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Mamoru Shigemitsu

28.11.2011 ( Modifié le : 09.06.2016 )
Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente.

faits

Mamoru Shigemitsu est né le 29 juillet 1887 à Oita. Il embrasse une carrière diplomatique et se trouve en poste à Londres, Berlin et aux Etats-Unis. De 1931 à 1932, il est ambassadeur du Japon en Chine, durant l’invasion de la Mandchourie par l’armée japonaise. De 1933 à 1936, il occupe la fonction de vice-ministre des affaires étrangères.

En avril 1932, il est victime d’un attentat à Shanghai et perd sa jambe droite. En 1936, il est nommé ambassadeur du Japon en URSS, poste qu’il occupe jusqu’en 1938 lorsque qu’éclatent de graves incidents frontaliers entre soldats japonais et soviétiques. Il est alors ambassadeur au Royaume-Uni jusqu’en 1941 lorsque survient l’attaque de Pearl Harbor.

En 1943, il succède à Masayuki Tani au poste de Ministre des affaires étrangères, fonction qu’il exerce jusqu’à la fin de la guerre. A ce titre, il a signé l’instrument de reddition sans conditions aux forces alliées le 2 septembre 1945.

Il est arrêté peu après et est inculpé de crimes de guerre par le Tribunal Militaire International pour l’Extrême Orient (TMIEO) de Tokyo.

 

procédure légale

Mamoru Shigemitsu est arrêté peu après avoir signé l’instrument de reddition sans conditions aux alliés et est mis en accusation devant le Tribunal Militaire International pour l’Extrême Orient (TMIEO) de Tokyo.

Le 12 novembre 1948, le TMIEO acquitte Mamoru Shigemitsu des chefs d’accusation 1 (conspiration pour mener des guerres d’agression contre un pays ou des pays, entre le 1er janvier 1928 et le 2 septembre 1945), 35 (avoir mené des guerres d’agression contre l’URSS) et 54 (avoir ordonné, autorisé et permis des traitements inhumains notamment contre des prisonniers de guerre).

En revanche, le Tribunal a estimé qu’en raison de sa haute position au sein de la diplomatie japonaise, Mamoru Shigemitsu s’était rendu coupable des chefs d’accusation 27, 29, 31, 32, 33 (avoir mené des guerres d’agression contre la Chine, les Etats-Unis, le Commonwealth britannique, les Pays-Bas et la France) et 55 (ne pas avoir, délibérément ou par négligence, donné suite à l’obligation de prendre les mesures adéquates pour prévenir les violations des lois et des coutumes de la guerre).

Toutefois le TMIEO a retenu le fait qu’il était « seulement » ambassadeur au moment du déclenchement des guerres d’agression (sauf en ce qui concerne l’Indochine française) et que bien qu’il ait été un relai important dans la décision d’envahir ces pays, il n’en était pas à l’origine.

Le 12 novembre 1948, le Tribunal a condamné Mamoru Shigemitsu à 7 ans d’emprisonnement.

Il a été libéré sur parole en 1950.

De 1954 à 1956, Mamoru Shigemitsu est redevenu Ministre des affaires étrangères.

Il est décédé le 27 juin 1957.

 

contexte

TRIBUNAL MILITAIRE INTERNATIONAL POUR L’EXTREME ORIENT

Après la capitulation du Japon lors de la Seconde Guerre Mondiale, les puissances victorieuses ont décidé d’instaurer un Tribunal international dans le but de juger les membres du pouvoir japonais responsables de la guerre d’agression menée par le Japon et pour les autres crimes commis durant la guerre. Le Tribunal a été établi par un décret du commandant suprême des forces alliées en Extrême-Orient, le général américain Douglas MacArthur, le 19 janvier 1946, amendé le 25 avril suivant.

La Charte du TMI pour l’Extrême-Orient a repris presque verbatim la Charte du Tribunal de Nuremberg. Le Tribunal était compétent pour des crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Les juges et les procureurs ont été choisis parmi des ressortissants d’Etats qui étaient en guerre contre le Japon (les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Union soviétique, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, la France, les Philippines et la Chine). Le Tribunal de Tokyo a été la cible de critiques semblables à celles de son homologue allemand, concernant notamment les modalités de sa création, la composition de l’appareil judiciaire et le respect du principe de la légalité. Le ministère public était dirigé par l’Américain Joseph B. Keenan.

Les procédures judiciaires se sont déroulées entre le 29 avril 1946 et le 12 novembre 1948. Au total, 28 anciens généraux japonais et politiciens ont été inculpés. Étonnamment, aucune poursuite n’a été engagée contre l’Empereur du Japon de l’époque, Hirohito. La plupart des accusés devaient répondre de crimes contre la paix, en lien avec la politique agressive menée par le Japon avant et pendant la Guerre mondiale. Tous les accusés ont été jugés coupables. Sept d’entre eux ont été condamnés à la peine de mort ; les autres, pour la plupart, à la prison à vie.

PROCEDURES AUTRES QUE CELLES DU TMI

Un certain nombre de procédures judiciaires contre des criminels de guerre se sont également tenues devant des cours martiales et des commissions militaires dirigées par les puissances victorieuses. En tout, plus de 5600 Japonais ont été poursuivis, au cours de plus de 2200 procès. Environ 4400 personnes ont été condamnées dont un millier a été par la suite exécuté.

 

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