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Martina Johnson

08.05.2016 ( Modifié le : 13.07.2020 )
TRIAL International reminds its visitors that any person charged by national or international authorities is presumed innocent until proven guilty.

faits

Martina Johnson est née en 1970, elle est de nationalité Libérienne. Elle est commandante du groupe rebelle Front national patriotique du Libéria (FNPL) pendant la première guerre civile du Libéria qui dure de 1986 à 1996.

Ce groupe rebelle, soutien de Charles Taylor, a notamment cherché à renverser le président Samuel K. Doe et à contrôler le pays. Le 6 septembre 1990 ce dernier est capturé puis torturé. Il décède le 9 septembre 1990.

Le FNPL est par ailleurs soupçonné d’avoir commis, tout au long de la guerre civile, de nombreux crimes – contre des civils et des opposants – parmi lesquels figureraient des violences sexuelles, des meurtres ainsi que l’enrôlement d’enfants soldats.

Johnson, en tant que membre du FNPL, est personnellement suspectée d’avoir participé et/ou d’avoir été impliquée dans la réalisation de plusieurs crimes, inclus elle est soupçonnée d’avoir participé à l’opération Octopus, voire même de l’avoir organisée. L’opération Octopus est le nom de l’assaut donné sur Monrovia au cours du mois d’octobre 1992. Cet assaut avait pour objectif de porter Charles Taylor à la tête du pays.

C’est dans le contexte de l’opération Octopus que cinq nonnes américaines ont été assassinées. Membres des « Adorers of the Blood of Christ » – ordre catholique basé à Saint Louis, aux Etats-Unis – elles étaient présentes au Libéria en tant que missionnaires, mais s’occupaient également de travail humanitaire. Johnson est soupçonnée d’être impliquée dans la mort de ces dernières.

L’opération Octopus sera repoussée par l’ECOMOG (brigade de surveillance de cessez-le-feu de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, ou CEDEAO), et des groupes opposés à Charles Taylor, parmi lesquels l’ULIMO (United Liberation Movement of Liberia for Democracy) qui regroupe d’anciens partisans de Samuel K. Doe. Cette défaite, l’embargo sur les armes imposé par une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies ainsi que des défaites ultérieures obligent le FNPL à changer de stratégie.

Un accord de paix, qui prévoit la tenue d’élections législatives, est négocié en juillet 1993. Entre 1994 et 1995 les combats entre les différents groupes ont continué. L’accord d’Abuja I conclu le 20 août 1995 a rapidement été violé. En 1996 un nouvel accord de paix a été négocié dans le cadre de la CEDEAO (l’accord d’Abuja II). Il a mis fin à la première guerre civile. Charles Taylor, qui était à la tête du mouvement de rébellion, a accèdé officiellement à la tête du pays en 1997 suite à des élections.

Il a alors confié à Mme Johnson la sécurité de l’aéroport internationale de Monrovia, capitale du pays. Elle est restée en poste pendant six ans, jusqu’à qu’une nouvelle guerre civile contraigne Charles Taylor à fuir à l’étranger. En 2009, le nom de Mme Johnson est réapparu dans une liste établie par la Commission vérité et réconciliation du Libéria. Sur cette liste figuraient les noms des plus grands criminels de la première guerre civile du Libéria. Malgré cela Johnson s’est installée en Belgique, où elle résidait à Gand avec son mari, un Belge d’origine libérienne.

Procédure

En 2012 un avocat belge a déposé une plainte devant la justice belge au nom de trois victimes libériennes résidant au Libéria.

Martina Johnson a été arrêtée le 17 septembre 2014 par la police belge à Gand. Elle est suspectée d’avoir participé et même d’avoir chapeauté au cours de l’année 1992 à l’Opération Octopus – assaut lancé sur la capitale, Monrovia – au cours de laquelle des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité auraient été commis.

Mme Johnson est assignée à résidence avec la contrainte du port d’un bracelet électronique dans l’attente de la fixation d’une audience.

Jusqu’à présent Martina Johnson nie toutes les accusations qui pèsent contre elle.

 

point fort

C’est la première mise en accusation pour des faits qui ont été commis pendant la guerre civile qu’a connue le Libéria de 1989 à 1996.

Autre particularité : Martina Johnson est l’une des seules femmes membre de la garde rapprochée de Charles Taylor.

 

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