Joint Bulletin – « Make Justice Work » dans le procès de Roger Lumbala
Le 15 décembre 2025, la Cour d’assises de Paris a déclaré l’ancien homme politique et chef militaire Roger Lumbala coupable de complicité de crimes contre l’humanité commis en République démocratique du Congo (RDC). Les cinq semaines d’audiences du procès Lumbala ont réuni 65 témoignages (dont ceux de plus de 20 survivant·es congolais·es), 30 témoins (dont des enquêteurs des Nations Unies, des journalistes et des expert·es) et 35 parties civiles (dont des organisations de la société civile, telles que TRIAL International).
Le verdict contre Lumbala est historique en ce qu’il remet en cause plus de deux décennies d’impunité.
Lumbala est le premier ressortissant congolais à être jugé devant un tribunal national pour des crimes contre l’humanité commis durant la Deuxième guerre du Congo (1998-2003), et il s’agit du premier cas de compétence universelle en France lié à des événements survenus en RDC. En condamnant Lumbala, la juridiction française a réaffirmé un principe fondamental : les crimes les plus graves ne connaissent pas de frontières.
Les charges portaient sur des actes de meurtre, torture, viol, esclavage sexuel, asservissement par le travail forcé, pillage et autres actes inhumains commis contre des civils. Nombre des attaques ont été perpétrées dans les régions de Mambasa, Beni, Epulu et Mandima (dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu). Cette région, profondément marquée par les conflits, est celle où vivent encore aujourd’hui la majorité des victimes identifiées.
« Nous avions peur, mais nous avons fait tout ce chemin parce que la vérité compte. Pendant des années, personne ne nous a entendus. Aujourd’hui, la Cour l’a fait. Nous aurions préféré faire face à Roger Lumbala, le regarder dans les yeux. Mais ce verdict marque un premier pas vers la reconquête de fragments de nous-mêmes qui nous avaient été arrachés. » — David Karamay Kasereka et Pisco Sirikivuya Paluku, survivants ayant témoigné lors du procès Lumbala
À travers des reportages communautaires, un travail de médias et un dialogue avec les survivant·es, Impunity Watch et TRIAL International ont cherché à combler le fossé entre une salle d’audience à Paris et des communautés dans l’est de la RDC. Nous avons collaboré pour améliorer l’accès à l’information des communautés congolaises affectées par les crimes jugés dans le procès Lumbala.
Dans ce bulletin conjoint, découvrez les réflexions des survivant·es et des communautés congolaises affectées, ainsi que les enseignements que nous avons tirés sur l’importance de relier justice formelle et justice informelle pour « make justice work ».
Cliquez sur le bulletin conjoint ci-dessous pour le lire dans son intégralité.
Le communiqué conjoint, le soutien apporté au procès et le processus de signalement par la population ont été assurés par l’Initiative mondiale contre l’impunité, un consortium d’organisations de la société civile financé par l’Union européenne. En savoir plus.






