Michael Seifert

25.04.2016 ( Modifié le : 01.06.2016 )
Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente.

faits

Michael Seifert est né à Landau – une petite ville qui fait aujourd’hui partie de l’Ukraine – le 16 Mars 1924. En qualité de caporal SS, il a dirigé de juin 1944 à avril 1945 le camp de transit de prisonniers de Bolzano, au nord de l’Italie. Il y était surnommé le « bourreau de Bolzano » en raison des actes d’homicide et de torture qu’il a commis sur les prisonniers du camp. Il aurait notamment laissé un prisonnier de 15 ans mourir de faim, arraché les yeux d’un jeune homme et torturé une femme avant de la tuer avec sa fille.

Seifert a émigré à Vancouver au Canada en 1951. Il se serait fait passer pour un Estonien et aurait menti sur ses actions passées. Il a obtenu par la suite la nationalité canadienne.

Pendant environ 50 ans Seifert est resté impuni, jusqu’à ce que, en 1994, de nouveaux documents sur les crimes commis par la Puissance occupante au cours la Seconde Guerre mondiale aient été trouvés en Italie. En 1999, un procureur italien a entamé des poursuites à son encontre, dont il a été immédiatement notifié.

procédure légale

Pendant environ 50 ans Seifert est resté impuni, jusqu’à ce que, en 1994, de nouveaux documents sur les crimes commis par la Puissance occupante au cours la Seconde Guerre mondiale aient été trouvés en Italie. En 1999, un procureur italien a entamé des poursuites à son encontre, dont il a été immédiatement notifié.

Le 24 novembre 2000 le Tribunal Militaire de Vérone a condamné Seifert par contumace à la prison à vie pour 18 charges de meurtre et torture. Il a été reconnu coupable d’homicides sur 11 prisonniers et d’actes de torture sur de nombreux autres. Seifert a reconnu avoir été gardien du camp de Bolzano, mais a continué à clamer son innocence concernant les accusations de meurtre et torture. Il s’est donc pourvu en appel devant la Cour d’Appel Militaire, qui a confirmé le jugement le 18 octobre 2001. Il a alors intenté un recours devant la Cour de Cassation; recours lui-même rejeté le 8 février 2002.

En mai 2002, il a été arrêté à Vancouver. Il a été libéré sous caution en avril 2003. En août 2003, la cour fédérale du Canada a ordonné son extradition. Cette décision a été confirmée en 2004 par une autre cour provinciale. Seifert a fait ensuite appel auprès du Ministre de la Justice. En décembre 2005, le Ministre de la Justice Canadien a rejeté l’appel de Seifert contre la décision d’extradition et lui a ordonné de se rendre aux autorités italiennes. En août 2007, la Cour d’Appel de British Columbia a confirmé la demande d’extradition et a ordonné la mise en détention de Seifert. La Cour a rejeté par la même occasion l’appel de Seifert dont l’argument consistait à affirmer la partialité du juge lors de son procès en raison de l’origine juive de celui-ci. Le 17 janvier 2008, la Cour Suprême du Canada a refusé de statuer sur l’appel formé par Seifert, ce qui a ouvert la voie à son extradition vers l’Italie. Il a été extradé vers l’Italie le 15 février 2008 et immédiatement incarcéré.

En raison de son âge et de son état de santé fragile, Seifert a rapidement bénéficié de mesures alternatives à la prison. De plus, dès avril 2002, des procédures de déchéance de la nationalité canadienne ont été menées parallèlement aux procédures judiciaires. En novembre 2007, une cour fédérale a autorisé la déchéance de la nationalité canadienne acquise par Seifert, en raison du fait que son entrée dans le pays était basée sur une déformation de la réalité et sur l’absence de révélations de faits matériels importants.

Michael Seifert est décédé en Italie le 6 novembre 2010. Il était âgé de 86 ans.

contexte

Du 23 septembre 1943 au 25 Avril 1945 l’Italie est occupée par l’Allemagne nazie et c’est au cours de cette période que le régime fantoche de la République sociale italienne est mis en place par les allemands.

Lors de l’été 1943, les forces alliées, principalement les troupes britanniques et américaines débarquent en Sicile. Afin d’éviter la répression et avec le soutien du roi Vittorio Emanuele III, les élites italiennes arrêtent Mussolini le 25 Juillet 1943 et le remette aux autorités alliées. La capitulation de l’Italie est ensuite signée le 3 Septembre 1943.

Le commandement allemand réagi alors vivement et lance une contre-attaque le 8 Septembre 1943. Ils organisent l’évasion de Mussolini et son transfert en Bavière où il est placé sous surveillance et menacé par les SS. Le 22 Septembre 1943, la nouvelle « République sociale italienne » est créée afin de contrôler la partie nord de l’Italie.

Le plan nazi pour l’Italie occupée inclus la démobilisation et le désarmement de l’armée italienne, qui se fait sans trop de résistance. Tous les officiers qui ont participé à la résistance ou aidé les alliés sont abattus. Le reste est employé comme travailleurs ou encore déportés vers le front de l’Est. Avec l’Italie sous leur contrôle, les troupes allemandes et les unités SS sont libres de terroriser la population civile. Il arrivait ainsi parfois que le commandement allemand ordonne à ses troupes d’agir violemment contre la population, en violation du droit international. Parmi les crimes de guerre commis par l’Allemagne nazie en Italie occupé, on compte l’arrestation et la déportation des Juifs de Rome ainsi que le massacre des grottes de l’Adriatique le 23 Mars 1944, où les prisonniers politiques italiens sont exécutés en réaction à un attentat qui a eu lieu sur les forces de police allemandes lors d’un défilé.

Lors de leur retraite, les forces allemandes adoptent la stratégie de la terre brûlée, cherchant à tout prix à ralentir les puissances alliées autant que possible de manière à laisser le temps à finir les déportations de masse, les meurtres et les destructions entrepris.

La république sociale italienne s’est achevée le 25 avril 1945 lors d’une offensive finale menée par les Alliés et rejoint par un soulèvement général partisan qui réussit à vaincre les Allemands. Le 28 avril, les partisans exécutent Mussolini ainsi que plusieurs ministres et autres fascistes italiens.