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Kissinger restera membre du Comité international olympique

19.01.2004 ( Modifié le : 18.07.2017 )

CIO: Henry Kissinger restera membre du Comité de déshonneur : la plainte de TRIAL est rejetée

Embargo: 19 janvier 2004 – 16h00

CIO : Kissinger restera membre du Comité de déshonneur !

Genève – 19 janvier 2004.

La Commission exécutive du Comité international olympique (CIO) a décidé lors de sa session de décembre 2003, dans une décision récemment parvenue à l’association TRIAL (Track Impunity Always), de ne pas donner suite à une demande d’exclusion de Henry Kissinger du Comité d’honneur du CIO. TRIAL et d’autres organisations avaient déposé plainte le 11 septembre 2003 auprès de la Commission d’éthique du CIO, estimant que les actes (notamment crimes de guerre, complicité d’assassinat et de génocide) reprochés à Henry Kissinger étaient incompatibles avec les textes régissant l’activité du CIO.

La plainte a été déposée à l’occasion du 30 ème anniversaire du Coup d’Etat du général Pinochet – soutenu par Henry Kissinger – par TRIAL, membre de la coalition Kissinger Out ! (KO !). Appuyée notamment en Suisse par le groupe chilien « Comité mémoire et justice », cette plainte détaillait les raisons pour lesquelles la présence de Henry Kissinger en tant que membre d’honneur du CIO est incompatible avec les principes de l’olympisme, tels qu’ils sont explicités tant dans la Charte que dans le Code d’éthique du CIO. La plainte exposait dans le détail les différentes actions de nature abusive, illégitime ou criminelle commises ou incitées par Henry Kissinger. Elle se fondait notamment sur de nombreux rapports d’experts et sur des archives déclassifiées, démontrant les conséquences meurtrières de l’action de l’ancien Secrétaire d’Etat américain, notamment sa responsabilité dans les tragédies chilienne, cambodgienne ou timoraise.

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Dans sa session de décembre 2003, la Commission exécutive a approuvé la recommandation de la Commission d’éthique du CIO, selon laquelle « les faits s’avérant antérieurs à l’élection de M. Kissinger en qualité de membre d’honneur du CIO et n’ayant jamais fait l’objet d’une décision judiciaire s’imposant à la commission d’éthique, la commission décide de ne pas donner suite à la plainte déposée par TRIAL ».

TRIAL regrette profondément cette décision. Face à l’argumentation minutieuse de l’association de juristes, le CIO s’est dérobé en fermant les yeux sur les actes reprochés à Henry Kissinger au motifs qu’ils auraient été commis avant son entrée dans l’organisation. TRIAL, n’ayant pas été tenue informée du déroulement de la procédure, ne peut que s’interroger sur le fait de savoir si un réel débat de fond a eu lieu devant la Commission d’éthique. L’argument « pas pris, pas vu » laisse toutefois craindre que la Commission en question s’est réfugiée derrière un argument juridique pour refuser d’aborder la question de la présence de Henry Kissinger au CIO sous l’angle éthique. A l’aune des critères retenus, le signal que donne le CIO est le suivant : « un individu au passé criminel peut être admis dans l’organisation, pour autant que ses actes après son admission ne portent plus à la critique ; son passé n’a aucun intérêt ».

« Pareille argumentation ouvre la porte du CIO à n’importe quel criminel. Un ancien responsable de goulag ou un ex-chef d’Etat major d’un dictateur africain sanguinaire pourraient trouver leur place au CIO sans que ce dernier n’y décèle le moindre problème éthique », a indiqué Philip Grant, président de TRIAL. « L’éthique n’est pas en passe de devenir une discipline olympique », a-t-il encore ironisé.

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Pour Ariel Sanzana, du « Comité mémoire et justice », la position du CIO est intenable. « Si les affaires de corruption, de trafic d’influence, de népotisme et d’autres sont graves pour l’image de l’olympisme, le fait d’abriter un criminel de guerre et de refuser de le sanctionner est encore pire », a-t-il affirmé. Cela ne peut que jeter le discrédit sur le CIO et sur son prétendu renouvellement moral.

La décision de la Commission exécutive n’est pas susceptible de recours. TRIAL prend donc acte du fait que Henry Kissinger restera membre de la Commission de déshonneur du CIO. La campagne internationale Kissinger Out! continuera toutefois de dénoncer les agissements passés de Henry Kissinger et la protection que lui accorde le fait de siéger dans des institutions prestigieuses. La campagne Kissinger Out ! examiner prochainement la possibilité de déposer des plaintes et des demandes d’exclusion auprès d’autres instances internationales.

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