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Pas d’impunité pour les violences sexuelles au Burundi

01.06.2018

En novembre 2017, l’équipe de TRIAL International a effectué une mission de documentation au Rwanda. Le but : identifier des cas de violences sexuelles perpétrés au Burundi durant la crise déclenchée en avril 2015.

L’équipe de TRIAL s’est entretenue avec 41 victimes dont 28 femme et 13 hommes. Trois victimes étaient mineures au moment des faits ; la plus jeune avait 11 ans et la plus vieille 53 ans.

 

Faits similaires

La majorité des crimes documentés ont été commis entre avril et décembre 2015 et présentent des similitudes en fonction du sexe de la victime :

  • Les femmes étaient pour la plupart à leur domicile lorsqu’elles ont subi des viols répétés, souvent accompagnés d’insultes, de menaces et de coups.
  • Les hommes ont généralement subi des violations suite à leur arrestation : lors d’interrogatoires ou dans un lieu de détention, officiel ou non. Tous ont subi des tortures à caractère sexuel au mode opératoire similaire.

Dans la grande majorité des cas, les victimes ont été ciblées en raison d’une opposition au régime présumée ou avéré. Ainsi elles ont été agressées du fait de leur activisme politique, leur participation aux manifestations anti-troisième mandat, l’opinion politique de leur famille, leur domiciliation dans les quartiers dit « contestataires » ou des liens présumées avec des groupes armés d’opposition.

Invariablement, les crimes ont été commis par des agents étatiques ou par des individus sous leur égide. Dans la majorité des cas, les exactions subies ont été le fruit d’une action coordonnée entre les Imbonerakure (la ligue des jeunes du parti au pouvoir) et des membres des corps de défense et de sécurité, à savoir des agents de la police, du SNR, ou encore de l’armée.

 

Des rapports pour dénoncer les violations

TRIAL International a décidé de porter la voix des survivants de violences sexuelles auprès d’acteurs clé de la communauté internationale en leur présentant les résultats de la mission de documentation.

Ainsi des rapports adaptés aux mandats des organisations contactées ont été envoyés à la Commission d’enquête sur le Burundi, la Rapporteuse spéciale sur la violence contre les femmes, ses causes et ses conséquences, la Rapporteuse spéciale sur les droits des femmes en Afrique ainsi que d’autres experts en matière de violences sexuelles et basées sur le genre.

« Les violences sexuelles sont trop souvent sous-documentées et sous rapportées car un grand tabou subsiste sur le sujet. Par ces rapports, nous espérons une prise de conscience et un plus grand engagement de la communauté internationale en faveur des victimes » conclut Pamela Capizzi, reponsable du programme Burundi, « il est temps de mettre un terme aux violations et à l’impunité des responsables. »

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