Shigetaro Shimada

28.11.2011 ( Modifié le : 09.06.2016 )
Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente.

faits

Shigetaro Shimada est né le 24 septembre 1883. Diplômé de l’Académie navale en novembre 1904, il a gravi les échelons de la marine impériale japonaise jusqu’à devenir amiral. Avant la seconde guerre mondiale, Shimada a occupé une multitude de postes importants, dont chef d’Etat-major général en second de la marine et commandant de la flotte de Chine.
En octobre 1941, Shimada est nommé ministre de la marine dans le cabinet Tojo (voir «ramifications»), poste qu’il occupe jusqu’en août 1944. De février à août 1944, il a également été chef d’Etat-major général de la marine. Nommé au conseil suprême de la guerre en août 1944, il se retira dans la réserve en janvier 1945.

Selon le jugement du Tribunal militaire international pour l’Extrême-Orient (TMIEO), dès la formation du cabinet Tojo jusqu’à l’attaque du 7 décembre 1941 contre les Etats-Unis, il a pris part à toutes les décisions prises par les «conspirateurs» dans la préparation et la conduite de cette attaque.

Après la déclaration de guerre, il a joué un rôle principal dans la conduite des opérations.
Shigetaro Shimada a été capturé par les Alliés en 1945 et jugé par le TMIEO pour crimes de guerre.

procédure légale

Shigetaro Shimada a été capturé par les Alliés en 1945 et jugé par le Tribunal Militaire international pour l’Extrême-Orient (TMIEO) pour crimes de guerre.

Selon le jugement du TMIEO, quelques uns des pires massacres et meurtres de prisonniers de guerre ou de naufragés de bateaux torpillés ont été commis par des membres de la marine japonaise dans les îles du Pacifique. Les personnes directement responsables de ces crimes vont de l’amiral à ses subordonnés de tout rang.

Néanmoins, le TMIEO n’a pas trouvé de preuves suffisantes pour justifier une condamnation de Shigetaro Shimada pour ces crimes, dont il n’est pas responsable et qu’il n’a pas ordonné, autorisé ou permis, ni même qu’il savait qu’ils étaient commis et manquât à ses devoirs en ne prenant pas les mesures adéquates pour prévenir leur répétition. Ainsi, Shigetaro Shimada a été acquitté des chefs d’accusations 54 (violations des lois et coutumes de la guerre) et 55 (ne pas avoir rempli ses obligations de commandant militaire en ne prenant pas les mesures adéquates pour assurer le respect et prévenir les violations des lois et coutumes de la guerre).

Le TMIEO a reconnu Shigetaro Shimada coupable du chef d’accusation 1 (conspiration pour mener des guerres d’agression contre un pays ou des pays, entre le 1er janvier 1928 et le 2 septembre 1945) ainsi que des chefs 27, 29, 31 et 32 (avoir mené des guerres d’agression).

Le 12 novembre 1948, le TMIEO le condamna à l’emprisonnement à vie. Il a été libéré sur parole en 1955. Shimada est décédé en 1976.

contexte

TRIBUNAL MILITAIRE INTERNATIONAL POUR L’EXTREME ORIENT

Après la capitulation du Japon lors de la Seconde Guerre Mondiale, les puissances victorieuses ont décidé d’instaurer un Tribunal international dans le but de juger les membres du pouvoir japonais responsables de la guerre d’agression menée par le Japon et pour les autres crimes commis durant la guerre. Le Tribunal a été établi par un décret du commandant suprême des forces alliées en Extrême-Orient, le général américain Douglas MacArthur, le 19 janvier 1946, amendé le 25 avril suivant.

La Charte du TMI pour l’Extrême-Orient a repris presque verbatim la Charte du Tribunal de Nuremberg. Le Tribunal était compétent pour des crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Les juges et les procureurs ont été choisis parmi des ressortissants d’Etats qui étaient en guerre contre le Japon (les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Union soviétique, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, la France, les Philippines et la Chine). Le Tribunal de Tokyo a été la cible de critiques semblables à celles de son homologue allemand, concernant notamment les modalités de sa création, la composition de l’appareil judiciaire et le respect du principe de la légalité. Le ministère public était dirigé par l’Américain Joseph B. Keenan.

Les procédures judiciaires se sont déroulées entre le 29 avril 1946 et le 12 novembre 1948. Au total, 28 anciens généraux japonais et politiciens ont été inculpés. Étonnamment, aucune poursuite n’a été engagée contre l’Empereur du Japon de l’époque, Hirohito. La plupart des accusés devaient répondre de crimes contre la paix, en lien avec la politique agressive menée par le Japon avant et pendant la Guerre mondiale. Tous les accusés ont été jugés coupables. Sept d’entre eux ont été condamnés à la peine de mort ; les autres, pour la plupart, à la prison à vie.

PROCEDURES AUTRES QUE CELLES DU TMI

Un certain nombre de procédures judiciaires contre des criminels de guerre se sont également tenues devant des cours martiales et des commissions militaires dirigées par les puissances victorieuses. En tout, plus de 5600 Japonais ont été poursuivis, au cours de plus de 2200 procès. Environ 4400 personnes ont été condamnées dont un millier a été par la suite exécuté.