Rodolfo Martin Villa

09.10.2017 ( Modifié le : 07.04.2021 )
TRIAL International rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente.

faits

Rodolfo Martin Villa est né en 1934 en Espagne. Il est ingénieur et ancien homme politique. Il a été nommé gouverneur civil de Barcelone en 1974 et est devenu ministre des relations syndicales de 1975 à 1976 puis, ministre de l’intérieur de 1976 à 1979. Il a été membre du parlement espagnol à deux reprises : une première fois comme indépendant au sein de l’Union du centre démocratique (1977-1983) et, ensuite, comme député du Parti populaire (1989-1997).

Martin Villa, en tant que ministre des relations syndicales, est un des responsables allégués du massacre du 3 mars 1976, au cours de la grève massive de Vitoria, la capitale basque. Alors que des travailleurs étaient en train de se rassembler à l’intérieur de l’église Saint François d’Assise, la police y a fait irruption et a fait usage de gaz lacrymogènes afin de les faire sortir. Alors que les personnes, en train de suffoquer, tentaient de s’échapper, elles ont été frappées et se sont fait tirer dessus par la police espagnole faisant 5 morts civils et 150 autres blessés par balle.

Procédure

Le 14 avril 2010, des organisations espagnoles et argentines de défense des droits de l’homme ont porté plainte auprès de la juge d’instruction argentine Servini de Cubría au nom des victimes espagnoles du régime franquiste.

Le 31 octobre 2014, la juge d’instruction argentine a lancé un mandat d’arrêt contre 20 anciens fonctionnaires de l’ère franquiste et a demandé leur extradition vers l’Argentine, invoquant le principe de compétence universelle. Martin Villa est accusé d’assassinat comme crime contre l’humanité. La juge d’instruction a requis sa comparution pour être interrogé.

Le 12 novembre 2014, le ministre de la justice espagnol a déclaré que la police espagnole n’arrêterait pas les suspects parce que le délai de prescription pour ces crimes était dépassé et que ces crimes étaient couverts par la loi d’amnistie espagnole de 1977.

Une nouvelle demande visant à procéder à un interrogatoire adressée par la juge argentine à l’Audience nationale le 23 mars 2016 a également été refusée.

 En juin 2017, la Juge Servini de Cubría a émis un mandat d’arrpet international à l’encontre de Martin Villa pour la mort des 5 travailleurs de Vitoria en 1976. Cependant, la Cour des appels a annulé ce mandat. En juillet2017, la Juge Servini de Cubría a en conséquence émis un nouveau mandat d’arrêt contre Martin Villa pour crimes contre l’humanité et meurtre.

En juin 2019, la Juge Servini de Cubría a reçu de nouveaux témoignages. Un plaignant, Fermín Rodríguez, a été entendu concernant le meurtre de son frère, German. Ce dernier a été tué d’une balle dans la tête par la police en 1978 durant les fêtes de Sanfermines à Pampelune. C’est la première fois qu’une plainte porte sur l’importante repression policière à Pampelone qui a fait 11 morts. Le plaignant a demandé aux autorités de délivrer un mandat d’arrêt international et des ordre d’extradition contre deux officiels et huit policiers.

En août 2020, Rodolfo Martín Villa a envoyé à la juge Servini de Cubría une vingtaine de lettres de soutien signées de politiciens, dont les anciens Premier ministres José María Aznar, José Luis Zapatero et Mariano Rajoy, qui défendaient son rôle dans la transition démocratique.

Le 3 septembre 2020, la juge Servini de Cubría a interrogé Rodolfo Martín Villa à l’ambassade d’Argentine à Madrid (Espagne). Pendant cinq heures de visioconférence, il a été interrogé sur son rôle présumé dans la mort de 12 victimes sous l’ère Franco.

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