Elena Ceausescu

19.04.2016 ( Modifié le : 13.06.2016 )
Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente.

faits

Elena Ceausescu est née Elena Petrescu le 7 janvier 1919 (ou 1916, il est allégué qu’elle aurait modifié sa date de naissance), à Petresti dans une famille de paysan.

Elena Ceausescu arrête ses études à la fin du primaire et part pour Bucarest où elle travaille comme assistante dans un laboratoire puis comme assistante dans une usine de textile. Elle rejoint le Parti communiste de Roumanie en 1937.

En 1939, Elena rencontre Nicolae Ceausescu (cf. « ramifications ») et ils se marient en 1946. Ils auront trois enfants.

Elena Ceausescu occupe des postes de peu d’importance jusqu’à ce que son mari devienne Secrétaire général du Parti communiste de Roumanie.

En 1965 elle est nommée directrice de l’Institut central de recherches en chimie de Bucarest.

A partir de juillet 1972, Elena Ceausescu reçoit de nombreuses responsabilités au sein du Parti communiste. Elle est notamment élue membre à part entière du Comité central du parti.

En juillet 1973, elle devient membre du Politburo et est nommée responsable de la Commission des cadres du parti et de l’Etat. Elle est alors la deuxième personne la plus importante du pays après son mari.

En novembre 1974, elle est faite membre du Comité politique exécutif, dont elle intègre le Bureau permanent, le plus haut organe du parti, en janvier 1977.

En mars 1980, Elena Ceausescu est nommée vice-Première ministre de Roumanie.

Elena Ceausescu est tenue pour responsable du décret sur la suppression du contrôle des naissances qui aurait causé une véritable crise démographique dans le pays dans les années 1970 et 1980. Il est également allégué qu’elle aurait été derrière la politique de destruction des églises et de rationnement alimentaire mené par son mari dans les années 1980. Elle a également élu membre de la Commission de santé de l’Etat qui a nié l’existence du virus du SIDA en Roumanie.

Le 22 décembre 1989, elle est arrêtée avec son mari à la suite du renversement du pouvoir initié lors des émeutes de Timisora quelques jours plus tôt.

procédure légale

Elena Ceausescu est arrêtée le 22 décembre 1989. Elle est présentée avec son mari devant un Tribunal militaire spécial réunit dans une salle de cours de la base militaire de Tirgoviste le 25 décembre 1989.

Elle et son mari sont accusés de génocide, d’attaque armée contre le peuple et le pouvoir d’Etat, de destruction de bâtiments d’Etat et des institutions et de sapement de l’économie nationale, en vertu des articles 356, 163, 165 et 145 du Code pénal roumain. L’accusation couvre toute la période du régime Ceausescu, même si dans ses questions le procureur le général Gica Popa, se concentre sur les émeutes de Timisora.

Le procureur reproche également particulièrement à Elena Ceausescu de ne pas être l’auteur de ses publications scientifiques et d’avoir vécu dans le luxe alors que le peuple roumain était soumis à de sévères restrictions.

Tout au long du procès, Elena et son mari refusent de reconnaître la compétence de la Cour et de répondre à la moindre question, et réclament d’être entendu par l’Assemblée nationale.

Au terme d’un procès qui n’a duré que 55 minutes Elena Ceausescu est condamnée à mort pour commission de crimes de génocide.

Elle est exécutée quelques heures plus tard avec son mari.

point fort

Expéditif, le procès des époux Ceausescu n’a duré que 55 minutes. Il n’a pas respecté les standards internationaux en matière de droits de la défense. La peine de mort a été exécutée le jour même du verdict, soit trois jours à peine après leur arrestation.

La définition de génocide contenue à l’article 356 du Code pénal roumain de 1976 fait référence, pour la définition des groupes protégés, à «une collectivité ou un groupe national, ethnique, racial ou religieux». Il n’y est pas donne plus de précision quant à la notion de ‘collectivité’.

Cette notion de collectivité permet une application plus large de la notion de génocide.