Jour 17 du procès d’Ousman Sonko : la réponse de la défense

08.03.2024 ( Modifié le : 20.01.2026 )

La défense a soutenu que la Procureure n’avait pas fait une distinction qui était pourtant assez claire d’après le dossier, mais aussi d’après le travail de la TRRC : d’une part, il y avait les pouvoirs qui relevaient de la seule responsabilité du Président, à savoir les Forces armées gambiennes et par conséquent les Junglers qui en étaient issus, ainsi que la NIA. D’autre part, il y avait le gouvernement, ses ministères et son administration. En tant qu’IGP puis ministre de l’intérieur, Ousman Sonko faisait partie de cette dernière.

L’État de droit prévalait en Gambie et les abus étaient limités aux actions d’un groupe informel, les Junglers, d’une part, et d’une certaine unité de la NIA, d’autre part.

Ousman Sonko a dû fuir la Gambie pour sauver sa vie et les menaces qu’il a reçues des Junglers font partie du dossier.

Pour la défense, il n’est toujours pas clair à quel type d’organisation ou à quel plan la Procureure fait référence.

Depuis le début de l’enquête, le Bureau de la Procureure a tenté de créer la confusion, notamment en mélangeant délibérément et sans discernement tous les services de sécurité, en n’informant pas l’accusé des charges retenues contre lui, en limitant son droit d’accès au dossier et en le maintenant dans des conditions de détention dégradantes. De nombreuses violations des droits procéduraux de l’accusé ont été constatées au cours des enquêtes.

La Procureure a voulu faire croire à la Cour qu’Ousman Sonko était le stratège, l’organisateur, le planificateur, etc. mais aucune preuve n’est venue étayer ces allégations. Au contraire, il a été prouvé que certain·e·s des plaignant·e·s ou victimes étaient des criminel·le·s, des putschistes ou des citoyen·ne·s non respectueu·se·x de la loi. Ces personnes n’ont pas été pris pour cible parce qu’elles faisaient partie de la population civile, mais individuellement en réponse à leurs actions.

Il a ensuite été rappelé que l’une des plaignantes, prétendument victime de viols à partir de 2000, manquait de crédibilité. En outre, les Junglers et la NIA étaient les auteurs directs des abus décrits dans l’acte d’accusation, sans l’implication d’Ousman Sonko. En outre, les fonctions de la NIA – comme celles de l’armée – relevant des pouvoirs réservés du président, elles n’ont pas été discutées au sein du gouvernement. Par conséquent, il n’a pas été possible de conclure à une quelconque forme de co-perpétration en ce qui concerne les faits décrits dans l’acte d’accusation. Une fois encore, Ousman Sonko – ni en tant qu’IGP ni en tant que ministre – n’a jamais exercé de contrôle ou d’autorité sur la NIA.

Pour toutes les raisons présentées à la Cour, Ousman Sonko a maintenu toutes ses conclusions.

À suivre : Le dernier mot de l’accusé.