Introduction

Malgré la fin de la guerre civile en 2006, les cas de torture, les exécutions extrajudiciaires et les détentions arbitraires restent d’actualité au Burundi. Les dysfonctionnements du système judiciaire, le climat d’impunité et la crainte des représailles sont les principaux obstacles à l’accès des victimes à leurs droits. TRIAL accompagne depuis 2011 les victimes de graves violations des droits humains dans leur quête de justice.

Depuis son indépendance en 1962, le Burundi a connu plusieurs coups d’état et de violents affrontements entre la majorité hutue et la minorité tutsie. L’assassinat en 2003 par l’armée, sous contrôle tutsi, du premier président élu démocratiquement, M. Melchior Ndadaye (un hutu), a déclenché une guerre civile qui a duré jusqu’en 2006 et a coûté la vie à plus de 300 000 civils. Un accord de cessez-le-feu avait été signé en 2000 entre le gouvernement et les principaux groupes rebelles, mais le refus d’adhérer au processus de paix de deux factions hutus avait entraîné une intensification des violences.

En 2006, le dernier groupe rebelle actif, les Forces Nationales de Libération (FNL), a signé un cessez-le-feu avec le gouvernement, marquant ainsi la fin officielle de la guerre civile burundaise. Malgré cela, de nouveaux cycles de violences et de graves violations des droits humains ont assombri les élections de 2010 et 2015.

Le système juridique burundais n’apporte toujours pas de réponse efficace pour punir les violations passées et présentes des droits humains, ni pour prévenir les violations futures. Dans ce contexte,  le processus de paix ne peut pas se consolider de manière durable et les mécanismes de justice transitionnelle peinent à s’implanter.

Apporter justice aux victimes

La mission de TRIAL International au Burundi est d’améliorer l’accès aux juridictions régionales et internationales des victimes de crimes internationaux. L’organisation offre ainsi un soutien juridique gratuit à de nombreuses victimes de torture, d’exécutions extrajudiciaires et de détention arbitraire, quelles que soient leur origine, ethnie, langue, religion ou genre.

Au Burundi, TRIAL International défend principalement les victimes de crimes internationaux devant trois juridictions : le Comité contre la torture des Nations unies, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples  et le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire.

Lutter contre l’impunité

TRIAL International lutte pour que les auteurs des crimes les plus graves commis au Burundi soient traduits en justice. Elle mandate à cet effet des avocats locaux pour représenter les intérêts des victimes de crimes internationaux ou de leurs proches. Ces avocats burundais déposent des plaintes auprès des juridictions nationales contre les responsables présumés de ces crimes.

©Phil Moore_BDI_Burundi_2587b

Former les défenseurs des droits humains

Afin d’améliorer durablement la qualité du système judiciaire, TRIAL vise également à renforcer les capacités des acteurs locaux. Elle accompagne des avocats, juristes et défenseurs des droits de l’homme vers une action autonome et coordonnée contre l’impunité.

Concrètement, TRIAL International fournit à la société civile burundaise des outils pratiques leur permettant de :

  • documenter les violations graves des droits humains
  • représenter les victimes de ces violations au niveau national, régional et international
  • inciter les autorités à mettre en œuvre les décisions des instances internationales et régionales de protection des droits humains

Plaider en faveur d’une plus grande justice

Le plaidoyer complète l’action de TRIAL International au Burundi. En partenariat avec un solide réseau de partenaires issus de la société civile, l’ONG soumet aux acteurs de la communauté internationale des rapports et des recommandations sur la situation des droits humains au Burundi : Comité des droits de l’homme et Comité contre la torture des Nations unies, Union africaine, etc.

Le but de ces actions est de faire pression sur les autorités burundaises pour qu’elles respectent les standards internationaux en matière de droits humains.

Infos sur le pays - 2017
40
professionnels du droit formés
31
victimes soutenues
6
nouvelles affaires au niveau international