Martina Johnson

08.05.2016 ( Modifié le : 10.01.2018 )
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faits

Martina Johnson est née en 1970, elle est de nationalité Libérienne. Elle est commandante du groupe rebelle Front national patriotique du Libéria (FNPL) pendant la première guerre civile du Libéria qui dure de 1986 à 1996.

Ce groupe rebelle, soutien de Charles Taylor, a notamment cherché à renverser le président Samuel K. Doe et à contrôler le pays. Le 6 septembre 1990 ce dernier est capturé puis torturé. Il décède le 9 septembre 1990.

Le FNPL est par ailleurs soupçonné d’avoir commis, tout au long de la guerre civile, de nombreux crimes – contre des civils et des opposants – parmi lesquels figureraient des violences sexuelles, des meurtres ainsi que l’enrôlement d’enfants soldats.

Johnson, en tant que membre du FNPL, est personnellement suspectée d’avoir participé et/ou d’avoir été impliquée dans la réalisation de plusieurs crimes, inclus elle est soupçonnée d’avoir participé à l’opération Octopus, voire même de l’avoir organisée. L’opération Octopus est le nom de l’assaut donné sur Monrovia au cours du mois d’octobre 1992. Cet assaut avait pour objectif de porter Charles Taylor à la tête du pays.

C’est dans le contexte de l’opération Octopus que cinq nonnes américaines ont été assassinées. Membres des « Adorers of the Blood of Christ » – ordre catholique basé à Saint Louis, aux Etats-Unis – elles étaient présentes au Libéria en tant que missionnaires, mais s’occupaient également de travail humanitaire. Johnson est soupçonnée d’être impliquée dans la mort de ces dernières.

L’opération Octopus sera repoussée par l’ECOMOG (brigade de surveillance de cessez-le-feu de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, ou CEDEAO), et des groupes opposés à Charles Taylor, parmi lesquels l’ULIMO (United Liberation Movement of Liberia for Democracy) qui regroupe d’anciens partisans de Samuel K. Doe. Cette défaite, l’embargo sur les armes imposé par une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies ainsi que des défaites ultérieures obligent le FNPL à changer de stratégie.

Un accord de paix, qui prévoit la tenue d’élections législatives, est négocié en juillet 1993. Entre 1994 et 1995 les combats entre les différents groupes continuent. L’accord d’Abuja I conclu le 20 août 1995 est rapidement violé. En 1996 un nouvel accord de paix est négocié dans le cadre de la CEDEAO (l’accord d’Abuja II). Il met fin à la première guerre civile. Charles Taylor, qui était à la tête du mouvement de rébellion, accède officiellement à la tête du pays en 1997 suite à des élections.

Il confie alors à Johnson la sécurité de l’aéroport internationale de Monrovia, capitale du pays. Elle restera en poste pendant six ans, jusqu’à qu’une nouvelle guerre civile contraigne Charles Taylor à fuir à l’étranger. On n’entend plus parler de Johnson jusqu’en 2009 quand son nom réapparait dans une liste établie par la commission vérité et réconciliation du Libéria. Sur cette liste figurent les noms des plus grands criminels de la première guerre civile du Libéria. Malgré cela Johnson n’est pas inquiétée : elle a émigré et s’est installée en Belgique, où elle réside à Gand, avec son mari, un Belge d’origine libérienne.

 

procédure légale

En 2012 un avocat belge dépose une plainte devant la justice belge au nom de trois victimes libériennes, résidant au Libéria.

C’est ainsi que Martina Johnson est arrêtée par la police le 17 septembre 2014 par la police belge, à Gand où elle réside.

Elle est suspectée d’avoir participé et même d’avoir chapeauté au cours de l’année 1992 à l’Opération Octopus – assaut lancé sur la capitale, Monrovia – au cours de laquelle des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité auraient été commis.

Au départ placée en détention provisoire Johnson est désormais assignée à résidence avec la contrainte du port d’un bracelet électronique dans l’attente de la fixation d’une audience.

Jusqu’à présent Martina Johnson nie toutes les accusations qui pèsent contre elle.

point fort

C’est la première mise en accusation pour des faits qui ont été commis pendant la guerre civile qu’a connue le Libéria de 1989 à 1996.

Autre particularité : Martina Johnson est l’une des seules femmes membre de la garde rapprochée de Charles Taylor.

Fiche d'information
Nom: Martina Johnson
Nationalité: Liberia
Contexte: Libéria
Chefs d'accusation: Crimes contre l'humanité, Atteinte à la vie, Atteinte à l’intégrité physique, Crimes de guerre, Protection des personnes, Torture
Statut: Inculpé
Lieu du procès: Belgique
Détails: Arrêtée le 17 septembre 2014, à Gand en Belgique