Rudolf Franz Ferdinand Hoess

07.12.2011 ( Modifié le : 01.06.2016 )
Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente.

faits

Rudolf Franz Ferdinand Höss (Hoess) est né le 25 novembre 1900 à Baden-Baden, en Allemagne. Fils d’une famille catholique pratiquante, Höss fait sa scolarité au Collège des Pères. Alors que son père, un ancien militaire, nourrit le souhait de le voir devenir prêtre, Rudolf Höss manifeste très tôt sa volonté d’embraser une carrière militaire. Au cours de la Première Guerre mondiale, il s’engage tout d’abord comme brancardier des blessés du front puis tente vainement, à trois reprises, de s’infiltrer sur le front. A la mort de son père, à peine âgé de 16 ans, il s’engage dans l’armée, plus précisément dans la cavalerie. Son ascension au sein de la hiérarchie militaire sera dès lors assez audacieuse. Après avoir été promu sous-officier à 17 ans, il s’engage deux ans plus tard dans une troupe paramilitaire et part combattre dans les territoires allemands près de la Baltique.

Libéré de cette troupe, il s’inscrit en 1922 au parti nazi, le NSDAP, après avoir assisté à un meeting d’Adolf Hitler à Munich. La même année, il renonce formellement à son appartenance à l’Eglise catholique. Condamné en 1924 à 10 ans de prison pour avoir participé au meurtre du communiste Walter Kadow, Höss bénéficie d’une amnistie générale en 1928 ; il rejoint alors les Artamanen. En 1929, il épouse Hedwig Hensel. Ils auront cinq enfants.

Dès 1933, suivant la suggestion d’Himmler, il demande à faire partie des SS. Le 1er décembre 1934, il devient membre du Totenkopfverbände (l’unité « tête de mort ») ; quelques jours plus tard, il est muté au camp de Dachau où il occupe le poste de Blockführer. Nommé SS Hauptsturmführer le 1er août 1938, il sert au camp de concentration de Sachsenhausen en qualité d’adjoint du commandant Hermann Baranowski.

Devenu membre des Waffen – SS en 1939, il nommé par Himmler commandant du camp nouvellement formé à Auschwitz, en avril 1940. C’est notamment son séjour en prison qui conduira Himmler à le choisir pour diriger le camp ; cet emprisonnement a fait de lui un expert dans la psychologie des prisonniers. Il honorera ce poste jusqu’en décembre 1943.

C’est eu égard à cette nouvelle fonction que Rudolf Höss va être considéré comme l’un des plus grands « tueurs en série » de l’histoire, à la tête du plus grand centre de tuerie jamais crée. Les conditions dans lesquelles plus d’un million de personnes y trouveront la mort reflètent la cruauté et la perversité du régime d’extermination soigneusement mis en œuvre par Höss.

Il s’occupe dans un premier temps de l’organisation des camps. A la fin du mois d’avril 1940, Höss s’installe avec cinq SS à Auschwitz pour diriger les travaux de transformation. Mis en place le 20 mai 1940, un premier camp, nommé Auschwitz I, est destiné à être un camp de concentration. Le 8 octobre 1941 un second camp ouvre ses portes, celui d’Auschwitz II Birkenau : il s’agit à la fois d’un camp de concentration et d’un centre de mise à mort immédiate, le plus vaste du système nazi, responsable de l’extermination massive des populations juives d’Europe et des Tziganes. En octobre 1942, le dernier complexe concentrationnaire d’Auschwitz voit le jour, celui de Monowitz Buna.

Lorsqu’ Adolf Hitler décide de la Solution finale, Rudolf Höss expérimente divers modes d’exécution. Plus exactement, en juin 1941, Himmler demande à Höss d’élaborer les plans pour l’extermination massive de déportés juifs. Le 6 juin 1941, le premier convoi arrive en provenance de Tchécoslovaquie.

Le nombre de déportés augmente très rapidement, quelques 25’000 internés étant enregistrés dès décembre 1941. Les exécutions sont menées jusqu’ici à l’arme à feu, les déportés étant fusillés au bord des fosses communes creusées de leurs propres mains. Lors d’un interrogatoire après sa capture, Höss décrira cette méthode comme peu efficace et surtout coûteuse en munitions. Son approche du problème de l’extermination de masse se révèle à la fois technique et pragmatique.

Prenant modèle sur Treblinka, l’un des trois autres camps existants à l’époque, Rudolf Höss fait construire deux petites chambres à l’extérieur du camp d’Auschwitz II où les déportés sont gazés par les gaz d’échappement d’un camion. Mais une fois de plus, le commandant Höss n’est pas satisfait des résultats obtenus car une portion non négligeable des gazés se réveillait alors qu’on les enterrait.

C’est alors en observant les précautions importantes que nécessite l’emploi d’un pesticide agricole utilisé pour nettoyer les locaux de la vermine qui les infestaient, que l’idée lui vient d’employer le Zyklon B dans les chambres du camp. Rudolf Höss aura également l’idée de maquiller les chambres à gaz en douche pour que les gazages s’effectuent sans rébellion de la part des détenus. Le Zyklon B est un acide prussique hautement toxique, testé dès septembre 1941 sur des prisonniers de guerre soviétiques à Auschwitz I. Dès l’arrivée des premières déportations systématiques au printemps 1942, Höss met en place deux lieux de gazage provisoires à Auschwitz II avant d’y faire construire au printemps 1943 quatre crématoires pour détruire les corps.

Le Zyklon B se révèle mortel même en très petite quantité. Dans une chambre à gaz, la mort survenait entre trois et dix minutes après l’introduction du produit, selon les conditions climatiques L’agonie était douloureuse, surtout en raison du produit irritant ajouté au moment de la confection des cristaux de Zyklon B. Les cris des victimes tus, les soldats avaient l’habitude d’attendre environ une demi-heure avant l’ouverture des portes de la chambre à gaz. Après leur avoir ôté leurs bijoux, y compris leurs dents en or, les corps étaient déposés dans des fosses où ils étaient arrosés de gasoil. D’après les aveux recueillis auprès de Höss lors de son arrestation il semblerait que, les jours d’efficacité maximale, les camps d’Auschwitz avaient la capacité de gazer environ 10’000 personnes en une seule journée.

Selon l’historienne Annie Lacroix-Riz, la filiale française du groupe allemand Degesch, fabricant du Zyklon B, aurait fortement augmenté les quantités de production dudit produit, passant d’une tonne annuelle en 1940 à 37 tonnes mensuelles en 1944. Ayant compris à quoi servaient en réalité les quantités astronomiques commandées, et dans un effort de limiter les souffrances chez les victimes d’un système criminel qu’il ne pouvait contrôler, l’un des officiers nazis en charge des achats centralisés à Berlin, Kurt Gerstein, a demandé à la firme fabricant le Zyklon B de ne plus mettre d’irritant dans les boîtes à livrer. Cette requête inhabituelle a certainement laissé présumer au directeur de la fabrique de la véritable utilisation du Zyklon B, mais sans pour autant le faire réagir. On ne dispose pas non plus de témoignages d’ouvriers ayant pris conscience du phénomène.

Outre la mise en œuvre de l’élimination industrielle des déportés juifs, Rudolf Höss, en sa qualité de commandant, a supervisé également l’ensemble des traitements inhumains et meurtriers infligés aux résistants notamment polonais, aux Tziganes, aux prisonniers de guerre soviétiques, aux « asociaux » et aux victimes d’expériences pseudo-médicales.

Le 1er décembre 1943, Rudolf Höss est remplacé par Arthur Liebehenschel, dont il reprend le poste au sein du Amstgruppe D du Wirtschaftverwaltungshauptamt des SS en tant qu’inspecteur en chef des camps de concentration. En outre, sa mission consiste à améliorer « l’efficacité » des différents centres d’extermination. Il effectue son travail si bien qu’il sera félicité dans un rapport de SS de 1944, le qualifiant de « véritable pionnier dans ce domaine en raison de ses idées ».

Le 8 mai 1944, Höss est néanmoins renvoyé à Auschwitz par Himmler afin de mettre en place l’ « Aktion Höss », c’est-à-dire la machine de mort du camp d’Auschwitz Birkenau contre, cette fois-ci, la population juive de Hongrie.

Il ne restera pas en poste longtemps. En septembre 1944, à l’approche de l’Armée Rouge, Rudolf Höss fuit la Pologne et entre dans la clandestinité en Allemagne sous le nom de Franz Lang. Il travaille alors comme employé dans une entreprise forestière. C’est en exerçant des pressions morales sur sa femme et ses enfants que les services de renseignement britanniques réussissent à découvrir finalement où il se cache.

Il est capturé le 11 mars 1946 par la police militaire britannique anglais. Sous la torture, il avouera son identité réelle. Deux mois plus tard, en mai 1946, les soldats alliés le remettent aux autorités polonaises pour le juger.

procédure légale

Il est capturé le 11 mars 1946 par la police militaire britannique anglais. Sous la torture, il avouera son identité réelle. Deux mois plus tard, en mai 1946, les soldats alliés le remettent aux autorités polonaises pour le juger.

Lors de leurs offensives contre l’Allemagne, les troupes alliées commencèrent à libérer des camps de concentration, notamment celui d’Auschwitz en janvier 1945. Il s’agit dès lors de traquer son commandant, Rudolf Höss, ce dont se chargent la War Crimes Investigation Section 21st Army Group et le British Intelligence Corps dès l’automne 1945. Partant du postulat que même si les criminels recherchés ont endossé une nouvelle identité, ils gardent néanmoins des contacts avec leur famille, la police militaire britannique cherche donc à rencontrer Hedwig Höss, la femme du commandant. Localisée au nord de l’Allemagne, elle est finalement emprisonnée le 8 mars 1946. Suivant les révélations de cette dernière, Rudolf Höss est identifié dans une ferme près de la frontière danoise le 11 mars 1946 : il est acheminé au QG de la Field Security Police à Heide.

Il sera interrogé dans quatre endroits différents en l’espace de trois mois : Heide, Minden-sur-la Weser, Nuremberg – où il comparait comme témoin à décharge de Kaltenbrunner et dans le procès IG Farben – et en Pologne. Lors de sa première nuit d’interrogatoire, à Heide, il ne sera pas spécifiquement interrogé sur les activités menées à Auschwitz mais plutôt sur la localisation de ses anciens collaborateurs, localisation qu’il semble ignorer. Son transfert à Minden-sur- la Weser, le 14 mars 1946, est marqué par ses premiers aveux, aveux dont le paroxysme est atteint lors du procès de Nuremberg au cours duquel Rudolf Höss déclarera : « Je n’ai tué personne, j’étais juste le directeur du programme d’extermination à Auschwitz. »

Le 15 avril 1946, Rudolf Höss était l’un des témoins de la défense au procès de Ernst Kaltenbrunner et Oswald Pohl devant le Tribunal de Nuremberg et il a confirmé son précédent témoignage.

Le 25 mai 1946, Höss est remis aux autorités polonaises. Il est jugé par le Tribunal Suprême de Pologne du 1er au 29 mars 1947. Pendant son interrogatoire, l’accusé ne cessera de clamer son innocence et de répéter qu’il n’a fait qu’obéir à des ordres.

Condamné à mort le 2 avril 1947, son exécution par pendaison a lieu le 16 avril près du crématorium du camp d’Auschwitz I et de la maison qu’il a occupée avec sa famille durant toutes les années pendant lesquelles il a dirigé le camp.

Ses « mémoires », prétendument écrits durant sa détention, ont été publiés en 1958 sous le titre Rudolf Höss, le commandant d’Auschwitz parle. Bien que les historiens de l’école révisionniste affirment qu’ils ont été dictés sous le coup des mauvais traitements subis en prison, ses mémoires constituent incontestablement un document historique d’une importance reconnue pour la connaissance de la Shoah, de l’univers concentrationnaire et de la mentalité des bourreaux.

point fort

Le complexe d’Auschwitz était le plus grand centre de concentration et d’extermination du Troisième Reich. En 1941, selon la volonté d’Himmler, Auschwitz était destiné à devenir le plus grand camp d’extermination de toute l’histoire de l’Humanité. Rudolf Höss cite dans ses mémoires les paroles d’Himmler en expliquant la motivation de celui-ci : » Les endroits d’extermination situés à l’Est ne seront pas suffisants pour réaliser nos objectifs de grande envergure. C’est pourquoi j’ai désigné à ce but Auschwitz, tout aussi bien en raison de sa situation géographique que pour son réseau ferroviaire. D’autre part, il sera facile de marquer et d’isoler ce terrain « .

Souvent, la sélection était faite si rapidement que les noms ou même les numéros de nombreux déportés n’ont pas été enregistrés. C’est pour cela qu’il est extrêmement difficile d’établir le chiffre exact des victimes des crimes nazis. Selon les estimations de 1998 réalisées par l’historien Franciszek Paper, pas moins de 1,3 millions de personnes ont été déportées dans les camps d’Auschwitz, parmi lesquelles 1,1 million ont trouvé la mort, dont 960’000 Juifs.

Les mauvaises conditions de logement, la famine, les vêtements sales et non désinfectés qui ne protégaient pas contre le froid, tout cela favorisait les maladies et les épidémies. De nombreux malades qui se présentaient à l’infirmerie du camp ne pouvaient y être reçus, faute de place. Les prisonniers épuisés et ceux qui ne pouvaient espérer un prompt rétablissement étaient dirigés vers les chambres à gaz ou bien étaient tués par des injections de phénol directement dans le cœur. Les Médecins SS effectuaient aussi sur les détenus de nombreuses expériences criminelles. Il faut distinguer deux catégories d’expériences. La première comprenait la recherche médicale, à cela prés qu’elle s’effectuait sur des sujets non consentants. La seconde était plus complexe et d’une plus grande portée puisqu’il s’agissait de recherches conduites ni avec des méthodes ordinaires, ni à des fins ordinaires.

Une organisation de résistance avait été créée à Auschwitz : elle avait des liens avec les mouvements de résistance à l’extérieur du camp, notamment les Polonais de l’armée de l’intérieur qui prenaient leurs ordres de Londres, et les communistes. Le 7 octobre 1944, un Sonderkommando prêt à tenter le tout pour le tout, armé d’explosifs, de trois grenades à main volées, risqua sa chance : 450 détenus et 3 SS périrent dans l’affrontement et le crématorium III fut incendié. Les SS découvrirent vite que quatre femmes de l’usine de l’ » Union  » avaient fourni les explosifs. Elles furent publiquement pendues, par le commandant du camp.

La majorité des historiens s’accordent, au début du XXIème siècle, pour admettre que les forces alliées avaient connaissance de l’existence de la Solution finale, à savoir la politique d’extermination systématique de tous les Juifs d’Europe. Le rôle des pays neutres a été crucial dans ce domaine, la Suisse, et à moindre titre la Suède, ayant été des terres de sécurité pour les agences juives et les diplomates alliés. En 2003, la Royal Air Force a dévoilé officiellement certains clichés pris en 1944. La Royal Air Force, qui cherchait des installations militaires, ne s’attarda pas sur les camps. L’information arriva pourtant jusqu’à Winston Churchill qui se décida pour une attaque avant de se rétracter à l’idée de tuer inutilement des détenus par un raid aérien.

A partir du mois d’août 1944, l’Armée rouge était à 200 km d’Auschwitz. Les autorités nazies envisagèrent alors la liquidation du camp en cas de nouvelles victoires soviétiques, tel qu’il l’avait déjà été fait pour les autres centres d’extermination situés plus à l’est. D’une manière générale, les SS tentèrent de détruire et d’effacer les traces des crimes commis : ils brûlèrent les listes des Juifs exterminés, de la documentation, et prennèrent soin d’assassiner la plupart des témoins oculaires qui avaient travaillé dans les crématoires. Le camp se dépeupla progressivement, les détenus évacués étant soit employés dans des usines d’armement, soit conduits vers d’autres camps. Auschwitz a été finalement libéré par l’Armée rouge le 27 janvier 1945.

Après sa libération, Auschwitz est resté abandonné pendant deux ans. Le Parlement polonais décida en 1947 de faire d’Auschwitz un musée à la mémoire des victimes. Auschwitz Birkenau fait partie depuis 1979 du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Chaque année se déroule à la synagogue Charles Liché, à Paris, une commémoration en souvenir de la libération des camps d’Auschwitz.

Une plaque commémorative, placée au sol d’un monument international inauguré en 1967 à Auschwitz Birkenau, mentionne : « Que ce lieu où les nazis ont assassiné un million et demi d’hommes, de femmes et d’enfants, en majorité des Juifs de divers pays d’Europe, soit à jamais pour l’humanité un cri de désespoir et un avertissement. Auschwitz – Birkenau 1940 – 1945 ».

contexte

CONTEXTE DE L’ALLEMAGNE NAZIE

A la fin de la deuxième guerre mondiale, de nombreux procès ont été effectués tant en Allemagne que dans d’autre pays à l’encontre les criminels de guerre et de ceux responsables pour les crimes nazis.

Bien qu’il soit impossible de fournir un résumé de tous ces procès, ci-dessous se trouve un bref aperçu des procès majeurs qui ont été tenus contres les criminels de guerre à Nuremberg et des procès y succédant.

BASES LEGALES SELON LA LOI DES NATIONS

Les Forces armées allemandes ont capitulé sans condition les 7 et 8 mai 1945.1 Les Alliés (Etats-Unis, Union Soviétique, Grande Bretagne et France) ont repris les fonctions gouvernementales en Allemagne, formé le Conseil de contrôle allié et divisé l’Allemagne en quatre zones d’occupation.

Par l’adoption du Traité de Londres le 8 août 1945, les Alliés ont établi le Tribunal militaire international (TMI) afin de juger les principaux criminels de guerre allemands. L’appendice III du traité contient le statut du Tribunal militaire international (Statut TMI).

LES TRIBUNAUX DE NUREMBERG

Selon les arts. 1 – 3 du Traité de Londres, les criminels de guerre pour lesquels aucun emplacement géographique ne peut être déterminé doivent êtres jugés par le TMI. Pour les autres criminels de guerre allemands, le principe de territorialité s’applique : les tribunaux des Etats sur le territoire duquel les crimes ont eu lieu sont compétents pour juger les criminels sur la base de leur droit national (art. 4 et 6).

La compétence rationae de l’IMT s’étend aux :

–        Crime contre la paix ;
–        crimes de guerre ; et
–        crimes contre l’humanité (art. 6 Statut TMI).

Le TMI était composé de quatre juges et quatre juges de réserves nommés par les quatre puissances alliées (art. 2 Statut TMI). Appliquant l’article 13 du Statut IMT, le tribunal a adopté ses propres règles de procédures.

Le TMI a inculpé 24 personnes. Les jugements se sont déroulés du 20  novembre 1945 au premier octobre 1946. Douze des personnes inculpées ont été condamnées à mort, trois acquittées, et sept autres ont été condamnées à des peines de prison variant de dix ans à la perpétuité. Dans une affaire, l’affaire a été annulée pour des raisons médicales et dans un autre l’inculpé s’est suicidé avant le début du procès.

LES PROCES SUCCESSIF A NUREMBERG

Sur la base du statut du Conseil de contrôle allié numéro 10 (KRG 10 (5) adopté le 20 décembre 1945 plusieurs procès successifs à Nuremberg ont été menés sous l’administration des puissances alliées. Le statut du Conseil de contrôle allié numéro 10 visait à fournir une base légale commune aux quatre zones sous occupation afin de poursuivre ceux qui avaient commis des crimes sous le Troisième Reich. Les procès successifs à Nuremberg étaient donc basés sur le KRG 10 et le droit des parties occupantes, et non sur le TMI, bien que les éléments matériels de ce dernier étaient incorporés dans le statut du Conseil de contrôle. Ainsi, selon la section 10 du KRG, il était possible de référer des affaires dirigées contres des allemands ayant commis des crimes en Allemagne à des tribunaux allemands. Cette clause a été utilisée par les gouvernements d’occupation français, russe et anglais.

LES PROCEDURES DEVANT LES TRIBUNAUX MILITAIRES

Une attention particulière a été donnée aux douze grands procès qui ont été menés par les tribunaux militaires américains jusqu’au milieu de l’année 1949. Dans ces procès, les personnes inculpées étaient regroupées dans différents groupes :

Les procès des médecins regroupaient toutes les affaires ayant trait au programme d’euthanasie suite aux recherches médicales conduites et aux meurtres qui ont été commis afin de collecter des squelettes.

Le procès Milch : procès contre le maréchal Milch pour sa coopération dans le programme de production d’armes.

Le procès des juristes : procès contre seize employés du ministre de justice impériale ou de tribunaux spéciaux.

Administration générale de l’industrie SS : inculpations pour l’administration des camps de concentration.

Procès Flick : procès contre l’industrialiste Flick pour conspiration de guerre agressive et labeur forcée des prisonniers de guerre et des internés dans les camps de concentration.

Procès IG Farben : procès pour conspiration de guerre agressive et labeur forcée des prisonniers de guerre et des internés dans les camps de concentration.

Procès pour le meurtre d’otages : inculpations pour le meurtre d’otages dans les Balkans.

Procès RuSHA : procès contre les employés du Bureau SS pour la race et le peuplement notamment pour leur collaboration dans l’extermination des juifs et polonais et le déplacement des enfants aryens des territoires allemandes occupées.

Procès contre les Unités spéciales d’extermination : inculpation pour la participation aux massacres dans les territoires occupés de l’Est.

Procès Krupp : affaire contre l’industrialiste Krupp pour, entre autres, l’exploitation de labeur forcée.

Procès Wilhemlstrassen : affaire contre des hauts officiels du régime national-socialiste (NS) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Procès du Centre de commande général des forces armées : affaire contre les hauts officiels des forces armées pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Les documents en lien avec ces procès (bases légales, inculpations, mémoires, jugements, etc.) sont disponibles à www.mazal.com/NMT-HOME.htm etwww.ess.uwe.ac.uk/warcrimesindex.htm.

De nombreuses autres affaires ont été jugées devant les tribunaux militaires américains. Au total, 1941 personnes ont été jugées.

PROCEDURES DEVANT DES TRIBUNAUX ANGLAIS, FRANÇAIS ET SOVIETIQUES

Des criminels de guerre allemands ont également été jugés devant les tribunaux des autres puissances occupantes. Les Anglais ont également effectué des jugements en Italie et en France, en particulier contre des collaborateurs des camps de concentration. Les tribunaux français étaient actifs non seulement dans les zones occupées, mais encore en Afrique du nord et en France dans des affaires impliquant des criminels allemands NS et des collaborateurs du régime Vichy. L’Union Soviétique a mené des procès contre des criminels de guerre dans les zones qu’elle reconquérait pendant la guerre. Dans la zone d’occupation soviétique, des employés des camps de concentration ont été poursuivis.

AFFAIRES DANS D’AUTRES PAYS

D’autres pays ont également mené des procès contre des ressortissants allemands, parmi lesquels la Belgique, le Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Pologne, la Yougoslavie, la République Tchèque et Israël.