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Bosnie-Herzégovine : 20 ans de prison pour les meurtres de Višegrad

30.10.2019

Le 30 octobre 2019, Radomir Šušnjar, aussi connu sous le nom de « Lalco » a été reconnu coupable du meurtre de 57 Bosniaques à Višegrad, une ville de l’est de la République serbe de Bosnie. En 1992, ces personnes avaient été brûlées vives dans une maison de la rue Pionirska. La Cour de Bosnie-Herzégovine a condamné l’ex-soldat bosno-serbe à 20 ans de prison.

Après la fin de la guerre, l’ancien soldat bosno-serbe s’était caché en France pour échapper à la justice. © DR

« La justice a ratrappé Radomir Šušnjar », s’est réjoui Philip Grant, directeur exécutif de TRIAL International. « Malgré ses tentatives d’y échapper et sa fuite à l’étranger, il est maintenant l’heure pour lui de faire face à ses actes, commis il y a plus de 27 ans. »

Durant l’été 1992, les victimes, principalement des femmes, des enfants et des personnes âgées, ont été enfermées dans une maison de la rue Pionirska à Višegrad, et brûlées vives. Celles qui ont essayé de s’échapper ont été abattues sur place. Seules quelques personnes ont survécu et ont réussi à échapper à une mort certaine.

Les huit survivants, dont deux sont décédés quelques années plus tard, avaient ensuite témoigné devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie à La Haye. « Lalco » est accusé d’avoir personnellement verrouillé la pièce dans laquelle se trouvaient les civils et d’y avoir mis le feu.

Plus de deux décennies de cavale

Après la guerre, Šušnjar s’était caché en France pendant de nombreuses années. En 2014, TRIAL International avait réussi à retrouver sa trace. L’organisation avait alors informé les autorités bosniennes et françaises, conduisant à son extradition en juin 2018 après plusieurs appels contre cette décision. En 2017, un acte d’accusation avait été déposé devant la cour de Bosnie-Herzégovine contre Šušnjar, l’accusant d’avoir agi en violation des dispositions de la Convention de Genève sur la protection des civils pendant la guerre. Deux ans plus tard, la Cour de Bosnie-Herzégovine l’a donc reconnu coupable de crimes de guerre à l’encontre de civils et condamné à 20 ans de prison.

L’équipe de TRIAL International en Bosnie-Herzégovine se réjouit de ce verdict, malgré une peine relativement clémente au vu de la gravité des faits. Le jugement représente tout de même un succès significatif dans la lutte contre l’impunité pour les crimes commis pendant la guerre. « Ce résultat confirme qu’une coopération internationale efficace joue un rôle important dans le processus de poursuite des auteurs de crimes de guerre », a déclaré Berina Žutić Razić, conseillère juridique de TRIAL International à Sarajevo.

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