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Suisse: une plainte pour torture contre le procureur général du Bahreïn

15.09.2015 ( Modifié le : 12.07.2017 )

Berlin/Genève/Londres, 15 Septembre 2015 – Décharges électriques, coups répétés sur la plante des pieds, détention au secret : ceux qui cautionnent de tels actes de torture peuvent et doivent voir leur responsabilité pénale engagée – ici ou ailleurs. Jaafar Al-Hasabi, citoyen britannique né au Bahreïn, a déposé une plainte pénale pour torture auprès des autorités de poursuite du canton de Berne (Suisse) contre le Procureur général du Bahreïn, M. Ali Bin Fadhul Al-Buainain. Cela coïncide avec la visite en Suisse de ce dernier pour une conférence de l’Association Internationale des Procureurs, dont il est candidat à la vice-présidence lors d’élections ayant lieu le 16 septembre.

M. Al-Hasabi a été détenu et torturé en 2010 au Bahreïn. Malgré les inquiétudes exprimées par les Nations Unies sur sa détention au secret et les risques de tortures qu’il encourait, le bureau du procureur général du Bahreïn a prolongé a deux reprises la détention. Aujourd’hui résident à Londres, Al-Hasabi a déposé une plainte auprès des autorités de poursuite du canton de Berne avec le soutien de 4 ONG : le European Centre for Constitutional and Human Rights (ECCHR) basé à Berlin, REDRESS et le Bahraini Institute for Rights and Democracy (BIRD) basés à Londres, ainsi que TRIAL (Track Impunity Always) à Genève.

Les ONGs appellent les autorités suisses à ne pas utiliser de prétextes diplomatiques, politiques ou économiques et appellent le procureur général du canton de Berne à ouvrir une enquête, comme le prévoit la Convention contre la torture, à laquelle la Suisse est partie.

 » C’est une occasion pour les autorités suisses de prouver qu’elles prennent au sérieux la Convention des Nations Unies contre la torture et d’appliquer leur législation pénale en conséquent : l’arrestation du procureur général bahreïni, ainsi que l’ouverture d’une enquête sur cette affaire, constitueraient des messages clairs contre la torture et en faveur du principe de compétence universelle « , a affirmé Wolfgang Kaleck, le Secrétaire général d’ECCHR.

 » Le Bahrein soutient la pratique de la torture depuis trop longtemps en refusant d’en tenir quiconque responsable. Les autorités suisses ne devraient pas elles aussi se soustraire à leur obligation d’ouvrir des enquêtes sur les personnes relevant de leur juridiction pour leur rôle dans ces pratiques abjectes », a ajouté Sayed Alwadaei, Advocacy Director pour BIRD.  » La torture à laquelle a été soumis Al-Hasabi est effroyable. Quiconque en étant potentiellement responsable devrait être traduit en justice, où qu’il soit, et toute opportunité de poursuivre de telles personnes devrait être vigoureusement saisie « , a affirmé la directrice de REDRESS Carla Ferstman.

Si les autorités suisses manquent à leur obligation d’ouvrir une enquête contre Al-Buainain, Al-Hasabi et les organisations le soutenant – ECCHR, REDRESS, BIRD and TRIAL – seront en mesure de contester une telle décision devant les juridictions compétentes.

Pour plus d'informations sur le Bahreïn : http://www.ecchr.eu/<wbr></wbr>en/our_work/international-<wbr></wbr>crimes-and-accountability/<wbr></wbr>bahrain.html
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