Jour 6 : Examen de la responsabilité d’Ousman Sonko dans l’assassinat de Baba Jobe en 2011

15.01.2024 ( Modifié le : 19.01.2026 )

Ousman Sonko est accusé d’avoir tué intentionnellement Baba Jobe – ancien membre de l’Assemblée nationale – à Banjul en octobre 2011, en complicité avec un groupe d’auteurs.

Ousman Sonko a contesté toutes les accusations portées contre lui en relation avec cet événement. Un témoin a été appelé à la barre à la demande de l’accusation.

 

Le témoin a été gardien de prison (assistant de David Colley, directeur général des prisons, à la prison de Mile 2). Il était chargé de surveiller le prisonnier Baba Jobe, hospitalisé les 28 et 29 octobre 2011.

Selon le procureur fédéral, sur ordre, le témoin a permis à un groupe de Junglers d’accéder à la chambre d’hôpital de Baba Jobe afin qu’ils puissent le tuer. Le témoin dispose également d’informations importantes sur les autorités pénitentiaires qui, à l’époque, étaient directement placées sous la hiérarchie de l’accusé.

Lors de la phase d’enquête, le témoin a été entendu par le Ministère public suisse en mars 2021 en Gambie où il travaillait encore comme gardien de prison.

Selon le Procureur, son audition par la Cour est déterminante dans le cadre de l’examen de la responsabilité d’Ousman Sonko dans le meurtre de Baba Jobe.

 

Le témoin a déclaré que les détenu·e·s étaient ramassé·e·s dans la prison Mile 2, principalement par des Junglers, et emmenés à la NIA pour y être torturés. Invité par la Cour à décrire l’état et l’apparence des détenus ramenés à la prison, le témoin a répondu qu’il était visible qu’ils avaient été torturés.

Le témoin a également déclaré que David Colley, son supérieur, fournissait des rapports quotidiens à Ousman Sonko tous les matins par téléphone.

En octobre 2011, David Colley demande au témoin de garder Baba Jobe, qui est hospitalisé. David Colley informe alors le témoin que des hommes vont arriver et qu’il doit leur donner accès à Baba Jobe. Le témoin explique ensuite que des Junglers sont entrés dans la chambre d’hôpital de Baba Jobe et l’ont étouffé. Bien qu’il n’ait pas pu confirmer que ces instructions provenaient directement d’Ousman Sonko, le témoin a maintenu que le ministre de l’Intérieur devait être informé de toute action ou décision prise par Colley.

Même si l’accusé a confirmé qu’il avait autorité sur David Colley, il a nié avoir eu des appels téléphoniques réguliers et quotidiens avec lui. En outre, il n’a pas admis avoir donné à Colley l’ordre d’assassiner Baba Jobe. Ousman Sonko a confirmé que c’est ce dernier qui l’avait informé de la mort de Baba Jobe.

L’accusé a déclaré que David Colley avait une relation particulière avec le Président. De ce fait, il s’adressait directement à lui, sans passer par le ministère de l’Intérieur. C’est d’ailleurs le témoin qui venait parfois voir l’accusé pour l’informer des ordres qu’il recevait de la maison d’État.

Selon l’accusé, la victime n’était pas un prisonnier politique mais un criminel condamné pour des délits financiers.

À suivre: la Cour examinera les faits liés à l’arrestation et à la torture de manifestants en avril 2016.