MICHAEL SANG CORREA

06.04.2021
TRIAL International rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente.

LES FAITS

 

Michael Sang Correa est un ancien membre présumé des Junglers, une unité paramilitaire gambienne. Les Junglers sont soupçonnés d’avoir commis de nombreuses violations des droits humains pour le compte de l’ancien président gambien Yahya Jammeh. Sous son joug, de 1994 à 2016, les crimes tels que les disparitions forcées, les actes de torture, les exécutions extrajudiciaires, les violences sexuelles et les détentions arbitraires étaient largement répandues.

À la suite d’un coup d’État manqué en 2006, le régime a annoncé qu’il écraserait toute opposition. Une vague d’arrestations a eu lieu en Gambie. Correa et d’autres Junglers auraient torturé les détenus. En 2015, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture a constaté que les Junglers se livraient aux abus les plus répressifs du régime : détention arbitraire, torture, disparition forcée et exécution extrajudiciaire.

 

PROCÉDURE

 

Le 17 septembre 2019, le Département américain de la sécurité intérieure a arrêté Correa à Denver, dans le Colorado, pour avoir outrepassé la durée de son visa. Correa a été placé en rétention administrative en attendant son expulsion.

À la suite de la nouvelle de sa rétention, une coalition d’organisations de défense des droits humains et de victimes de Correa, notamment le Center for Justice and Accountability, le African Network Against Extrajudicial Killings and Enforced Disappearances, le Gambia Center for Victims of Human Rights Violations, le Guernica Centre for International Justice, la Solo Sandeng Foundation, Human Rights Watch et TRIAL International ont appelé les États-Unis à enquêter sur les allégations crédibles de graves crimes internationaux commis par Correa en Gambie.

Michael Sang Correa a demandé l’asile aux États-Unis, mais sa demande a été rejetée en janvier 2020. Il a fait appel de ce refus en février 2020.

Le 11 juin 2020, le Département de la justice des États-Unis a inculpé Correa de six chefs d’accusation de torture et d’un chef d’accusation d’entente en vue de commettre des actes de torture en vertu de la loi américaine sur la torture extraterritoriale. Correa a plaidé non coupable et est actuellement en détention dans l’attente de son procès. L’inculpation de Correa constitue la première poursuite d’un membre de l’escadron de la mort de Jammeh dans le monde, et ce n’est que la troisième fois que les États-Unis ouvrent des poursuites en vertu de leur loi extraterritoriale sur la torture.

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