Moses Thomas

09.04.2018
Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente.

Faits

Pendant la première guerre civile libérienne, survenue entre 1989 et 1997, Thomas aurait été Colonel d’une unité spéciale anti-terroriste (SATU), qui faisait partie des forces armées du Liberia (FAL), sous le président de l’époque, Samuel Doe.

Après des violences survenues en juillet 1990 entre les rebelles de Charles Taylor et les FAL, des centaines de civils durent s’enfuir et trouvèrent refuge à l’église luthérienne de St. Peter qui, à l’époque, était un abri humanitaire de la Croix Rouge.

Dans la nuit du 29 juillet 1990, les forces armées gouvernementales ont attaqué de façon indiscriminée les civils présents dans l’église. Pendant cette attaque, 600 hommes, femmes et enfants ont été tuées par balles et par des coups de machette.

Thomas Moses aurait été sur place pendant l’attaque. Il est accusé d’avoir commandé ce massacre. Il est également allégué, qu’avant l’attaque, Thomas aurait conseillé au civil de rester dans l’église et leur aurait promis sa protection.

En 2000, Thomas s’est enfui aux Etats-Unis, où il a été admis comme victime de crimes de guerre.

Procédure légale

En 2008, la commission de vérité et de la réconciliation pour le Libéria a nommé Thomas comme suspect de crimes de guerre, mais aucune mesure n’a été prise à son encontre.

Le 12 février 2018, quatre survivants du massacre de l’église, ont déposé une plainte civile contre Thomas, devant la Cour de district de Pennsylvanie de l’est, l’accusant d’être responsable de l’attaque des civils dans l’église. Ils l’accusent d’exécutions extra-judiciaires, de torture, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

La plainte est fondée sur la loi « Alien Tort Statute » et sur la loi «Torture Victim Protection act », deux lois qui permettent des actions civiles pour des violations des droits de l’homme dans les juridictions américaines.

Thomas a nié les accusations.