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Au Népal, des policiers/ères responsables de la mort d’un enfant restent impuni/e/s

02.07.2021 ( Modifié le : 15.07.2021 )

La répression violente d’un rassemblement dans le district de Rupandehi a entraîné la mort de Chandan Patel, âgé de quatre ans. Malgré les efforts de sa famille depuis un an, aucune enquête n’a été ouverte contre les policiers/ères responsables de ce crime. TRIAL International et ses partenaires ont porté l’affaire devant le Comité des droits de l’homme des Nations Unies. 

Chandan Patel, un petit garçon de quatre ans, a été tué lors d’une manifestation le 15 septembre 2015. Le personnel de sécurité responsable de ce décès n’a jamais fait l’objet d’un procès ni même d’une enquête. ©Niranjan Shrestha/TRIAL International

Le 15 septembre 2015 en fin d’après-midi, dans la ville de Gonaha (district de Rupandehi), Mme Anita Devi Kurmi a emmené ses deux enfants au marché : Chandan Patel, quatre ans, et Khushi Kumari, six ans. À cette époque, la ville était le théâtre de grèves et de manifestations. Des agent/e/s de sécurité étaient stationné/e/s aux quatre coins de la ville.

Un incident près du marché a créé un attroupement, auquel se sont joints Mme Devi Kurmi et ses enfants. L’incident était sans gravité et les badauds n’étaient pas des militant/e/s politiques. Mais les forces armées, déjà à cran, ont pris ce rassemblement pour une manifestation et ont ouvert le feu sur la foule en tirant des gaz lacrymogènes, puis à balles réelles, sans discernement. Les tirs ont duré une demi-heure. Aucun avertissement ou mise en garde verbale n’a été émis.

En entendant les coups de feu, Anita Devi Kurmi, Chandan et Khushi ont couru se cacher dans une maison voisine. Alors qu’ils/elles couraient, Chandan a été touché à la tête par une balle. Lorsqu’elle a découvert sa blessure, Mme Devi Kurmi, ne sachant que faire, a emmené le garçon chez son mari, M. Awdhesh, qui travaillait dans une usine voisine.

Vers 18 heures, M. Awdhesh a emmené Chandan à l’hôpital. Ils ont été arrêtés plusieurs fois en chemin par le personnel de sécurité, qui bloquait les routes pour contenir les protestations. Le trajet, qui aurait normalement pris 15 minutes, a duré 1 heure et demie. À l’hôpital, les médecins ont déclaré que Chandan était mort sur le chemin de l’hôpital.

 

Les violences policières restent impunies

Les tirs à Gonaha ont entraîné la mort de six civils autour du marché et même à l’intérieur des maisons. Aucun d’entre eux/elles ne participaient aux manifestations. Les dirigeant/e/s politiques locaux/ales et les défenseurs/euses des droits humains qui avaient suivi les événements ont demandé à la police nationale d’admettre que Chandan et les autres victimes avaient été tué/e/s pendant les manifestations ce jour-là. Malgré cela, le personnel de sécurité responsable de ces décès n’a jamais fait l’objet d’un procès ni même d’une enquête.

De 2015 à 2019, la famille de Chandan a tenté d’obtenir justice au niveau national. Toutes leurs tentatives ont échoué. Le 10 juin 2021, TRIAL International, le Human Rights and Justice Centre de Katmandou et la Terai Human Rights Defenders’ Alliance ont soumis le cas au Comité des droits de l’homme des Nations Unies.

Cet article a été produit avec le soutien financier de l’Union européenne. Son contenu est la seule responsabilité des auteurs et ne reflète pas nécessairement les positions de l’Union européenne.

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