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Un militaire torturé en détention obtient justice

03.06.2016 ( Modifié le : 16.03.2017 )

Marc (nom d’emprunt) était gradé dans l’armée burundaise et père de deux enfants. Il a été arrêté en même temps que nombre de ses collègues, faussement accusé d’avoir fomenté un coup d’Etat.

Marc a nié ces allégations pendant des heures. Mais ses geôliers n’ont pas renoncé et ont recouru à la torture pour lui faire « avouer » les faits : coups de chaise, de crosses de pistolet et de ceinturon, insultes et simulacres d’exécution – ce qui équivaut à de la torture psychologique. Meurtri et terrifié, la victime a « avoué » les crimes dont il était accusé.

Un autre détenu, se souvient de Marc au terme de son calvaire : « Il était assis sur une chaise et était menotté.. Son corps était ensanglanté. (…) Il avait des blessures au niveau de la tête, très visibles étant donné qu’il n’avait pas de cheveux. Il avait des marques de cordes au niveau des biceps. Il montrait des signes de souffrances et fatigue mais était conscient. Il avait manifestement fait l’objet de graves tortures lors de son interrogatoire. »

Après des mois d’incarcération et de maltraitances, Marc est enfin comparu pour les crimes dont il était accusé. Il a dénoncé devant la cour les tortures qu’il avait subi et expliqué les circonstances dans lesquelles il avait signé sa déclaration. Malgré cela, il a été condamné à près de 3 ans de prison.

Procédure

Lorsque Marc a été libéré en 2012, aucune enquête n’avait été ouverte. Les menaces répétées ne l’ont pas empêché de dénoncer ses traitements et d’interpeller le pouvoir judiciaire. La victime était sortie très faible de son incarcération, souffrait encore des séquelles et se trouvait très démuni financièrement. Sa femme et ses enfants ont dû provisoirement quitter le Burundi pour leur propre sécurité.

Plusieurs ONG internationales se sont jointes à la cause de Marc, mais les autorités n’ont donné aucune suite à leurs démarches. C’est pourquoi TRIAL International s’est saisie de l’affaire en 2013 et l’a porté devant les Nations Unies.

En 2015, celles-ci ont reconnu les violations subies par Marc et la responsabilité de l’Etat burundais dans l’affaire. Malheureusement, la victime n’aura pas profité longtemps de cette victoire. Marc est décédé en 2016, avant que les réparations prévues par les Nations Unies lui soient versées.

 

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