Toshiaki Mukai

16.09.2010 ( Modifié le : 01.06.2016 )
Trial Watch rappelle que jusqu'à ce qu'une éventuelle condamnation soit entrée en force, toute personne accusée ou poursuivie par une juridiction nationale ou internationale est présumée innocente.

faits

Toshiaki Mukai, originaire de la région de Jindai, préfecture de Yamaguchi, était un sous-lieutenant de l’Armée Impériale Japonaise lors de la seconde guerre Sino-japonaise et pris part au massacre de Nankin, pendant lequel des troupes japonaises ont massacré et violé des civils, pillé et détruit leurs biens. Durant six ou sept semaines, plus de 100 000 civils furent tués et des milliers de femmes furent violées.

Mukai est célèbre pour des actes commis juste avant le massacre de Nankin, alors qu’il était sur la route qui le menait vers le champ de bataille, et qui furent reportés par des articles de journaux et confirmés dans des documents du Tribunal Militaire International pour l’Extrême Orient.

Avec le sous-lieutenant Tsuyoshi Noda, Mukai aurait mené le concours « pour tuer 100 chinois avec un sabre ». Le but était de savoir qui des deux lieutenants aurait été le premier à à tuer 100 chinois en utilisant ce type d’arme. Le Tokyo Nichi-Nichi Shimbunc rapporta que Noda et Mukai dépassèrent tous les deux ce nombre, tuant respectivement 106 et 104 personnes. Ils décidèrent alors de commencer un nouveau pari, qui consistait alors à tuer 150 chinois, mais le résultat final n’est pas connu.

Les faits sont remis en cause par plusieurs historiens qui affirment que le concours n’aurait jamais eu lieu et n’était qu’un moyen de propagande pour favoriser le nationalisme japonais. Cet épisode controversé a même été utilisé pour remettre en cause l’existence historique de la bataille de Nankin et du massacre qui s’ensuivit.

Des historiens ont suggéré différentes interprétations factuelles. L’un d’eux a affirmé que les centaines de personnes tuées à l’aide d’un sabre n’étaient pas des combattants ni même des civils, mais des prisonniers de guerre. Une exposition au Mémorial du Massacre de Nankin en Chine présente le concours comme étant un fait historique.

Après la guerre, une trace écrite de cette compétition a été reportée dans les documents du Tribunal Militaire International pour l’Extrême Orient.

Les deux soldats furent extradés vers la Chine.

procédure légale

Les deux soldats furent extradés vers la Chine.

Le 28 janvier 1948, ils furent exécutés à la chambre d’exécution Yuhuatai par le gouvernement chinois, après que le jugement du Tribunal Militaire de Nankin ait été rendu. Ils furent condamnés pour les atrocités commises pendant la Bataille de Nankin et le massacre qui s’ensuivit mais le concours ne fut pas réellement pris en compte.

En avril 2003, les familles de Toshiaki Mukai et Tsuyoshi Noda déposèrent plainte pour diffamation devant une Cour de district de Tokyo. Le 23 août 2005, la Cour débouta les plaignants au motif que le délai de prescription pour diffamation avait déjà expiré. De plus, le juge souligna que les allégations diffamatoires auraient été difficiles à prouver, étant donné les nombreuses déclarations incriminantes faites par les soldats eux-mêmes.