Hermann Goering

31.05.2016 ( Modifié le : 08.06.2016 )
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faits

Né le 12 janvier 1893 dans une famille allemande aisée, Hermann Goering fait ses classes à l’école des cadets de Karlsruhe puis à l’école militaire de Gross Lichterfelde. Il en sort sous-lieutenant d’infanterie.

Lors de la première guerre mondiale, en 1914, Goering intègre l’infanterie allemande, mais est rapidement transféré dans l’armée de l’air à cause de problèmes de genoux. Là, il se distingue par ses talents de pilote de chasse et à la fin de la guerre il se voit remettre la médaille de la Croix de Fer pour son mérite.

La paix revenue, il met ses talents de pilote au service de plusieurs compagnies privées aux Pays-Bas, au Danemark et en Suède. Il milite dans des organisations de droite et est membre de la société secrète de l’Ordre de Thulé. En 1921, il rentre en Allemagne et adhère rapidement au NSDAP (le parti national socialiste) après avoir entendu un discours d’Hitler. Celui-ci le nomme rapidement chef des SA (Sturm Abteilung) ou Chemises brunes, chargés de perturber les réunions des opposants politiques d’Hitler et de le protéger de toute attaque.

Aux côtés d’Hitler lors de la tentative de putsch ratée de Munich le 8 novembre 1923, Goering s’exile en Suède pour ne pas être arrêté.

Après 4 ans à Stockholm, Goering rentre en Allemagne en 1927, à la faveur de l’amnistie politique accordée par le Président Von Hindenburg. En 1928, il fait partie des 12 députés nazis élus au Parlement (Reichstag). Réélu en 1930, il en devient même le président en 1932 lorsque les nazis remportent 230 sièges aux élections.

En 1933, alors qu’Adolf Hitler devient Chancelier d’Allemagne, Goering devient ministre de son gouvernement. D’abord sans portefeuille, il est rapidement nommé Ministre de l’intérieur et Premier ministre de Prusse. A ces postes, il entreprend de remplacer la plupart des chefs de la police par des SA ou des SS.

Le 27 février 1933, l’incendie du Reichstag, dont il serait en réalité lui-même l’instigateur, lui permet de déclencher une vague de violence et d’arrestations à l’encontre des opposants communistes allemands.

Il est allégué qu’à cette époque Hermann Goering et Heinrich Himmler auraient mis en place les premiers camps de concentration. De même, Goering aurait créé la Gestapo, dont le contrôle reviendra par la suite à Himmler.

En juin 1934, Goering organise et met en œuvre la ‘Nuit des longs couteaux’ au cours de laquelle de nombreux dirigeants SA sont physiquement éliminés.

Nommé Commandant de la Luftwaffe en 1935, il apporte son soutien au Général Franco dans la guerre civile espagnole en lui envoyant la fameuse Légion Condor qui se rendra tristement célèbre lors du bombardement de Guernica en 1937. Il négocie aussi l’Anschluss avec l’Autriche en 1938 avec la France, l’Angleterre, la Hongrie, l’Italie et la Pologne.

Goering exerce également une influence importante sur la politique économique du pays. En 1936, il est désigné responsable du ‘Plan de quatre ans’, voulu par Hitler pour préparer le pays à la guerre pour 1940. Pour y arriver, il prône l’autarcie du pays et le dirigisme économique.

En 1940, Goering est nommé Maréchal du Reich par Hitler, titre que lui seul portera. Il exercera jusqu’en 1943 (moment de leur rupture) une forte influence sur Hitler qui le désignera d’ailleurs comme son successeur par un décret du 29 juin 1941. Il reçoit également la Grand Croix de l’ordre de la Croix de Fer.

Parallèlement, Goering est actif dans la ‘question juive’. Il joue un rôle important dans les persécutions antisémites et dans la spoliation des biens juifs, spoliation dont il bénéficie d’ailleurs personnellement, confisquant à son profit de nombreuses œuvres d’art ayant appartenu à des Juifs. Après la ‘Nuit de cristal’ des 9 et 10 novembre 1938, Goering inflige par cynisme une amende d’un milliard de Marks aux juifs pour les dommages matériels causés par l’opération. Il encourage également leur émigration forcée. Le 31 juillet 1941, il charge Reinhard Heidrich, responsable de la sécurité du Reich, de prendre toute les mesures nécessaires à ‘une solution globale de la question juive’. Ce sera le début des déportations massives et de l’extermination des Juifs d’Europe.

Même s’il s’oppose initialement à la guerre par peur de représailles de la part de l’Angleterre, lorsque la seconde guerre mondiale débute, Goering est à la tête de la Luftwaffe, et à ce poste responsable des campagnes aériennes contre la France, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et la Pologne. Côté économique, il organise le pillage des pays occupés et le transfert forcé des travailleurs civils dans le Reich.

Cependant, Goering commet plusieurs erreurs stratégiques lors des campagnes allemandes, notamment lors de la Bataille d’Angleterre, ou de l’opération Barbarossa, erreurs qui conduisent à des défaites allemandes. Ces échecs successifs lui valent de perdre la confiance d’Hitler et d’être progressivement mis à l’écart de la direction du pays.

A la fin de la guerre, alors que l’armée rouge progresse à l’intérieur de l’Allemagne, il déménage son quartier général à Berchtesgaden. Lorsqu’Hitler s’enferme dans son bunker en avril 1945, Goering lui écrit pour lui demander s’il peut, conformément au décret qui en faisait son héritier, assumer le pouvoir à sa place. Furieux, Hitler le désavoue le 25 avril, l’exclut du NSDAP et lui confisque tous ses titres. Il le fait d’abord arrêter par les SS et condamner à mort, mais cette condamnation est transformée en assignation à résidence surveillée par des SS en raison des nombreux services que Goering a rendu au Reich.

Après le suicide d’Hitler et la reddition de l’armée allemande le 7 mai 1945, Goering se rend à l’armée américaine en Autriche le 8 mai 1945 et est interné dans le camp américain de Mondorf-les-Bains le 21 mai 45.

procédure légale

Après le suicide d’Hitler et la reddition de l’armée allemande le 7 mai 1945, Goering se rend à l’armée américaine en Autriche le 8 mai 1945 et est interné dans le camp américain de Mondorf-les-Bains le 21 mai 45.

Avec 22 autres hauts responsables nazis (cf. «ramifications»), il est traduit devant le Tribunal militaire international (TMI) de Nuremberg, tribunal créé par les alliés pour juger les principaux responsables nazis.

Lorsque le procès s’ouvre le 20 novembre 1945, Goering est inculpé des chefs 1 (plan concerté ou complot), 2 (crimes contre la paix), 3 (crimes de guerre) et 4 (crimes contre l’humanité). Il plaide non coupable de tous ces chefs. Cependant, il se positionne comme le numéro deux du régime nazi après Hitler, dont il assume et défend la politique, et à ce titre, prend l’ascendant sur les autres accusés du tribunal.

Selon l’accusation, il aurait utilisé ses différentes fonctions et sa relation avec Hitler pour :
– promouvoir l’accession au pouvoir du parti nazi et la consolidation de leur contrôle sur l’Allemagne,
– promouvoir la préparation militaire et économique du pays à la guerre,
– planifier et préparer les guerres d’agressions et les guerres en violations des traités et accords internationaux déclenchées par les Nazis,
– autoriser, diriger et participer à des crimes de guerre, et,
– autoriser, diriger et participer à des crimes contre l’humanité.

Goering a toujours nié avoir eu connaissance de la politique d’extermination des Juifs. Il a toutefois été démontré qu’il était présent lors des conférences où furent décidées les grandes lignes de la solution finale.

De même, il n’a pas reconnu être responsable de l’exécution de 50 aviateurs anglais tués par des hommes de la Luftwaffe au printemps 1944, affirmant que l’ordre était venu de la police. Cet argument n’a pas convaincu le Tribunal.

Il n’a pas nié, par contre, les politiques de travail forcé et de spoliation qu’il avait conduites durant la guerre.

Tout au long du procès, Goering a essayé de déstabiliser l’accusation, notamment en corrigeant les erreurs de traduction (il parle en effet couramment anglais), et en répondant par des discours fleuves aux questions que lui pose l’accusation.

Le 1er octobre 1946, le Tribunal reconnait Goering coupable des quatre chefs d’accusation et le condamne à la peine de mort. Goering demande alors à être fusillé plutôt que pendu, requête refusée par le tribunal.

Le 15 octobre 1946, deux heures avant son exécution, Hermann Goering se suicide dans sa cellule en ingérant une pilule de cyanure.

contexte

CONTEXTE DE L’ALLEMAGNE NAZIE

A la fin de la deuxième guerre mondiale, de nombreux procès ont été effectués tant en Allemagne que dans d’autre pays à l’encontre les criminels de guerre et de ceux responsables pour les crimes nazis.

Bien qu’il soit impossible de fournir un résumé de tous ces procès, ci-dessous se trouve un bref aperçu des procès majeurs qui ont été tenus contres les criminels de guerre à Nuremberg et des procès y succédant.

BASES LEGALES SELON LA LOI DES NATIONS

Les Forces armées allemandes ont capitulé sans condition les 7 et 8 mai 1945.1 Les Alliés (Etats-Unis, Union Soviétique, Grande Bretagne et France) ont repris les fonctions gouvernementales en Allemagne, formé le Conseil de contrôle allié et divisé l’Allemagne en quatre zones d’occupation.

Par l’adoption du Traité de Londres le 8 août 1945, les Alliés ont établi le Tribunal militaire international (TMI) afin de juger les principaux criminels de guerre allemands. L’appendice III du traité contient le statut du Tribunal militaire international (Statut TMI).

LES TRIBUNAUX DE NUREMBERG

Selon les arts. 1 – 3 du Traité de Londres, les criminels de guerre pour lesquels aucun emplacement géographique ne peut être déterminé doivent êtres jugés par le TMI. Pour les autres criminels de guerre allemands, le principe de territorialité s’applique : les tribunaux des Etats sur le territoire duquel les crimes ont eu lieu sont compétents pour juger les criminels sur la base de leur droit national (art. 4 et 6).

La compétence rationae de l’IMT s’étend aux :

– Crime contre la paix ;
– crimes de guerre ; et
– crimes contre l’humanité (art. 6 Statut TMI).

Le TMI était composé de quatre juges et quatre juges de réserves nommés par les quatre puissances alliées (art. 2 Statut TMI). Appliquant l’article 13 du Statut IMT, le tribunal a adopté ses propres règles de procédures.

Le TMI a inculpé 24 personnes. Les jugements se sont déroulés du 20 novembre 1945 au premier octobre 1946. Douze des personnes inculpées ont été condamnées à mort, trois acquittées, et sept autres ont été condamnées à des peines de prison variant de dix ans à la perpétuité. Dans une affaire, l’affaire a été annulée pour des raisons médicales et dans un autre l’inculpé s’est suicidé avant le début du procès.

LES PROCES SUCCESSIF A NUREMBERG

Sur la base du statut du Conseil de contrôle allié numéro 10 (KRG 10 (5) adopté le 20 décembre 1945 plusieurs procès successifs à Nuremberg ont été menés sous l’administration des puissances alliées. Le statut du Conseil de contrôle allié numéro 10 visait à fournir une base légale commune aux quatre zones sous occupation afin de poursuivre ceux qui avaient commis des crimes sous le Troisième Reich. Les procès successifs à Nuremberg étaient donc basés sur le KRG 10 et le droit des parties occupantes, et non sur le TMI, bien que les éléments matériels de ce dernier étaient incorporés dans le statut du Conseil de contrôle. Ainsi, selon la section 10 du KRG, il était possible de référer des affaires dirigées contres des allemands ayant commis des crimes en Allemagne à des tribunaux allemands. Cette clause a été utilisée par les gouvernements d’occupation français, russe et anglais.

LES PROCEDURES DEVANT LES TRIBUNAUX MILITAIRES

Une attention particulière a été donnée aux douze grands procès qui ont été menés par les tribunaux militaires américains jusqu’au milieu de l’année 1949. Dans ces procès, les personnes inculpées étaient regroupées dans différents groupes :

Les procès des médecins regroupaient toutes les affaires ayant trait au programme d’euthanasie suite aux recherches médicales conduites et aux meurtres qui ont été commis afin de collecter des squelettes.

Le procès Milch : procès contre le maréchal Milch pour sa coopération dans le programme de production d’armes.

Le procès des juristes : procès contre seize employés du ministre de justice impériale ou de tribunaux spéciaux.

Administration générale de l’industrie SS : inculpations pour l’administration des camps de concentration.

Procès Flick : procès contre l’industrialiste Flick pour conspiration de guerre agressive et labeur forcée des prisonniers de guerre et des internés dans les camps de concentration.

Procès IG Farben : procès pour conspiration de guerre agressive et labeur forcée des prisonniers de guerre et des internés dans les camps de concentration.

Procès pour le meurtre d’otages : inculpations pour le meurtre d’otages dans les Balkans.

Procès RuSHA : procès contre les employés du Bureau SS pour la race et le peuplement notamment pour leur collaboration dans l’extermination des juifs et polonais et le déplacement des enfants aryens des territoires allemandes occupées.

Procès contre les Unités spéciales d’extermination : inculpation pour la participation aux massacres dans les territoires occupés de l’Est.

Procès Krupp : affaire contre l’industrialiste Krupp pour, entre autres, l’exploitation de labeur forcée.

Procès Wilhemlstrassen : affaire contre des hauts officiels du régime national-socialiste (NS) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Procès du Centre de commande général des forces armées : affaire contre les hauts officiels des forces armées pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Les documents en lien avec ces procès (bases légales, inculpations, mémoires, jugements, etc.) sont disponibles à www.mazal.com/NMT-HOME.htm et www.ess.uwe.ac.uk/warcrimesindex.htm.

De nombreuses autres affaires ont été jugées devant les tribunaux militaires américains. Au total, 1941 personnes ont été jugées.

PROCEDURES DEVANT DES TRIBUNAUX ANGLAIS, FRANÇAIS ET SOVIETIQUES

Des criminels de guerre allemands ont également été jugés devant les tribunaux des autres puissances occupantes. Les Anglais ont également effectué des jugements en Italie et en France, en particulier contre des collaborateurs des camps de concentration. Les tribunaux français étaient actifs non seulement dans les zones occupées, mais encore en Afrique du nord et en France dans des affaires impliquant des criminels allemands NS et des collaborateurs du régime Vichy. L’Union Soviétique a mené des procès contre des criminels de guerre dans les zones qu’elle reconquérait pendant la guerre. Dans la zone d’occupation soviétique, des employés des camps de concentration ont été poursuivis.

AFFAIRES DANS D’AUTRES PAYS

D’autres pays ont également mené des procès contre des ressortissants allemands, parmi lesquels la Belgique, le Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Pologne, la Yougoslavie, la République Tchèque et Israël.