 2014, le tribunal des mesures de contrainte a ordonné la détention provisoire de l’accusé. La détention provisoire a par la suite été étendue au 9 mai 2015. Depuis lors, Kosiah se trouve toujours en détention provisoire. Kosiah a été arrêté sur le fondement du principe de compétence universelle reconnu par la Suisse.

Dans le cadre de l’enquête qui aura duré plus de cinq ans, des victimes et témoins accusent Alieu Kosiah d’avoir commis des actes de violence sexuelle, de recrutement d’enfants soldats, de pillages, d’avoir donné l’ordre et d’avoir participé à des transports forcés de biens pillés et de munitions, contraignant des civils à travailler dans des conditions cruelles, d’avoir ordonné ou commis des meurtres, et de s’être livré à des actes de cannibalisme.

Le 22 mars 2019, après une instruction particulièrement complexe de près de cinq ans, le Ministère public de la Confédération (MPC) a transmis auprès du Tribunal pénal fédéral (TPF) un acte d’accusation contre Alieu Kosiah. La date du procès contre Kosiah n’est pas encore connue.

Point Fort

Kosiah est le tout premier membre de l’ULIMO à être arrêté et inculpé de crimes de guerre commis durant la guerre civile libérienne. En outre, il s’agira de la première fois qu’un criminel de guerre présumé sera jugé par le Tribunal pénal fédéral suisse.