Mahamat Nouri

23.07.2019
Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente.

Faits

Mahamat Nouri est un homme politique tchadien né en 1947 à Faya-Largeau au Tchad.

Agent des postes en 1968, Nouri s’engage en 1969 au Frolinat, la rébellion formée par les musulmans du nord et du centre du pays face au régime de François Tombalbaye. Lors d’une des multiples scissions au sein du mouvement, il a rejoint Hissène Habré en 1976. Après les accords de Khartoum en 1978, il devient ministre de l’Intérieur du Gouvernement d’Union Nationale Tchadien (GUNT).

Après la chute de Habré en 1990, Nouri a transmis son allégeance au successeur de Habré, Idriss Déby. Il est ainsi devenu membre du gouvernement entre 1995 et 2004 et a ensuite été nommé ambassadeur du Tchad en Arabie Saoudite. Cependant en 2006, il décida de rejoindre l’opposition armée contre Déby.

Nouri a aidé à unifier l’opposition et est devenu le chef du plus puissant groupe rebelle tchadien, l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD). Dans ce cadre, il aurait lancé une série d’attaques contre des positions gouvernementales dans l’est du Tchad à l’automne 2006. Après l’échec d’une série de pourparlers tenus en Libye en 2007, Nouri aurait coordonné avec deux autres groupes rebelles une attaque sur la capitale tchadienne en février 2008. Il aurait été repoussé après des jours de violents combats par l’armée avec l’appui de l’armée française.

Deux ans plus tard, Nouri et deux autres chefs rebelles ont été expulsés du Soudan, où ils avaient leurs opérations depuis de nombreuses années, après la normalisation des relations entre le Soudan et le Tchad.

Le groupe rebelle UFDD de Nouri s’est par la suite établi dans le sud de la Libye, à la frontière avec le Tchad. Mahamat Nouri a cependant été expulsé de Libye vers le Qatar en 2010 – avant de partir un an plus tard pour la France.

Procedure Légale

Des accusations contre Nouri ont été déposées en mai 2013 au Tchad.

Le 18 janvier 2017, les autorités françaises gèlent pour six mois ses avoirs financiers.

En mai 2017, sur la base d’un signalement de l’Office français de protection et des réfugiés et des apatrides, une enquête est ouverte sur des crimes que Nouri aurait été commis au Soudan et au Tchad entre 2005 et 2010 et est confiée à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité, les génocides et les crimes de guerre.

Le 3 janvier 2019, le procureur général de Tripoli, Libye, émet un mandat d’arrêt international contre lui et 23 Tchadiens.

Le 17 juin 2019, il est interpellé par la police française, ainsi que deux autres personnes soupçonnés de crimes contre l’humanité. Mahamat Nouri a été présenté le 21 juin aux juges d’instruction qui ont décidé de l’inculper. Il a été accusé de crimes contre l’humanité et participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime contre l’humanité. Le général Nouri est en effet soupçonné d’avoir diligenté des opérations de recrutements forcés de combattants, dont des mineurs, au Tchad et au Soudan entre 2005 et 2010.

Mahamat Nouri á été placé en détention provisoire.