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Incarcéré, menotté et privé de nourriture pendant 4 jours

06.06.2016 ( Modifié le : 16.03.2017 )

Sidoine (nom d’emprunt) était veilleur de nuit dans un hôpital. Une nuit, deux véhicules conduits par des agents municipaux se sont présentés devant les urgences. Sans explications, ils ont jeté à terre deux jeunes hommes blessés, apparemment à la suite d’une altercation. Alors qu’il demandait des détails sur la prise en charge de ces patients, Sidoine a été giflé par les agents qui conduisaient les véhicules. Il a alors tenté de s’enfuir, mais a été rattrapé et passé à tabac. Craignant sans doute que d’autres personnels médicaux n’arrivent en renfort, les auteurs ont empoigné Sidoine, alors à demi-conscient, et l’ont fait monter de force dans leur véhicule. La victime a perdu connaissance en route.

Sidoine a été maintenu en détention pendant quatre jours. Menotté pendant 32 heures sans interruption, contraint de partager sa cellule avec 40 autres détenus, il n’a reçu aucun soin pour les blessures infligées. Sa seule nourriture a été celle apportée par ses collègues qui lui rendaient visite. Ce sont aussi les collègues de Sidoine qui ont alerté les médias sur son sort, mais les dénonciations publiques ont rapidement été tues sous les pressions des autorités locales.

A sa sortie de prison, un mois d’hospitalisation a été nécessaire à Sidoine pour recouvrer une meilleure santé – celle-ci est toutefois restée mauvaise depuis lors. Il n’a jamais retrouvé totalement l’usage de ses jambes, malgré les soins et une opération chirurgicale.

Procédure

A sa libération, la victime a tenté d’obtenir justice. Trois tentatives auprès de trois institutions différentes sont restées lettres mortes : les autorités burundaises n’ont rien voulu entendre des tortures qu’il avait subi. Au vu du battage médiatique sur l’affaire, il est pourtant probable que les autorités judiciaires et politiques aient eu connaissance de son sort.

Dix-huit mois d’inertie de la justice nationale ne laissait qu’une seule solution : un recours au niveau international. En 2012, assisté par TRIAL International, Sidoine a saisi les Nations Unies, leur demandant de reconnaitre les tortures qui lui ont été infligées et son droit à des réparations.

En 2014, les Nations Unies ont appelé l’Etat burundais à ouvrir une enquête sur les maltraitances dont Sidoine a fait l’objet. La nature délibérée des coups infligés, l’absence de nourriture et les conditions de détention épouvantables ont toutes été reconnues.

Suite à cette décision, les autorités burundaises ont ouvert une enquête. La procédure est actuellement en cours.

 

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