Rodolfo Martin Villa

09.10.2017 ( Modifié le : 17.01.2018 )
Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente.

faits

Rodolfo Martin Villa est né en 1934 en Espagne. Il est ingénieur et ancien homme politique. Il a été nommé gouverneur civil de Barcelone en 1974 et est devenu ministre des relations syndicales de 1975 à 1976 puis, ministre de l’intérieur de 1976 à 1979. Il a été membre du parlement espagnol à deux reprises : une première fois comme indépendant au sein de l’Union du centre démocratique (1977-1983) et, ensuite, comme député du Parti populaire (1989-1997).

Martin Villa, en tant que ministre des relations syndicales, est un des responsables allégués du massacre du 3 mars 1976, au cours de la grève massive de Vitoria, la capitale basque. Alors que des travailleurs étaient en train de se rassembler à l’intérieur de l’église Saint François d’Assise, la police y a fait irruption et a fait usage de gaz lacrymogènes afin de les faire sortir. Alors que les personnes, en train de suffoquer, tentaient de s’échapper, elles ont été frappées et se sont fait tirer dessus par la police espagnole faisant 5 morts civils et 150 autres blessés par balle.

Procédure légale

Le 14 avril 2010, des organisations espagnoles et argentines de défense des droits de l’homme ont porté plainte auprès de la juge d’instruction argentine Servini de Cubria au nom des victimes espagnoles du régime franquiste.

Le 31 octobre 2014, la juge d’instruction argentine a lancé un mandat d’arrêt contre 20 anciens fonctionnaires de l’ère franquiste et a demandé leur extradition vers l’Argentine, invoquant le principe de compétence universelle. Martin Villa est accusé d’assassinat comme crime contre l’humanité. La juge d’instruction a requis sa comparution pour être interrogé.

Le 12 novembre 2014, le ministre de la justice espagnol a déclaré que la police espagnole n’arrêterait pas les suspects parce que le délai de prescription pour ces crimes était dépassé et que ces crimes étaient couverts par la loi d’amnistie espagnole de 1977.

Une nouvelle demande visant à procéder à un interrogatoire adressée par la juge argentine à l’Audience nationale le 23 mars 2016 a également été refusée.

 En juin 2017, la Juge Servini de Cubria a émis un mandat d’arrpet international à l’encontre de Martin Villa pour la mort des 5 travailleurs de Vitoria en 1976. Cependant, la Cour des appels a annulé ce mandat. En juillet2017, la Juge Servini de Cubria a en conséquence émis un nouveau mandat d’arrêt contre Martin Villa pour crimes contre l’humanité et meurtre.