Introduction

En 1991, des élections législatives en Algérie ont dégénéré en une guerre civile de dix ans qui a coûté la vie à des dizaines de milliers de personnes (60 000 à 150 000 selon les sources). Les sympathisants des deux partis politiques principaux se sont affrontés dans une guérilla sanglante : disparitions forcées, massacres de villages entiers, détentions arbitraires, torture et exécutions extrajudiciaires ont été pratiquées à large échelle, tant par l’armée que par les groupes islamistes armés. En 2006, une loi d’amnistie a jeté un voile sur toutes ces exactions. Obtenir justice est donc devenu impossible : l’impunité a est institutionnalisée en Algérie.

UN Photo ©Evan Schneider Women Algeria

Apporter justice aux victimes

TRIAL International défend depuis 2007 des victimes devant le Comité contre la torture ainsi que le Comité des droits de l’homme des Nations unies. Avec l’appui d’associations locales, l’organisation a notamment saisi les Nations unies pour plus de 20 cas de disparitions forcées commises par les forces de l’ordre algériennes. Ces dossiers concernaient des militants politiques, mais aussi d’innocents particuliers parfois mineurs, enlevés et disparus à jamais pour faire pression sur des membres de leur famille.

L’Algérie a été reconnue responsable dans chacune de ces affaires. L’ONU a enjoint le gouvernement de faire la lumière sur ces disparitions, de poursuivre pénalement les responsables de ces crimes et d’offrir une indemnisation aux proches des disparus.  Pour la première fois en vingt ans, la souffrance des familles des disparus a été prise en compte.

Lutter contre l’impunité

Pour faire reculer l’impunité, TRIAL International s’en prend également directement aux individus qui se seraient rendus coupables, en Algérie, des crimes les plus graves. Puisque l’impunité est institutionnalisée dans ce pays, les victimes tentent d’obtenir justice en s’adressant à d’autres autorités que les leurs : recourant au principe de compétence universelle, l’organisation a ainsi déposé des plaintes pénales contre plusieurs suspects de crimes de guerre ou de torture qui se trouvaient en Suisse.