Charles Ble Goude

23.04.2016 ( Modifié le : 12.10.2016 )
Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente.

faits

Charles Ble Goude naquit le 1er janvier 1972 à Niagbrahio/Guiberoua (Gagnoa) dans le centre ouest de la Côte d’Ivoire. Il adhéra à la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) en 1990 avant d’obtenir son baccalauréat un (01) an plus tard. Il occupa divers postes au sein de cette organisation avant de succéder à Guillaume Soro en 1998 au poste de Secrétaire général.

Entre 1994 et 1999, il fut emprisonné huit fois pour les luttes syndicales estudiantines. En 2001, il créa le Congrès panafricain des jeunes patriotes (COJEP) qui déclara la lutte à l’impérialisme et au néo colonialisme.

Diplômé d’une très controversée licence en anglais et d’un master en gestion et prévention des conflits, il revint dans son pays après avoir suspendu ses études au début de la crise politico militaire de septembre 2002. Il apporta son soutien à Laurent Gbagbo et fonda l’Alliance des jeunes patriotes pour le sursaut national. Suite à l’élection présidentielle controversée de novembre 2010, Ble Goude fut nommé ministre de la jeunesse, de la formation professionnelle et de l’emploi.

Ble Goude est accusé d’avoir fait des déclarations publiques répétées préconisant la violence contre les installations et le personnel des Nations Unies, et contre les étrangers ; dirigé et participé à des actes de violences commis par des milices de rue, y compris des voies de fait, des viols et des exécutions extrajudiciaires, intimidation du personnel de l’ONU, du Groupe de travail international (GTI), de l’opposition politique et de la presse indépendante, sabotage des stations de radio internationales ; obstacle à l’action du GTI, de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) et des forces françaises et au processus de paix tel que défini par la résolution 1633 (2005).

Depuis le 11 avril 2011, Ble Goude est resté introuvable depuis l’assaut des forces armées d’Alassane Ouattara contre le Palais présidentiel d’Abidjan tenu par Laurent Gbagbo et ses partisans.

La justice ivoirienne a lancé en Juillet 2011 un mandat d’arrêt international contre Ble Goude. Il est accusé aux violences ethniques et d’attaques visant le personnel des Nations unies.

procédure légale

Charles Ble Goude est resté introuvable, depuis l’assaut, le 11 avril 2011, des forces armées d’Alassane Ouattara contre le Palais présidentiel d’Abidjan tenu par Laurent Gbagbo et ses partisans. Le secrétaire général Ban Ki-moon a publié un communiqué informant le président sortant et ses partisans, y compris Ble Goude, d’éventuelles poursuites pour crimes de guerre.

En juillet 2011, un mandat d’arrêt international a été émis contre Ble Goude par la Côte-d’Ivoire pour son implication présumée dans les violences postélectorales de novembre 2010 à mai 2011.

Le 17 janvier 2013, Ble Goude a été arrêté au Ghana où il s’était réfugié. Il s’agissait d’une opération de police conjointe entre les autorités de Côte d’Ivoire et du Ghana. Il a été extradé vers la Côte d’Ivoire dès le lendemain.

Ble Goude a été inculpé le 21 janvier 2013 pour ‘’crimes de guerre, assassinats, atteinte à la sureté d’Etat et vols de deniers publics en réunion ». Il a été mis sous mandat de dépôt.

Après avoir été détenu en Côte d’Ivoire depuis son arrestation en janvier 2013, Ble Goude fut transféré aux Pays-Bas le 21 mars 2014.

Le 29 septembre 2014, la Chambre préliminaire I confirma les quatre accusations de crimes contre l’humanité dont Ble Goude faisait l’objet. Les accusations incluent meurtre, viol, violence sexuelle ainsi que d’autres actes inhumains.

Ble Goude déclara qu’il fut «accusé à tort».

Le 11 mars 2015, la Chambre de première instance de la CPI fit droit à la demande du Parquet de joindre l’affaire Blé Goudé à celle de Gbagbo. En effet, dans la mesure où les deux accusés étaient poursuivis sur le fondement des mêmes allégations, les deux affaires furent combinées afin d’assurer l’efficacité et la rapidité de la procédure.

Une conférence de mise en état eut lieu le 21 avril 2015 afin d’examiner certaines questions procédurales liées aux procès de Gbagbo et Blé Goudé.

Son procès s’est ouvert le 28 janvier 2016 à la Cour pénale internationale. Blé Goudé et son co-accusé Laurent Gbagbo ont plaidé non coupable de meurtres, viols, actes inhumains et persécutions.