Nicolae Ceausescu

25.04.2016 ( Modifié le : 02.06.2016 )
Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente.

faits

Nicolae Ceausescu est né le 26 janvier 1918 à Scornicesti, dans le département roumain d’Olt. Il est issu d’un milieu paysan pauvre.

En 1929, à l’âge de 11 ans, il part pour Bucarest où il travaille comme apprenti cordonnier. Trois ans plus tard il rejoint le Parti des travailleurs roumain. Au cours des années 1930, il se livre à de nombreuses activités de lutte contre le fascisme et est plusieurs fois arrêté.

En juillet 1940, alors qu’il est détenu dans le camp de Tirgu Jiu, Nicolae Ceausescurencontre le leader communiste Gheorghe Gheorghiu-Dej dont il devient le protégé. Au cours de ces années de détention, il étudie pour obtenir un diplôme de l’Académie d’études économiques de Bucarest.

En 1944, à sa libération, il est nommé Secrétaire général de l’Union de la jeunesse communiste, responsabilité qu’il exerce jusqu’en 1945.

En 1946, il commence sa carrière politique en devenant Secrétaire régional du Parti communiste d’Olteria, puis en étant élu au parlement roumain, la Grande Assemblée nationale.

La même année il épouse Elena Petrescu (cf. « ramifications ») qu’il a rencontrée en 1939.

Ceausescu poursuit ensuite sa carrière politique, en occupant un siège au Parlement, puis des postes ministériels. Il progresse également au sein du Parti des travailleurs, dont il accède au Politburo en tant que membre à part entière en 1955. Il occupe alors la seconde position au sein de la hiérarchie du parti.

Le 22 mai 1965, trois jours après la mort de Gheorghe Gheorghiu-Dej, Nicolae Ceausescu est nommé premier secrétaire du Parti des travailleurs roumain qu’il renomme alors Parti communiste roumain. La même année, une nouvelle Constitution est adoptée pour le pays, qui devient alors la République Socialiste de Roumanie.

En 1966, il fait introduire de nouvelles lois pour favoriser l’augmentation de la population roumaine. Le résultat de cette politique est le doublement du taux de natalité, mais également celui du taux de mortalité infantile et de grossesses non-désirées, ainsi que du nombre d’enfants handicapés, orphelins et abandonnés qui sont placés dans des institutions d’Etat. Il est allégué qu’à la chute de Ceausescu plus de 100’000 enfants orphelins et handicapés vivant dans des conditions horribles ont été découverts dans ces institutions.

Au cours des années 1960, Ceausescu élabore un plan de «systématisation urbaine et rurale» dont le but est de fournir de la main d’œuvre et des terrains à de nouvelles entreprises. Dans ce cadre, plus de 11 millions de personnes seront déplacées pour être relogées dans des «centres agro-industriels» lorsque le plan sera appliqué, c’est à dire dans les années 1980.

En 1967, Ceausescu effectue des purges à l’intérieur du ministère des affaires intérieures. Il se débarrasse des officiers prosoviétiques et créé un nouveau Département de la sécurité de l’Etat (Securitate). Les agents de ce nouveau service peuvent établir librement des surveillances et contrôler les contacts de tout individu avec l’étranger. Ceux qui sont soupçonné d’être déloyal au régime sont arrêtés et interrogés. Les opposants sont harcelés, emprisonnés et victimes de violence.

En 1969 Ceausescu est nommé président du nouveau Conseil de sécurité de Roumanie, ce qui lui permet de renforcer son influence sur les forces armées du pays.

Le 28 mars 1974, un poste de Président de la république est créé spécialement pour Ceausescu qui est nommé président à vie par l’Assemblée nationale. Il place de nombreux membres de son entourage et de sa famille à des postes clés du gouvernement et renforce son culte de la personnalité.

En 1982, Ceausescu instaure un plan d’austérité rigoureux pour rembourser la dette extérieure de la Roumanie. La majorité de la production du pays est exportée, ce qui cause de nombreuses pénuries dans le pays et une baisse du niveau de vie. Il est allégué que plus de 15’000 personnes par an seraient mortes des suites du programme d’austérité.

En novembre 1989, Ceausescu est réélu à la tête du parti. Peu après, le 16 décembre 1989 des émeutes anti-gouvernementales éclatent à Timisora, dans l’ouest du pays. Le 17 décembre, les manifestants marchent sur le quartier général du Parti de la ville. Ceausescu aurait alors ordonné aux forces armées de tirer sur la foule. Il est allégué que plus de 4’000 personnes auraient été tuées au cours de ces émeutes, chiffre toutefois très largement revu à la baisse par la suite.

La «Révolution de Timisora» prend fin le 20 décembre avec la prise de contrôle de la ville par les manifestants auxquels se sont ralliés certains déserteurs de l’armée.

Le 21 décembre, afin de montrer qu’il bénéficie toujours du soutien de la population, Ceausescu organise un rassemblement de 80 à 100’000 personnes devant le siège du Parti communiste à Bucarest. Il y fait une allocution qui est retransmise en direct à la télévision. Cependant il est rapidement hué par la foule.

Après une dernière tentative d’apaisement, Ceausescu s’enfuit le 22 décembre, avec son épouse, à bord d’un hélicoptère. L’armée rejoint les manifestants. Le couple est capturé quelques heures plus tard à une centaine de kilomètres de la capitale.

procédure légale

Nicolae Ceausescu est arrêté le 22 décembre 1989. Il est présenté avec son épouse devant un Tribunal Militaire Spécial réunit dans une salle de cours de la base militaire de Tirgoviste le 25 décembre 1989.

Nicolae Ceausescu est accusé de génocide, d’attaque armée contre le peuple et le pouvoir d’Etat, de destruction de bâtiments d’Etat et des institutions et de sapement de l’économie nationale, en vertu des articles 356, 163, 165 et 145 du Code pénal roumain. L’accusation, peu claire vue les circonstances du procès, couvre toute la période du régime Ceausescu, même si dans ses questions le Procureur se concentre sur les émeutes de Timisora.

Tout au long du court procès, Nicolae Ceausescu refuse de reconnaître la compétence de la Cour et de répondre à la moindre question, et réclame d’être entendu par l’Assemblée nationale.

Au terme d’une procédure qui n’a duré que 55 minutes, Nicolae Ceausescu est condamné à mort pour commission de crimes de génocide.

Il est exécuté quelques heures plus tard avec sa femme.

point fort

Expéditif, le procès de Nicolae Ceausescu et son épouse Elena n’a duré que 55 minutes. Il n’a pas respecté les standards internationaux en matière de droits de la défense. La peine de mort a été exécutée le jour même du verdict, soit trois jours à peine après leur arrestation.

La définition de génocide contenue à l’article 356 du Code pénal roumain de 1976 fait référence, pour la définition des groupes protégés, à «une collectivité ou un groupe national, ethnique, racial ou religieux». Il n’y est pas donné plus de précision quant à la notion de ‘collectivité’.
Cette notion de collectivité permet une application plus large de la notion de géno