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Bosnie-Herzégovine : Le négationnisme n’a pas sa place dans la sphère publique

25.02.2020 ( Modifié le : 26.02.2020 )

Alors que la négation du génocide, de la Shoah, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre sont véhiculés par une part croissante de la classe politique en Bosnie-Herzégovine (BiH), il est temps d’interdire ce type de discours dans la sphère publique. TRIAL International et ForumZFD ouvrent le débat en publiant un nouveau rapport, que les deux organisations ont présenté à Sarajevo le 25 février 2020.

En Bosnie-Herzégovine, il est courant que les crimes de guerre soient niés, minimisés, voire justifiés, dans le discours public. Leurs auteurs – quand bien même ceux-ci ont été condamnés – sont glorifiés publiquement sans qu’aucune sanction ne soit prise. Les rhétoriques nationalistes qui font l’apologie de ces crimes et de leurs auteurs sont plus répandues que jamais, au point de dominer l’espace public. A tel point que certaines élites politiques de premier plan osent ouvertement les soutenir.

 

Le négationnisme n’est pas une fatalité

ForumZFD et TRIAL International sont convaincus que les discours qui attisent la haine n’ont pas leur place dans la sphère publique, et que le négationnisme doit être sanctionné par un cadre juridique. Les deux organisations publient « Calling War Atrocities by their Right Name », un rapport pour initier un dialogue sur l’importance d’encadrer la parole publique, lorsqu’il s’agit des crimes les plus graves. Une table ronde en présence de l’auteure du rapport, de membres de la faculté de droit de Sarajevo et d’associations ainsi que du directeur du Balkan Investigative Reporting Network a réuni plus de 100 personnes le 25 février 2020.

« ForumZFD et TRIAL International souhaitent attirer l’attention sur ces faits malheureusement quotidiens dans notre société et encourager une conversation constructive sur ce sujet. Le discours public doit changer radicalement », a déclaré Selma Korjenić, la responsable du bureau de TRIAL International en BiH. En novembre de l’année dernière, elle s’était déjà exprimée sur cette thématique lors de son allocution devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies.

 

Pas d’impunité pour les discours haineux

Une législation qui interdirait et sanctionnerait la négation du génocide, de la Shoah, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre permettrait de lutter contre cette culture de l’impunité bien implantée.

« Nous sommes convaincus que toute société doit faire face à son passé, aussi douloureux soit-il. Cependant, cela ne suffit pas, car même lorsque des crimes de guerre font l’objet de procès, l’existence de ces crimes est niée en public. C’est ainsi que le conflit se poursuit », a déclaré pour sa part Judith Brand, Directrice de l’ONG ForumZFD en Bosnie-Herzégovine. Elle a ajouté que le travail concerté dans les domaines de l’éducation, de la culture, des médias et de l’activisme est fondamental pour traiter cette question de manière adéquate.

 

Consultez le rapport dans son intégralité (en anglais)

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