23 janvier 2024 – Jour 12 : Interrogatoire d’Ousman Sonko sur les accusations de mars 2006

24.01.2024 ( Modifié le : 19.01.2026 )
(actes de torture, de séquestration et de violences sexuelles commis en tant que crimes contre l’humanité)

Dans le cadre d’une tentative de coup d’État en mars 2006, Ousman Sonko est accusé, en tant que complice d’un groupe d’auteurs, d’avoir torturé diverses personnes, dont des membres de l’armée, des politicien·ne·s et des journalistes, de les avoir illégalement privées de leur liberté, ainsi que d’avoir commis un viol à Banjul, en Gambie.

Ousman Sonko a été appelé à témoigner et confronté aux résultats de l’enquête ainsi qu’aux déclarations supplémentaires des plaignant·e·s faites devant la Cour, en ce qui concerne les accusations susmentionnées.

L’accusé a expliqué que la police gambienne était l’une des forces les plus respectées. Il a ensuite répété qu’il n’avait que des fonctions non opérationnelles en tant qu’Inspecteur général de la police (IGP) et que l’agence nationale de renseignement (NIA) n’avait jamais été sous son contrôle. Tous les groupes d’enquête ont été mis en place sous l’égide de la NIA et sur ordre de Yahya Jammeh. Il a contesté les conclusions de la TRRC qui affirment qu’il était responsable, en tant qu’IGP, de la torture de personnes prétendument impliquées dans la tentative de coup d’État.

Entre autres déclarations, il a affirmé ce qui suit :

Aux plaignant·e·s qui ont déclaré l’avoir vu en uniforme de police dans le cadre du groupe d’enquête, l’accusé a répondu soit que cela aurait pu être possible, soit qu’il n’en avait aucun souvenir. Il n’est cependant pas exact de dire qu’il était le plus haut niveau de la hiérarchie au sein du groupe d’enquête. Il a seulement été sollicité par le chef d’état-major de la défense pour sélectionner les officiers de police qui participeraient au panel.

En ce qui concerne les articles de presse de mars 2006 affirmant que des journalistes arrêtés par l’Unité d’intervention de la police (PIU) ont été présentés à l’accusé, il a mis en doute leurs sources.

Ousman Sonko a ensuite expliqué que, le 21 mars 2006, il était membre du panel pour la première fois en tant qu’observateur et que les interrogatoires avaient déjà commencé. Il a rendu visite au panel une ou deux fois. Sa présence était requise – ainsi que celle d’autres fonctionnaires – pour libérer des personnes et de s’excuser de leur arrestation et de leur détention. L’accusé n’avait pas connaissance d’actes de torture perpétrés par des policiers pendant la détention de ces personnes.

Contrairement aux témoignages de certain·e·s plaignant·e·s, Ousman Sonko a nié avoir été témoin de violences ou de blessures infligées aux victimes par les membres du panel ou devant le panel. Il n’était pas en son pouvoir d’empêcher les actions des auteurs.

Confronté aux dépêches WikiLeaks de l’ambassade américaine en Gambie, selon lesquels l’unité d’information du public a fermé les bureaux de The Independent, l’accusé a fait valoir que l’unité d’information du public avait appliqué une décision de justice.

À la question de savoir s’il aurait ordonné ou joué un rôle, en tant qu’IGP ou plus tard en tant que Ministre de l’intérieur, dans la détention de personnes pendant plus de 72 heures sans inculpation, Ousman Sonko a expliqué que les services sous son contrôle ne l’auraient pas fait, et que si c’était le cas, il ne pourrait s’agir que d’un incident isolé.

À suivre : Demandes de preuves et mises à jour des procédures.