Affaire I.V.

03.06.2016

Affaire I.V.

I.V. était un jeune burundais investi en politique, militant actif d’un parti d’opposition. Suite à une campagne électorale, où il avait ouvertement montré son soutien au parti, I.V. a commencé à recevoir des coups de fil anonymes le menaçant explicitement de mort : « Il te reste très peu de temps à vivre », etc. Terrifié, la victime a abandonné ses études et s’est éloigné de ses amis. Il a vécu reclus chez lui pendant des semaines, craignant pour sa vie.
Pourtant, en 2012, I.V. est sorti de chez lui pour rejoindre une connaissance. Il s’est rapidement avéré qu’il s’agissait d’un piège, car des proches l’ont vu se faire enlever par des policiers en uniforme. Quelques jours plus tard, son corps sans vie a été retrouvé dans la campagne voisine.
Le Procureur local a immédiatement ordonné aux autorités compétentes d’ouvrir une enquête, une demande largement soutenue par plusieurs ONG. Malgré cela, des années après les faits, aucune enquête n’a été ouverte et la famille de I.V. n’a jamais connu la vérité sur son exécution sommaire.
En 2015, face à cette situation manifeste d’impunité, TRIAL s’est saisi du dossier et l’a porté devant un institution de protection des droits humains. Dans sa plainte, elle allègue que le meurtre de M. I.V. constitue entre autres une violation de son droit à la vie, à la non-discrimination, à sa liberté et à sa liberté d’opinion.