18 et 22 janvier 2024 – Jours 9 et 11 : Examen des charges de mars 2006 en relation avec la persécution de journalistes
(actes de torture, de séquestration et de violences sexuelles commis en tant que crimes contre l’humanité)
Dans le cadre d’une tentative de coup d’État en mars 2006, Ousman Sonko est accusé, en complicité avec un groupe d’auteur·e·s, d’avoir torturé diverses personnes, dont des membres de l’armée, des politicien·ne·s et des journalistes, de les avoir illégalement privées de liberté, ainsi que d’avoir commis un viol à Banjul, Gambie.
| Le plaignant appelé à témoigner est un journaliste gambien depuis les années 1990. En mars 2006, The Independent a publié plusieurs articles sur la tentative de coup d’État contre le gouvernement de Yahya Jammeh. Le plaignant a été arrêté à la fin du même mois. |
Le plaignant se souvient avoir été arrêté fin mars 2006 par des policiers et des militaires et conduit au poste de police de Kanifing, puis au siège de l’Unité d’intervention de la police (PIU). Sans qu’on lui ait expliqué la raison de son arrestation, il a ensuite été conduit au siège de la National Intelligence Agency (NIA). Là, il a été placé dans une cellule avec un détenu accusé d’avoir participé au coup d’État, qui a visiblement été torturé et qui a affirmé l’avoir été.
Il a été détenu à la NIA jusqu’en avril 2006 et sévèrement battu par les Junglers, dont certains avaient été recrutés par la PIU, comme il l’a appris plus tard. Il a dû endurer de terribles actes de torture jusqu’à ce qu’il s’évanouisse et soit laissé pour mort. Il a subi de graves blessures physiques, en particulier aux mains et à la bouche, symbole de ses activités de journaliste.
Lors d’une visite à la NIA, il a rencontré Ousman Sonko et certains membres du personnel de la NIA.
Lors de sa libération sous caution vers la fin du mois d’avril 2006, il a dû se rendre dans plusieurs hôpitaux. Comme il était clair pour les médecins qu’il avait été torturé, ils n’ont pas voulu lui fournir de traitement médical parce qu’ils avaient peur.
Il a donc fui le pays avec sa femme enceinte pour se rendre au Sénégal.
Il a subi des traumatismes physiques et psychologiques à la suite des événements violents qu’il a vécus. En particulier, il est presque à moitié aveugle, il a des cicatrices dans le dos et fait encore des cauchemars aujourd’hui. Toute sa famille a également été traumatisée, en particulier son fils après avoir vu ses cicatrices.
À The Independent, tout le monde a été persécuté d’une manière ou d’une autre. Malheureusement, la question n’était pas de savoir si quelqu’un allait être arrêté, mais quand. Selon le plaignant, la torture et la tyrannie ont commencé avec le régime de Jammeh.
Confronté à un extrait du dossier dans lequel Ousman Sonko déclare qu’il ne sait pas ce qui lui est arrivé, le plaignant explique qu’il ne croit pas à cette déclaration car la police a participé à son arrestation et à son transfert au siège de la NIA.
À suivre : Poursuite de l’interrogatoire des plaignant·e·s sur les événements de mars 2006 en relation avec la persécution de journalistes.