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 Newsletter - Avril 2015

 

SUISSE

 

Deux ONG honorées par les autorités genevoises

 

Après Kofi Annan, Albert Cohen et de nombreux autres lauréats, les autorités genevoises ont choisi de récompenser deux ONG pour leur contribution au rayonnement de Genève dans le monde. TRIAL et l’Appel de Genève ont ainsi eu l’honneur de recevoir la médaille « Genève Reconnaissante » des mains du Maire le 26 mars dernier.

 

Ces deux ONG croient toutes deux en la force du droit et l’importance de le faire respecter partout, et par tous. Sami Kanaan, le Maire de Genève, a récompensé cet engagement et salué « le rôle fondamental de ces acteurs de la société civile dans le monde actuel ».

 

Lors de la cérémonie, Manon Schick a elle aussi rendu un vibrant hommage au travail mené par TRIAL : « Un jour les coupables seront traduits en justice et les victimes entendues. Merci à TRIAL de faire en sorte que ce jour arrive bientôt. Vous êtes une lueur d’espoir », a dit la Directrice d’Amnesty international Suisse.

 

Dans un discours émouvant, Philip Grant, directeur de TRIAL, a remercié les autorités genevoises au nom des victimes défendues : « S’ils étaient là, ils nous diraient que chez eux, l’armée, la police, les puissants tuent, violent, mutilent. Ils nous diraient qu’obtenir la justice et la vérité est la dernière chose qui leur reste ».

 

Le combat de TRIAL ne pourrait être pleinement mené sans le soutien des autorités, de nos membres et d’ONG partenaires. Ensemble, nous poursuivons nos efforts pour que les victimes des conflits d’hier et d’aujourd’hui obtiennent justice.

 

 

RDC

 

Une 2ème formation au service de la lutte contre l’impunité

 

La formation dispensée par TRIAL en RDC se poursuit ! Fin mars, les avocats sélectionnés étaient au rendez-vous pour assister au deuxième volet de ce coaching d’un an. L’objectif ? Acquérir tous les outils nécessaires pour défendre les victimes congolaises devant des juridictions régionales et internationales.

 

Durant trois jours, ces ardents défenseurs ont approfondi leurs connaissances des mécanismes de défense des droits humains. Grâce à des mises en situation, ils ont pu simuler des plaidoiries de défense au nom de victimes des pires violations.

 

Cette session a été ponctuée par les interventions d’un expert dans le domaine des crimes internationaux en RDC : le Professeur Nyabirungu mwene Songa, également doyen de la faculté de droit de l’Université de Kinshasa.

 

Des experts de Protection Internationale ont également répondu présent. La question des stratégies sécuritaire pour protéger les victimes a été largement explorée. Ils accompagneront les avocats de la formation tout au long de l’année en leur offrant des modules sur des thématiques ciblées, telles que la sécurité informatique.

 

La lutte contre l’impunité en RDC promet d’être sans répit. L’engament et l’intérêt de tous ces défenseurs des droits humains en est une preuve incontestable.

NEPAL

 

La lutte contre les violences sexuelles ne faiblit pas

 

Ce mois-ci, TRIAL a porté la voix de Devi Maya (pseudonyme), victime de viols, devant le Comité des droits de l'homme des Nations Unies. Plus de dix ans après les faits, il est grand temps qu’elle obtienne justice.

 

C’était une journée d’août 2002. Au Népal, la guerre civile entre le gouvernement et la guérilla maoïste faisait rage, et la vie de Devi Maya était sur le point de se transformer en enfer.

 

Des membres des forces de sécurité népalaises menaient alors une opération anti-insurrectionnelle dans son village ; les civils étaient les premiers visés par cette effroyable action punitive. Devi était chez elle avec sa fille âgée de trois ans à peine quand six hommes ont fait irruption pour la violer et la soumettre à d’autres tortures effroyables. Elle est tombée enceinte suite au viol.

 

Devi Maya souffre aujourd’hui encore de profondes séquelles physiques et psychologiques. Sa deuxième fille, elle, fait l’objet d’une stigmatisation incessante. 

 

Pourtant, Devi  ne s’est pas laissé abattre et a essayé, à plusieurs reprises, d’obtenir justice devant les juridictions nationales. Ces démarches sont restées vaines dans un contexte où trop de violences sexuelles commises durant la guerre restent encore impunies.

 

La décision que l’ONU rendra suite à la plainte de Devi sera très attendue. Elle pourrait faire naître une lueur d’espoir chez les centaines de victimes qui attendent toujours que justice leur soit rendue.

 

 

MEXIQUE

 

Disparitions forcées : de mal en pis

 

Depuis plus d’un demi siècle au Mexique, les disparitions forcées se succèdent, dans un climat d’impunité intenable.

 

Il y a un peu plus de quatre ans, le Groupe de Travail de l’ONU sur les disparitions forcées ou involontaires se rendait au Mexique pour en dresser le constat alarmant. Dans un rapport, il enjoignait les autorités mexicaines à redoubler d’efforts pour lutter contre ce crime, et formulait une série de recommandations à cet effet.

 

Aujourd’hui, il est temps de faire le bilan des efforts entrepris par le Mexique pour sortir de l’impasse. Quelques mois après l’examen du Mexique par le Comité des Nations unies contre les disparitions forcées, le tableau demeure peu reluisant.

 

TRIAL et une coalition de huit associations locales ont constaté que la situation n’a fait qu’empirer depuis quatre ans.

 

Dans un rapport publié le mois dernier, les ONG dressent un sombre état des lieux et enjoignent les autorités mexicaines à abandonner l’immobilisme pour désormais prendre cette situation à bras le corps.

 

L’impunité a trop duré, il est grand temps d’agir.

 

BOSNIE-HEZEGOVINE

 

Violences sexuelles : Pas de justice sans compensation !

 

Le conflit en Bosnie a pris fin il y a près de 20 ans, mais le combat est loin d’être terminé pour les victimes de violences sexuelles. Trop nombreuses sont celles qui luttent encore devant les tribunaux nationaux pour obtenir réparation suite aux atroces violences qu’elles ont subies.

 

Le droit à la compensation est prévu par la loi bosnienne, mais inexistant dans la pratique. Faute de considération pour leurs souffrances, les victimes ont l’amer sentiment d’être mises au ban de la société.

 

Dans un nouveau rapport, TRIAL fait le point sur la situation. L’ONG décrit notamment les nombreux obstacles auxquels les victimes de violences sexuelles se heurtent lorsqu’elles demandent compensation. Cette étude ouvre également de nombreuses pistes de réflexion et exhorte les autorités à rendre pleinement justice aux victimes.

 

Par dessous tout, ce rapport offre un soutien nécessaire aux victimes : il leur rappelle qu’elles ne sont pas seules dans leur combat pour la justice.

 

Les victimes de violences sexuelles souffrent souvent, des années après les faits, des séquelles des tortures infligées. Les compenser, c’est leur permettre de bénéficier d’une assistance financière, physique et psychologique nécessaire à leur rémission.

 

Certes, les compensations ne permettent pas d’oublier les horreurs de la guerre, mais elles sont une étape incontournable de la réconciliation post-conflit.

 

 

 

 

NEPAL

 

Les autorités doivent cesser de faire la sourde oreille

 

Depuis plusieurs années déjà, la communauté internationale fait pression sur le gouvernement népalais pour qu’il s’attaque aux séquelles de la guerre civile. En 2011 et 2014, l’ONU avait formulé des recommandations précises à ce sujet, exhortant le Népal à :

 

-faire de la torture et des disparitions forcées des crimes

 

-mettre en place des mécanismes de justice transitionnelle indépendants

 

-enquêter sur les graves violations commises durant la guerre civile et poursuivre leurs auteurs.

 

Qu’en est-il aujourd’hui ? Le Népal n’a malheureusement pas bougé d’un iota et la plupart des recommandations formulées sont restées lettre morte.

 

TRIAL prend la mesure de ces graves manquements dans deux rapports publiés le mois dernier. Le premier dresse un constat alarmant : la législation pénale du Népal n’est pas conforme aux normes de droit international. Le second dénonce une justice transitionnelle qui ne rend pas justice aux victimes du conflit.

 

Mais l’impunité sévit également pour les crimes commis aujourd’hui. La situation est particulièrement inquiétante dans le Terrai où depuis trois mois, on enregistre une hausse alarmante des exécutions arbitraires.  

 

Il est grand temps que le Népal juge les crimes passés et présents. Cette situation ne peut plus durer.

 

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TRIAL brings justice to victims of international crimes 

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