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Mengistu Haile Mariam

04.05.2016 ( Modifié le : 06.06.2016 )
Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente.

faits

Mariam Mengistu Hailé est né en 1937 à Walayta, en Ethiopie. Son père était soldat et sa mère une servante. Jeune, il rejoint l’armée et sortira diplômé de l’académie militaire en 1966.

En 1974, Mengistu est l’un des officiers qui renversent l’empereur Hailé Selassié lors d’un coup d’Etat fomenté par le Derg, la junte révolutionnaire de type marxiste qui prend alors le pouvoir. En 1977, Mengistu devient chef de l’Etat et dirigeant incontesté du Derg.

Ses années au pouvoir sont marquées par un style de gouvernement totalitaire et une militarisation massive du pays, soutenu en cela notamment par l’Union soviétique. De 1977 à 1978, des dizaines de milliers d’opposants présumés au Derg sont torturés ou tués lors d’une grande purge, appelée la « Terreur rouge ».

Son gouvernement devra notamment faire face à de grandes sécheresses et à la terrible famine de 1984-1985. Des insurrections éclatent également dans la province nord du pays, l’Erythrée, qui deviendra indépendante en 1993. Les rebelles érythréens envahissent la capitale Addis Abeba en 1991 et renversent alors le régime du Derg.

Mengistu doit fuir l’Ethiopie à destination du Kenya d’abord, du Zimbabwe ensuite, avec de nombreux autres membres du Derg. Il a obtenu l’asile politique au Zimbabwe et y vit depuis lors, malgré les tentatives de l’Ethiopie d’obtenir son extradition.

Pendant ses dix-sept années de règne, de nombreuses violations des droits de l’homme se produisirent en Ethiopie : une soixantaine de personnalités importantes dans l’entourage de l’empereur furent assassinées en 1974, des centaines de jeunes furent exécutés peu avant les fêtes du premier mai en 1975 et 1976, puis survint la campagne de la « Terreur rouge » des années 1977-1979 durant laquelle des milliers d’opposants au régime ont été assassinés. Des centaines de milliers de fermiers furent également contraints de fuir dans les années quatre-vingt. De plus, des bombes à fragmentations et du napalm furent utilisés contre les civils dans les régions rebelles, et la famine fut utilisée comme arme de guerre.

Selon les estimations, le Derg est responsable de la mort de plus d’un demi millions de civils. D’après certaines sources, le nombre de victimes est certainement bien plus élevés.

Le 13 décembre 1994, Mariam Mengistu Hailé fait partie d’une longue liste d’individus mis en accusation notamment pour crime de génocide.

 

procédure légale

Le 13 décembre 1994, Mariam Mengistu Hailé fait partie d’une longue liste d’individus mis en accusation notamment pour crime de génocide.

Un procès s’ouvre le 13 décembre en 1994 devant la Haute Cour par la lecture d’un acte d’accusation contre 73 accusés encore en vie, dont 26 se trouvent à l’étranger, en particulier Mengistu.

Parmi les crimes reprochés aux accusés figurent le meurtre de 1’823 victimes identifiées, dont l’ancien empereur, des atteintes à l’intégrité corporelles de 99 victimes identifiées et la disparitions de 194 personnes identifiées. La politique de déplacement forcé de population, qui causera la mort d’environ 100’000 personnes au milieu des années ’80 apparait également dans l’acte d’accusation.

Le Procureur général annonce en 1997 la mise en accusation supplémentaire de 5’198 personnes pour crimes commis durant la régime du Derg, dont 2’246 se trouvent en détention.

En raison de la multiplicité des affaires et du nombre important de témoins à entendre, les procès sont lents (voir « contexte » pour plus de détails).

Le 11 mai 2001, dans une allocution devant le parlement éthiopien, le procureur spécial de la Haute Cour a souligné que des efforts diplomatiques ont été engagés par le ministère des Affaires étrangères pour que le colonel Mengistu, en exil au Zimbabwe, puisse comparaitre.

Le Zimbabwe a toutefois refusé sa collaboration. A ce jour, Mengistu Hailé Mariam y vit toujours.

Le 12 décembre 2006, la Haute Cour a rendu son jugement, et a reconnu, à une majorité de deux voix contre une, Mengistu coupable de génocide.

Le 11 janvier 2007 Mengistu a été condamné à la prison à vie. Compte tenu du fait que Mengistu vit en exil, l’exécution de la sentence semble néanmoins peu probable.

Le procureur spécial a fait appel du verdict. En vue de la gravité des crimes commis par Mengistu, il demande que la peine de prison à vie soit convertie en peine de mort. La procédure d’appel a commencé le 12 juin 2007.

Le 26 mai 2008, la Cour suprême éthiopienne a décidé de suivre les réquisitions du procureur de la République en commuant la peine d’emprisonnement à perpétuité en peine de mort pour M. Mengistu et les 17 autres accusés.

 

contexte

Le 13 décembre 1994, le Procureur spécial ouvre devant la Haute Cour fédérale, à Addis Abeba, un procès fleuve contre de nombreux anciens responsables du Derg. L’acte d’accusation établi contre 73 accusés, dont plus d’une vingtaine sont en fuite à l’étranger, leur reproche la participation à des actes de génocide et à de multiples violations des droits de l’homme. L’acte d’accusation se fonde sur des centaines de milliers de pages de documents gouvernementaux, dont de nombreux portent la signature d’anciens hauts responsables.

Parmi les crimes décrits dans l’acte d’accusation figurent le meurtre de 1’823 victimes identifiées, dont l’ancien empereur, des atteintes à l’intégrité corporelles de 99 victimes identifiées et la disparitions de 194 personnes identifiées. La politique de déplacement forcé de population, qui causera la mort d’environ 100’000 personnes au milieu des années ’80 apparaît également dans l’acte d’accusation.

En parallèle, les autorités de poursuite ont mis en accusation des milliers d’autres personnes. Le Procureur spécial annonce ainsi en 1997 la mise en accusation supplémentaire de 5’198 personnes pour crimes commis durant la régime du Derg, dont 2’246 se trouvent en détention. En mai 2001, le Procureur spécial, Girma Wakjira, présente devant le parlement éthiopien un bilan des procédures engagées. Il rappelle que 6’180 cas ont été enregistrés et 1’181 verdicts rendus. Onze condamnations à mort ont été prononcées et sept condamnations à perpétuité.

Selon Amnesty International, qui se réfère à des chiffres officiels communiqués mi-2003, depuis le début des procès en 1994, 1’017 personnes ont été jugées – parmi lesquelles 552 ont été condamnées – et 3’426 autres attendaient toujours d’être traduites en justice. Au cours de l’année 2003, six accusés ont été condamnés à mort et d’autres se sont vu infliger des peines d’emprisonnement.

La condamnation prononcée en décembre 2006 a mis un terme au long procès mené à l’encontre Mengistu ainsi que 72 autres membres du Derg. Selon les rapports des médias, tous les accusés ont été condamnés pour génocide ainsi que crimes contre l’humanité, à l’exception d’un des accusés qui a pu prouver qu’au moment des faits en question il se trouvait en prison.

 

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