Khalifa Haftar

24.05.2018 ( Modifié le : 19.06.2018 )
Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente.

faits

Né le 7 novembre 1943, le maréchal Khaalifa Belqasim Haftar est le commandant en chef de l’Armée nationale libyenne (ANL) depuis 2015. Il est considéré comme l’homme fort de l’est libyen.

En 2011, il soutient l’insurrection libyenne contre le régime de Mouammar Kadhafi et prend le commandement de l’armée rebelle. En 2014, l’Etat libyen est fragmenté entre de nombreux groupes, il créé alors sa propre force armée. Le 18 mai, la milice qu’il dirige attaque le Parlement et parallèlement des islamistes de Benghazi. Le 2 mars 2015, il est nommé commandant en chef de l’ANL, une armée non internationalement reconnue qui depuis mène des combats sur le territoire libyen en dépit du processus de paix amorcé depuis l’accord et le cessez-le-feu adopté en juillet 2017.

Procédure légale

Le 18 avril 2018, une première plainte est déposée contre le maréchal Haftar auprès du pôle spécialisé en charge de la compétence universelle du tribunal de grande instance de Paris. Le plaignant, anonyme, affirme que des membres de sa famille ont été tués lors de l’opération “Dignité” à Benghazi en 2014. Il déclare également avoir été enlevé et torturé pendant trois semaines durant lesquelles il a perdu un œil.

Le 26 avril 2018, une seconde plainte pour actes de torture et de barbarie a été déposée contre le maréchal Haftar auprès du pôle spécialisé en charge de la compétence universelle du tribunal de grande instance de Paris. Le dépôt de plainte a été rendu possible sur le fondement de la compétence universelle par la présence du maréchal Haftar sur le sol français pour raisons médicales.

Ali Hamza, un libyen résidant au Canada à l’origine de la plainte, sollicite l’ouverture d’une enquête sur les crimes qui auraient été commis par l’ANL lors du siège de la ville de Benghazi entre 2016 et mars 2017, au cours duquel sa mère et quatre de ses frères et sœurs ont perdu la vie.

Le maréchal Haftar est rentré en Libye suite au dépôt de la plainte.