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Burundi : une « crise normalisée » ?

24.01.2017 ( Modifié le : 25.01.2017 )

Un op-ed de Pamela Capizzi

Le pays n’a montré aucun signe d’amélioration en 2016, pérennisant une situation délétère pour les droits humains.

Par définition, une crise est un état transitoire. Mais au Burundi, la « crise » dure depuis près de 2 ans et semble tout sauf transitoire. La répression généralisée est bien là pour durer.

En 2016, la situation politique au Burundi n’a montré aucun signe d’amélioration. Au contraire, les autorités burundaises se sont enferrés dans leurs positions et ont coupé progressivement les ponts avec la communauté internationale. Parmi les exemples les plus éclatants, citons la désertion de l’examen du Comité contre la torture et le retrait de la Cour pénale internationale.

Ces gestes politiques ont été accompagnés d’un rétrécissement considérable de l’espace démocratique déjà réduit. Après la suspension de nombreuses associations de la société civile fin 2015, le Burundi en a suspendues d’autres en 2016. Privée de leur assistance, les victimes d’abus se trouvent encore plus démunies.

Parallèlement, les médias indépendants ont été réduits au silence à coups de menaces et d’attaques. L’exode des journalistes et des défenseurs des droits humains n’a fait que s’amplifier : ils sont maintenant des dizaines à vivre en exil.

Les violations des droits humains sont à l’ordre du jour. Selon les plus récentes estimations de l’ONU, « plus d’un millier de personnes ont été tuées. Des milliers auraient été torturés, (…) des centaines de personnes auraient disparu, et des milliers auraient été illégalement détenus ».

Encore pire, ces violations demeurent largement impunies. Le Burundi ne poursuit ni les violations passées ni présentes. Dès lors, l’Etat est incapable de prévenir les abus futurs, condition pourtant nécessaire à un processus de paix et de justice transitionnelle.

TRIAL poursuit son action malgré tout

En 2016, TRIAL International a continué d’ébrécher la « culture d’impunité » prévalant au Burundi. 33 victimes directes ou familles de victimes ont été accompagnées gratuitement dans leur quête de justice. 54 avocats ont suivi des formations de TRIAL International sur les droits humains afin de faire face à cette crise.

Malgré les nombreux défis que cette situation engendre, notamment sur le plan sécuritaire, TRIAL poursuivra son action au Burundi. Ma propre expulsion du pays n’arrêtera certainement pas notre action : TRIAL restera fermement aux côté des victimes.

Pamela Capizzi, Conseillère juridique
@PamelaCap1

 

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