Arraché à sa famille et privé d’un enterrement digne

06.06.2016 ( Modifié le : 28.02.2019 )

Jules (nom d’emprunt), marié et père de quatre enfants, était un membre de longue date du Front national de libération (FNL), un parti de l’opposition.

En 2010, une crise post-électorale a touché le pays, résultant en une détérioration de la sécurité des opposants politiques et une recrudescence des pratiques d’exécutions extrajudiciaires.

C’est à ce moment-là que Jules a commencé à faire l’objet de persécutions et de menaces de la part de la police nationale burundaise et des services de renseignements.

Ces intimidations se sont intensifiées jusqu’en 2012 où, craignant pour sa vie, Jules a été contraint de vivre caché. Malgré ces précautions, il est tombé dans un piège, tendu par un ami de longue date, la même année et a été enlevé, torturé, puis exécuté.

Son corps décapité a été retrouvé, portant des marques de torture. Sa famille n’a pas pu voir sa dépouille ni même lui organiser un enterrement digne.

Procédure

Dès l’annonce du décès de Jules, de nombreuses ONG se sont mobilisées pour que justice soit rendue.

L’information a aussi été largement relayée par les médias. Face à ce raz-de-marée, les autorités burundaises ont dit avoir ouvert une enquête.

Mais jusqu’à ce jour, la famille de la victime n’a jamais été entendue et aucun résultat n’a été communiqué.

La famille de Jules vit toujours dans une situation sécuritaire préoccupante, car elle pourrait faire, à tout moment, l’objet de représailles de la part des bourreaux de Jules.

Puisque la justice nationale ne semble pas être en mesure de faire avancer cette affaire, TRIAL International et d’autres ONG ont saisi une instance internationale de protection des droits humains.

Elles demandent, entre autres, que la responsabilité du Burundi soit reconnue dans l’exécution de Jules, et que la famille de la victime se voit octroyer une réparation appropriée, incluant notamment des mesures de compensation et de réhabilitation.

L’affaire est actuellement en cours.

En décembre 2018, l’affaire a été déclarée recevable par la CADHP.