Aria Ladjedvardi

26.10.2017
Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente.

Faits

Issu d’une famille iranienne, Aria Ladjedvardi est né en Allemagne en 1995. Il s’est radicalisé pendant ses années en Allemagne. Il a voyagé en Syrie où il a rejoint des groupes jihadistes dans la province de Idlib de mars à avril 2014.

Entre le 8 mars et le 16 avril 2014, un groupe jihadiste a attaqué un checkpoint de la Province de Idlib. Ils auraient capturé et décapité deux soldats avant d’empaler et d’exposer leur tête à la vue de tous. Après le retour de Ladjedvardi en Allemagne, l’un de ses compagnons de combat a posté sur Facebook trois clichés où Ladjedvardi est allégué avoir posé avec les têtes décapitées des combattants ennemis, accompagné d’un autre homme réputé pour son implication avec des groupes jihadistes en Syrie.

Procédure Légale

Le prévenu a été arrêté le 14 octobre 2015 et accusé de crimes de guerre au sens du Code Pénal International Allemand pour traitement particulièrement humiliant et dégradant de personnes protégées.

Le procès a débuté le 3 mai 2016 devant le Tribunal régional supérieur de Francfort.

Le 12 juillet 2016, le Tribunal a retenu que le fait de brandir les têtes tranchées comme un trophée et la connaissance du fait que toute personne raisonnable allait être horrifiée de voir de telles photos, démontrait une intention de l’auteur de se moquer des morts. Les juges ont rejeté les arguments de la défense selon lesquels le prévenu aurait été forcé de poser pour les photos et ne se serait rendu en Syrie que pour apporter de l’aide humanitaire.

Ladjedvardi a été condamné à deux ans de prison pour crimes de guerre constitutif de traitement dégradant et humiliant de personnes protégées sous le Droit International Humanitaire.