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En RDC, un accompagnement au plus près des victimes 

21.08.2020 ( Last modified: 26.08.2020 )

Pour informer les populations les plus isolées, de nombreuses organisations congolaises n’hésitent pas à se rendre au cœur des zones de conflit. Faisant preuve d’un courage et d’une détermination sans faille, elles sont le maillon crucial entre les victimes et le système judiciaire. Trois organisations qui collaborent étroitement avec TRIAL International en RDC expliquent leur travail quotidien.

TRIAL International et ses partenaires de La Ligue des activistes des droits de l’homme (LADHO), lors d’une mission en RDC. ©Lorraine Hauenstein /TRIAL International

La Ligue des activistes des droits de l’homme (LADHO), le Centre d’espoir pour les droits humains (CEDH) et le Centre africain pour la paix, la démocratie et les droits de l’homme (ACPD) sont trois organisations « relais » de TRIAL International au Sud Kivu. Issues de la société civile locale, elles sont les mieux placées pour entrer en contact avec les populations et identifier leurs besoins de justice. Elles complémentent ainsi l’expertise juridique de TRIAL pour leur offrir les meilleures chances de justice.

Le mandat de ces organisations court de la dénonciation des abus jusqu’au terme de la procédure juridique – et souvent même après. Identifier les victimes et les témoins, les informer sur leurs droits, favoriser leur participation aux procès, les maintenir informés tout au long du processus… la tâche est immense, surtout au vu de l’instabilité sécuritaire et de l’isolement de certains villages. C’est pourquoi toutes les organisations travaillent en synergie. « Les organisations défenseuses des droits humains sont nombreuses en RDC » résume Léonard Mutumoyi, coordinateur à l’ACPD. « La confiance mutuelle est un atout majeur dans notre travail. »

 

Informer au sein même des communautés

Les trois organisations se rendent physiquement dans les villages où ont été commises les atrocités pour rencontrer les victimes. La clinique juridique mobile de LADHO, par exemple, mène des réunions de sensibilisation dans la paillotte du chef coutumier. Le CEDH informe également de manière collective, souvent dans des églises ou des écoles pour toucher le plus grand nombre.

L’ACPD, au contraire, privilégie l’information individuelle « pour permettre à chaque victime de poser librement ses questions et garantir la confidentialité. » Un équilibre délicat à trouver compte tenu de l’ampleur des crimes et des moyens limités.

 

La gratuité, nécessaire mais problématique

Car la condition sine qua non de leur accompagnement est sa gratuité. Le CEDH, LADHO et l’ACPD s’accordent sur ce point : la justice doit être accessible à tous et ne saurait être conditionnée aux ressources des victimes.

C’est pourquoi les membres de ces trois organisations sont presque tous bénévoles. La prise en charge des victimes et leur représentation par des avocats sont financées par des organisations telles que TRIAL ou par des dons privés.

Malgré cela, les organisations dénoncent unanimement l’insuffisance des moyens financiers pour les besoins. « Parfois, les plans d’activités établis avec les victimes ne se concrétisent pas faute de ressources » regrette Gentil Akilimali, représentant du CEDH. De même, Akilimali Kubali, Directeur de LADHO explique que leur clinique juridique mobile n’est pas pourvue d’un véhicule. Chaque déplacement dans les villages reste une épreuve.

 

Ne pas négliger l’accompagnement humain

Bien que leur mandat soit l’information juridique, toutes les organisations insistent sur le soutien holistique aux victimes. Un accompagnement prend parfois des dimensions très concrètes. « Nous prenons en charge tous les déplacements aux séances d’informations ou aux audiences, ainsi que l’hébergement et la nourriture de nos bénéficiaires » explique Akilimali Kubali. « Pour nombre d’entre eux, un long voyage ou une nuit hors du village sont tout simplement trop cher. Si nous ne le couvrions pas ces frais, la justice resterait de fait hors de leur portée. »

Enfin, les organisations locales conservent des liens bien après la fin des procès. Le CEDH aide les femmes victimes de violences sexuelles à se réinsérer dans ses « paillottes de la paix ». De la même manière, l’ACPD continue son suivi jusqu’à l’obtention de réparations.

Gentil Akilimali conclut : « Dès que nous entrons en contact avec elles, les victimes veulent s’assurer de la pérennité de notre action, autrement dit combien de temps nous resterons à leurs côtés. L’accompagnement de long terme est crucial pour redonner confiance et dignité à nos bénéficiaires. »

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