Fransisco Macias Nguema

31.01.2017
Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente.

FAITS

Francisco Macías Nguema est né le 1 janvier 1924 au Gabon, dans la province de Woleu-Ntem. En 1951, il devient traducteur adjoint à la Cour raciale de Mongomo.

Macías Nguema a été le premier président de l’Etat nouvellement indépendant de Guinée Equatoriale en 1968. Après son élection, le 29 septembre 1968, il établit un système de parti unique et s’arrogea tous les pouvoirs, dont le législatif et le judiciaire. Dès 1969, Macías Nguema lança une campagne de persécution contre ses opposants politiques. Ceux-ci étaient arrêtés et leurs biens pillés et extorqués. Une politique de répression féroce fut mise en place, notamment à travers la milice appelée «Jeunesse en marche avec Macías». Cette milice fut responsable de nombreuses atrocités, telles que le massacre de civils, la torture, ainsi que le pillage et l’incendie de villages.

Le pays sombra alors dans une dictature cruelle et brutale. Le 14 juillet 1972, Macías Nguema fut nommé président à vie et institua un culte absolu de sa personnalité, s’autoproclamant «Miracle unique ».

Durant son régime, des violations systématiques des droits de l’homme furent perpétrées, telles que la détention arbitraire, la persécution, la torture, les traitements inhumains et dégradants ainsi que les exécutions extrajudiciaires de personnes considérées comme «éléments subversifs». Macías Nguema introduisit le travail forcé pour tous les citoyens âgés de plus de 15 ans. De plus, il interdit l’enseignement privé, le jugeant «subversif». La persécution menée par le président contre les intellectuels eut pour conséquence la fuite de la classe moyenne éduquée hors du pays. On estime qu’environ un tiers de la population totale de la Guinée équatoriale s’est exilée ou a été assassinée durant cette période. Les violations des droits de l’homme ont été dénoncées par l’ONU et la Commission européenne ainsi que par plusieurs ONGs.

Il fut renversé le 3 août 1979 par un coup d’état militaire mené par son neveu, Teodoro Obiang Nguema.

 

Procédure légale

Le Conseil militaire suprême établit le Tribunal militaire spécial (TMS) pour juger Macías Nguema et dix de ses collaborateurs pour les crimes perpétrés entre le 5 mars 1969 et le 18 août 1979. Le procès commença le 24 septembre 1979.

Macías Nguema, en tant qu’auteur principal, ainsi que dix autres défendeurs, considérés comme complices, furent accusés de génocide, massacre, détournement de fonds, dommages matériels, violations systématiques des droits de l’homme et trahison. Le TMS établit que la majorité des meurtres perpétrés par le régime concernaient les prisonniers politiques. Le tribunal prouva également que la torture en prison, le travail forcé, la détention arbitraire, le pillage et l’incendie de villages ainsi que le transfert forcé de la population civile étaient utilisés de manière systématique par le gouvernement.

Macías Nguema nia toutes les accusations et demanda à être acquitté. Son avocat, plaidant que son client n’était coupable que d’actes d’omission, argumenta que les seuls responsables des actes de torture et de persécution ainsi que des exécutions extrajudiciaires étaient les dix autres coaccusés.

Le procureur requit la peine capitale pour Macías Nguema, trente ans de prison pour cinq des dix défendeurs et une année de prison pour les quatre défendeurs restants.

Le 29 septembre 1979, le TMS rendit son verdict : Macías Nguema et six des dix coaccusés furent condamnés à mort (Pastor Nsué, Salvador Ondo Ela, Fortunato Nsogo, Eduardo Nguema Edu, Miguel Eyegue, Bienvenido Micha Nsué).

Une procédure d’appel auprès d’une cour supérieure n’étant pas prévue, la décision du tribunal fut définitive. Macías Nguema ainsi que six coaccusés furent exécutés à 18h le jour même du jugement.