Kuniaki Koiso

02.01.2012 ( Modifié le : 09.06.2016 )
Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente.

faits

Kuniaki Koiso est né le 22 mars 1880 à Utsunomiya dans une famille d’anciens Samurai. Il obtient son diplôme à l’académie militaire de l’armée impériale et participa à la guerre Russo-Japonaise de 1904-1905.

Koiso a alors gravi les échellons de l’armée japonaise puis avant d’entamer une carrière politique.

En février 2932, Koiso devint le vice-ministre martial et, en août 1932, devint également le Chef de personel de l’armée Kwantung (Manchuria). En 1938, il obtînt le grade de Général. De avril à août 1939, puis à nouveau de janvier à juillet 1940, il travailla comme ministre dans le nouveau cabinet de la Grande asie de l’est (une institution chargée de la colonisation the territoires occupées par le Japon). en may 2942, il a été nommé gouverneur général de la Corée.

Le 22 juillet 1944, suite à la démission de Hideki Tojo, il a été élu premier ministre.

Sous son gouvernement, la condition des prisonniers de guerre alliés et ceux des civils des territoires occupés ne se sont pas améliorées alors que Koiso s’est avéré incapable de freiner l’avancée des alliés dans les Pacifiques.

Le 7 avril 1945, Koiso a été obligé de démissioner lorsque les forces américaines sont atterries à Okinawa.

Kuniaki Koiso a été arrêté à la fin de la guerre.

procédure légale

Kuniaki Koiso a été jugé par le Tribunal Militaire International pour l’Extrême-Orient pour crimes de guerre comme criminel de guerre de classe A.

Il a été reconnu coupable des chefs d’accusation 1 (conspiration pour mener des guerres d’agression contre un pays ou des pays, entre le 1er janvier 1928 et le 2 septembre 1945), 27, 29, 31 et 32 (avoir mené des guerres d’agression) ainsi que du chef 55 (ne pas avoir remplis ses obligations de commandant militaire en ne prenant pas les mesures adéquates pour assurer le respect et prévenir les violations des lois et des coutumes de la guerre).

Le Tribunal a estimé qu’en raison de son grade très élevé dans la hiérarchie militaire japonaise, Kuniaki Koiso a joué un rôle décisif dans le déclenchement des guerres contre la Chine et contre les alliés. De plus, si Kuniaki Koiso n’étais pas à l’origine des crimes de guerre commis par l’armée japonaise, il n’a pris aucune mesure pour les faire cesser ou pour en punir les auteurs alors qu’en tant que Premier Ministre, il en avait parfaitement le pouvoir.

Le 12 novembre 1948, le TMIEO l’a condamné à la prison à vie.

Kuniaki Koiso est décédé le 3 novembre 1950 à la prison de Sugamo.

contexte

TRIBUNAL MILITAIRE INTERNATIONAL POUR L’EXTREME ORIENT

Après la capitulation du Japon lors de la Seconde Guerre Mondiale, les puissances victorieuses ont décidé d’instaurer un Tribunal international dans le but de juger les membres du pouvoir japonais responsables de la guerre d’agression menée par le Japon et pour les autres crimes commis durant la guerre. Le Tribunal a été établi par un décret du commandant suprême des forces alliées en Extrême-Orient, le général américain Douglas MacArthur, le 19 janvier 1946, amendé le 25 avril suivant.

La Charte du TMI pour l’Extrême-Orient a repris presque verbatim la Charte du Tribunal de Nuremberg. Le Tribunal était compétent pour des crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Les juges et les procureurs ont été choisis parmi des ressortissants d’Etats qui étaient en guerre contre le Japon (les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Union soviétique, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, la France, les Philippines et la Chine). Le Tribunal de Tokyo a été la cible de critiques semblables à celles de son homologue allemand, concernant notamment les modalités de sa création, la composition de l’appareil judiciaire et le respect du principe de la légalité. Le ministère public était dirigé par l’Américain Joseph B. Keenan.

Les procédures judiciaires se sont déroulées entre le 29 avril 1946 et le 12 novembre 1948. Au total, 28 anciens généraux japonais et politiciens ont été inculpés. Étonnamment, aucune poursuite n’a été engagée contre l’Empereur du Japon de l’époque, Hirohito. La plupart des accusés devaient répondre de crimes contre la paix, en lien avec la politique agressive menée par le Japon avant et pendant la Guerre mondiale. Tous les accusés ont été jugés coupables. Sept d’entre eux ont été condamnés à la peine de mort ; les autres, pour la plupart, à la prison à vie.

PROCEDURES AUTRES QUE CELLES DU TMI

Un certain nombre de procédures judiciaires contre des criminels de guerre se sont également tenues devant des cours martiales et des commissions militaires dirigées par les puissances victorieuses. En tout, plus de 5600 Japonais ont été poursuivis, au cours de plus de 2200 procès. Environ 4400 personnes ont été condamnées dont un millier a été par la suite exécuté.