Le contexte

Le recours à des acteurs militaires et de sécurité privés (PMSA), y compris les mercenaires, les acteurs liés au mercenariat et les sociétés militaires et de sécurité privées, est en forte augmentation.

Les États et les entreprises de divers secteurs font de plus en plus appel à ces acteurs dans des zones touchées par des conflits et dans d’autres contextes à haut risque, où l’État de droit et les mécanismes de responsabilité sont souvent limités.

Les PMSA sont régulièrement accusés d’être impliqués dans des violations des droits humains et des atteintes à l’environnement. Certaines de ces violations peuvent constituer des crimes internationaux, notamment des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, des actes de torture et des disparitions forcées. Au-delà des atteintes directes, le recours aux PMSA peut également contribuer à une déstabilisation plus large en alimentant les conflits et en fragilisant les efforts de paix.

Malgré les activités de documentation en cours, les PMSA ainsi que les acteurs qui les emploient ou tirent profit de leurs services continuent souvent d’agir en toute impunité. Les actions en justice aboutissant à des résultats restent rares, et de nombreuses victimes se retrouvent dans des situations de grande vulnérabilité, sans accès effectif à la justice ou à des réparations. Compte tenu de l’ampleur géographique et financière du secteur, ainsi que des conséquences potentiellement mortelles de ces pratiques pour les populations civiles, un renforcement des mécanismes de responsabilité est urgent.

Le défi

Les PMSA opèrent souvent à travers des structures complexes et transnationales, rendant difficile l’identification des décideurs et l’établissement des responsabilités. Leurs activités sont parfois protégées par un manque de transparence et un accès limité à l’information. Dans de nombreux contextes, les États territoriaux sont incapables ou peu enclins à enquêter et à poursuivre ces acteurs, tandis que leur dimension transnationale implique plusieurs juridictions. Ces obstacles créent un environnement propice à la poursuite des abus, tandis que les victimes rencontrent des difficultés majeures pour être identifiées, soutenues et accéder à la justice.

Notre action

Contentieux stratégique

Contentieux stratégique

Nous explorons les voies de responsabilité aux niveaux national, extraterritorial et international, notamment par le dépôt de plaintes pénales et d’autres actions en justice. Nous privilégions les affaires susceptibles de contribuer à l’évolution de la jurisprudence relative à la responsabilité pour les crimes internationaux commis par des acteurs économiques qui facilitent ces opérations ou en tirent profit.

Documentation et constitution de dossiers avec des partenaires locaux

Documentation et constitution de dossiers avec des partenaires locaux

En collaboration avec des organisations de la société civile, nous soutenons le suivi, la documentation et le signalement des crimes présumés conformément aux standards internationaux, en adoptant une approche centrée sur les survivant·e·s et en tenant compte des risques sécuritaires et autres.

Renforcement des capacités et partage de connaissances

Renforcement des capacités et partage de connaissances

À travers des activités de formation et de mentorat, nous renforçons la capacité de nos partenaires à documenter les violations et à les signaler via des mécanismes nationaux, extraterritoriaux, régionaux et internationaux appropriés. Cela inclut des aspects pratiques et juridiques de la documentation, fondés sur le principe de « ne pas nuire ».

Plaidoyer fondé sur des preuves

Plaidoyer fondé sur des preuves

Nous travaillons avec les autorités nationales, les processus multilatéraux et les initiatives réglementaires afin de mettre en lumière les lacunes en matière de responsabilité liées au recours aux PMSA par les États et les acteurs économiques. Cela comprend la production d’analyses juridiques sur la responsabilité des entreprises, le partage de schémas documentés d’abus et la contribution aux discussions sur le devoir de vigilance et d’autres mesures encadrant l’usage des services militaires et de sécurité privés.

Dans ce cadre, TRIAL International dirige la Corporate Accountability Initiative, cofinancée par l’Union européenne, qui réunit un consortium d’organisations de la société civile dans plusieurs régions, en coordination avec des partenaires locaux en République démocratique du Congo, au Nigeria, au Mozambique, en Irak, en Colombie et au Guatemala.