Lundin Petroleum

17.06.2019
Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente.

Faits

La deuxième guerre civile soudanaise s’est déroulée entre 1982 et 2005 et a opposé le gouvernement soudanais, l’Armée populaire de libération du Soudan (APLS) et d’autres groupes armés. Elle a été considérée comme l’un des conflits les plus meurtriers depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

Durant ce conflit, Lundin Petroleum (par la suite Lundin Oil) aurait signé en 1997 un contrat avec le gouvernement pour l’exploration et la production de pétrole dans le sud du pays, plus précisément concernant la concession Block 5A, qui n’était à l’époque pas entièrement sous le contrôle du gouvernement.

Un conflit a éclaté entre le gouvernement et des groupes armés soutenus par l’APLS pour le contrôle du Block 5A. Dans ce cadre, l’entreprise Lundin Petroleum est soupçonnée avoir payé l’armée soudanaise et des groupes armés afin qu’ils déplacent de force la population locale des zones riches en pétrole. Presque 200,000 civils auraient été forcés de quitter leurs habitations et des milliers de personnes seraient mortes. D’autres crimes commis dans le but de débarrasser le territoire de sa population auraient été commis, notamment des exécutions arbitraires, des viols, de l’esclavage, de la torture, des attaques sans distinction, du pillage, ou encore le recrutement d’enfants soldats.

Procédure légale

En 2010, la coalition européenne du pétrole au Soudan a publié un rapport indiquant que Lundin Petroleum pourrait être complice de crimes internationaux commis au Soudan entre 1997 et 2003. Le rapport a été soumis au Ministère public suédois, qui a ouvert une enquête préliminaire la même année. Alex Schneiter, qui était en charge du projet d’exploration durant la période examinée, et Ian Lundin, ont été interrogés par des procureurs en 2016. Les deux hommes semblent nier les accusations portées à leur encontre.

En octobre 2018, le gouvernement suédois a autorisé, conformément à son droit national, le ministère public à demander le renvoi en jugement dans ce dossier des personnes poursuivies.