Alieu Kosiah

08.05.2016 ( Modifié le : 07.06.2016 )
Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente.

faits

Alieu Kosiah était commandant  d’une faction mandingue du Mouvement de libération unie pour la démocratie du Liberia (ULIMO) entre 1993 et 1995. L’ULIMO, qui a investi la région de l’ouest du Libéria en 1991, a lutté contre les forces du Front national patriotique du Libéria menées par Charles Taylor durant la guerre civile libérienne. Le groupe est parvenu à prendre contrôle de plusieurs zones de la région, dont le comté de Lofa.

Lorsque Kosiah exerçait la fonction de commandant au sein de l’ULIMO, plusieurs combattants membres du groupe ont perpétré des atrocités de masse. Kosiah aurait lui-même ordonné et participé à la commission de meurtres systématiques, de viols et à l’imposition de travaux forcés aux civils du comté de Lofa.

A la fin de la guerre civile libérienne en 1997, Kosiah s’est installé en Suisse, où il a obtenu le statut de résident permanent.

En 2014, un groupe de sept personnes vivant au Libéria a alerté le procureur suisse des crimes qu’aurait potentiellement commis Kosiah, et a porté plainte à son encontre. En août 2014, le Parquet suisse a décidé d’ouvrir une enquête judiciaire sur Kosiah.

procédure légale

En 2014, un groupe de sept personnes vivant au Libéria a alerté le procureur suisse des crimes qu’aurait potentiellement commis Kosiah, et a porté plainte à son encontre. En août 2014, le Parquet suisse a décidé d’ouvrir une enquête judiciaire sur Kosiah.

Kosiah a été arrêté à Berne le 10 novembre 2014 pour sa participation suspectée aux crimes de guerres perpétrés dans la région ouest du Libéria entre 1993 et 1995. Il est notamment accusé d’avoir visé des civils de manière systématique. Le 13 novembre 2014, un juge suisse a ordonné la détention provisoire de l’accusé. La détention provisoire a par la suite été étendue au 9 mai 2015.

Kosiah a été arrêté sur le fondement de la loi de compétence universelle de la Suisse. En effet, les tribunaux nationaux suisses sont compétents pour juger les crimes internationaux perpétrés par les individus situés sur leur territoire, et cela indifféremment du lieu de commission des crimes ou de la nationalité de leurs auteurs ou des victimes.

L’arrestation de Kosiah est extrêmement controversée au sein des communautés mandingues du Libéria. En effet, les mandingues se perçoivent comme les victimes de la guerre civile. Par conséquent, nombre d’entre eux considèrent que l’ULIMO a agit en légitime défense et soutiennent donc Kosiah.

point fort

Kosiah est le tout premier membre de l’ULIMO à être arrêté et inculpé de crimes contre l’humanité commis durant la guerre civile libérienne. En outre, il s’agit du second arrêt réalisé par un Etat européen d’un ancien seigneur de guerre du Libéria. Le premier est celui de Martina Johnson, autrefois à la tête de l’unité d’artillerie lourde menée par Taylor.

Fiche d'information
Nom: Alieu Kosiah
Nationalité: Liberia
Contexte: Libéria
Chefs d'accusation: Autre, Crimes contre l'humanité, Atteinte à l’intégrité physique, Torture
Statut: Inculpé
Lieu du procès: Suisse
Détails: Arrêté le 10 novembre 2014 par les autorités publiques de la Suisse sur le fondement de la compétence universelle de ce pays ; en attente de son procès.