BOSNIE-HERZEGOVINE
Deux victoires consécutives pour les victimes de crimes de guerre !
C’est une grande première dans l’histoire de la Bosnie-Herzégovine : deux victimes de violences sexuelles ont reçu des indemnités pour les horreurs qu’elles ont endurées au cours de la guerre.
Une première victoire historique a été remportée ce 24 juin 2015. A peine une semaine plus tard, justice a été rendue à une autre victime de viol. La cour de BiH a condamné les coupables à plusieurs années de prison. Ils devront également verser des dommages et intérêts aux victimes – un fait sans précédent.
Les deux victimes, qui ont attendu plus de 20 ans que justice leur soit rendue, s’étaient tournées vers TRIAL pour recevoir de l’aide. L’ONG leur a apporté une assistance juridique et a exhorté les institutions judiciaires à agir. Ceci a conduit à des enquêtes plus poussées, à des mises en examen puis enfin, à ces deux décisions de justice majeures.
Au cours de la guerre de Bosnie, de nombreuses femmes furent victimes de viols ou d’autres formes de violences sexuelles. Les chiffres sont sidérants : entre 20 000 et 50 000 femmes auraient été victimes de telles atrocités. Bien que des criminels aient déjà été poursuivis et condamnés par des tribunaux de Bosnie-Herzégovine, aucune victime n’avait reçu de compensations financières dans le cadre de procédures pénales à ce jour.
TRIAL espère que ces décisions donneront lieu à des mesures de justice de plus grande envergure pour les milliers de survivants qui attendent encore des réparations.
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NEPAL
Quand une catastrophe en exacerbe une autre
Les tremblements de terre qui ont secoué le Népal dernièrement ont eu des conséquences dévastatrices sur ses habitants. Pour les victimes de graves violations, la catastrophe n’a fait qu’exacerber des conditions de vie déjà difficiles.
Toutes les victimes aux côtés desquelles TRIAL travaille au Népal sont saines et sauves, mais le fardeau est plus lourd à porter à présent. Hom Bahadur Bagale en témoigne :
« J’ai travaillé pour la police népalaise, jusqu’à ce que je sois renvoyé et torturé pour avoir daigné contester un ordre. Depuis, je suis sans emploi mais fais tout mon possible pour nourrir ma famille, et pour me remettre du traumatisme que j’ai subi. Le tremblement de terre n’a fait qu’empirer les choses ».
Ram Maya Nakarmi nourrit seule ses enfants depuis que son mari a disparu, enlevé par les forces de sécurité népalaises en pleine guerre civile : « Les conséquences du séisme auraient été moins lourdes si je n’avais pas été aussi pauvre, si j’avais pu posséder un lopin de terre. J’y aurais construit un abri : cela nous aurait évité de nous réfugier dans le champ des voisins ».
Les victimes de graves violations souffrent non seulement d’une absence de justice flagrante, mais aussi d’un manque effroyable de soutien financier suite au séisme. Il est grand temps que les autorités népalaises atténuent cette accumulation de souffrances.
Découvrez les témoignages complets de Bagale et Nakarmi sur Storify
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BURUNDI
Le point sur la crise avec Bob Rugurika
A l’approche des élections présidentielles prévues pour le 21 juillet prochain, l’étau se resserre sur les opposants au troisième mandat de Pierre Nkurunziza, ainsi que sur les médias burundais.
Bob Rugurika, le Directeur de la Radio Publique Africaine (RPA), est l’un d’eux. De passage à Genève, ce journaliste a fait avec TRIAL l’état des lieux de la crise, et partagé ses aspirations pour l’avenir de son pays.
Contraint à l’exil en raison des menaces dont il fait l’objet, Bob Rugurika continue pourtant d’exercer son métier et documente les violences commises au Burundi, même à distance : « On nous rapporte de nombreuses arrestations d’opposants politiques et une recrudescence de cas d’exécutions extrajudiciaires », s’alarme-t-il.
Mais contrairement à ce que le régime voudrait laisser croire, la crise n’est pas ethnique, mais politique selon Rugirika : « […] le pouvoir en place tente à nouveau de diviser pour mieux régner, en attisant ce brasier ethnique, dans un but purement électoraliste », regrette-t-il en dénonçant également la violence d’Etat aujourd’hui à l’œuvre.
Quelle place reste-il alors pour lutter contre l’impunité lorsque l’appareil étatique se rend lui-même coupable des pires violations ? Bob Rugurika estime qu’il incombe à la communauté internationale d’intervenir rapidement pour garantir le retour de l’Etat de droit au Burundi. Selon lui, « mettre en place des mécanismes de sanctions contre les responsables de violations » s’impose également.
Lire l’intégralité de l’interview
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RDC
Violences sexuelles : Documenter pour mieux combattre
La population civile de l’Est de la RDC, prise entre les feux des conflits qui minent la région, continue de faire les frais d’une violence sans nom. En l’espace de 20 ans, des dizaines de milliers de femmes, d’hommes, de garçons et de filles ont été la cible de viols et de violences sexuelles. Perpétrés par les forces étatiques et les nombreux groupes armés disséminés sur le territoire, ces actes abjects restent souvent impunis.
La honte, les menaces et la peur d’être stigmatisés poussent souvent les victimes de viols et de violences sexuelles au silence. Sans parler des nombreux problèmes de protection et de sécurité, qui les dissuade trop souvent de demander une assistance juridique.
C’est pour remédier à ces problèmes que TRIAL a formé, en juin 2015, 35 défenseurs des droits humains à la documentation des crimes de violences sexuelles. L’objectif ? Permettre à ces représentants d’ONG du Sud Kivu d’assurer aux victimes un véritable accès à la justice.
Durant trois jours de débats, ces acteurs clés de la société civile ont approfondi leurs connaissances en matière de documentation et se sont initiés à la préparation et la conduite d’entretiens avec les survivants. Les mois à venir seront dédiés à la documentation d’affaires concrètes de violences sexuelles.
En plus de redonner du pouvoir aux victimes, garder la trace des violences endurées facilite la poursuite en justice des auteurs de ces crimes indicible – et permet ainsi de lutter contre l’impunité qui les entoure.
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BOSNIE-HERZEGOVINE
Se rappeler Srebrenica
Saliha Osmanović a perdu le goût de la vie lorsque son mari Ramo et son fils Nermin ont été abattus à Srebrenica il y a vingt ans.
C’est dans ce village qu’a eu lieu le pire massacre commis en Europe depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Durant le mois de juillet 1995, plus de 8 000 hommes et garçons bosniaques ont été tués par les forces nationalistes serbes. Ramo et Nermin étaient parmi eux.
« Les corps de Ramo et Nermin ont finalement été trouvés dans des fosses communes, et je les ai enterré en 2008 dans le centre mémorial de Potocari. […] Le 11 juillet est toujours une date particulièrement difficile pour moi. En ce jour je me rappelle que la communauté internationale avait les yeux rivés sur nous, mais qu’elle n’a rien fait pour nous venir en aide ».
Ce 11 juillet 2015, on commémorait le 20ème anniversaire du génocide de Srebrenica. 20 ans se sont écoulés, mais le deuil est sans fin pour les familles des victimes, qui enterrent encore leurs morts.
Chaque année, des fosses communes sont exhumées et des cadavres découverts, identifiés puis mis en terre à nouveau, aujourd’hui dans la dignité. Cette année, 136 victimes ont été enterrées dans le centre mémorial de Potocari à Srebrenica.
C’est pour rendre hommage aux victimes et à leurs proches que la commémoration du génocide de Srebrenica a lieu chaque année. Mais également pour ne pas oublier les atrocités qui furent commises. A l’heure où de par le monde, les guerres font rage, se rappeler Srebrenica semble plus nécessaire que jamais.
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Plus d'infos
#Justicematters : Que représente pour vous la justice?
Ce vendredi 17 juillet, l’on célèbrera la Journée de la Justice pénale internationale. A cette occasion, la Cour pénale internationale lance la campagne #justicematters sur les réseaux sociaux. Le principe ? Vous munir d’une feuille, y exprimer en quelques mots pourquoi la justice compte pour vous, vous prendre en photo avec votre réponse, et poster le tout sur la page Facebook de la Cour. A vous de jouer.
Former des avocats népalais
TRIAL organisera ce mois-ci, en partenariat avec la KSL, une session de formation à l’attention d’avocats népalais. Les crimes de droit international, la procédure pénale népalaise, la documentation des crimes de droit international et la responsabilité de l’Etat sont autant de sujets qui y seront abordés.
Pour les avocats congolais, la formation continue
Comment prouver qu’un crime international a été commis ? Comment protéger les victimes et les témoins? Comment démontrer la responsabilité de l’Etat dans des épisodes de violences sexuelles ou de meurtres ? Lors d’une session de formation dispensée fin juin 2015, TRIAL s’est penchée sur ces questions avec huit avocats de Bukavu.
Dénoncer les violences au Burundi
A l’occasion de la visite à Genève du célèbre journaliste burundais Bob Rugurika, TRIAL a mené à bien diverses actions de plaidoyer auprès des Nations unies.
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