Rafiq Shahadah – Affaire Marie Colvin

24.05.2018 ( Modifié le : 06.06.2018 )
Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente.

Faits

Rafiq Shahadah est un général des forces armées syriennes, qui a servi comme conseiller du président Bachar el-Assad pour les questions stratégiques et les renseignements militaires. Il a été nommé chef du renseignement militaire en juillet 2012. Il est visé depuis 2011 par des sanctions européennes en raison de sa supposée direction de l’intelligence militaire chargé des affaires internes à Damas et de son rôle dans la répression de la population civile.

Le 22 février 2012, alors que la correspondante de guerre Marie Colvin couvrait le siège de la ville de Homs, elle perdit la vie au cours d’une attaque menée par les forces gouvernementales syrienne contre le bâtiment où elle se trouvait avec d’autres journalistes. Shahadah est accusé d’être un des officiels syriens à l’origine de cette attaque.

Procédure légale

Le 9 juillet 2016, le Centre pour la justice et l’impunité (Center for Justice & Accountability – CJA) et le cabinet d’avocats Shearman & Sterling ont déposé plainte contre le gouvernement syrien pour le meurtre de la correspondante américaine de guerre Marie Colvin, au nom de la famille de cette dernière. La plainte a été déposée devant la chambre de district de Colombia, pour le meurtre d’une citoyenne américaine sur le fondement du Foreign Sovereign Immunities Act, une loi fédérale permettant aux victimes de poursuivre des Etats considérés par les Etats-Unis comme accordant un soutien au terrorisme, dont la Syrie. Il est l’un des officiels syriens nommés et visés par la plainte.

Des informations fournies par un déserteur des renseignements syriens, dont le pseudonyme est Ulysse, a témoigné que des officiels syriens auraient fêté le décès de la journaliste et que Shahadah aurait déclaré « Marie Colvin était un chien/une fouine et maintenant elle est morte. Laissez les américains l’aider maintenant.» (Marie Colvin was a dog and now she’s dead. Let the Americans help her now.). Il aurait également envoyé les forces armées avec l’instruction de « prendre les mesures nécessaires » suite à l’interception de communications émises depuis le centre de presse attaqué.

Le gouvernement syrien n’a cependant pas répondu à la plainte et Bachar Al Assad a nié avoir visé et tué Colvin pour étouffer son reportage sur le conflit. Il a par ailleurs déclaré que Marie Colvin était entrée illégalement sur le territoire syrien et qu’elle travaillait avec des terroristes.