Pillage de bois de rose au Sénégal et en Gambie: Les autorités suisses ont ouvert une enquête pénale

17.06.2022

Pillage de bois de rose au Sénégal et en Gambie : Les autorités suisses ont ouvert une enquête pénale

Selon une information de la RTS, le Ministère public de la Confédération (MPC) a demandé l’entraide judiciaire internationale à la Gambie dans une affaire de pillage de bois de rose impliquant un homme d’affaires suisse, Nicolae Bogdan Buzaianu, qui s’était lié dans ses affaires avec l’ancien président gambien Yahya Jammeh.

Bois de rose

En juin 2019, TRIAL International avait saisi le MPC d’une dénonciation pénale à l’encontre de cet individu. L’organisation le soupçonnait de pillage, un crime de guerre selon le droit suisse. TRIAL International salue l’ouverture de l’enquête pénale et la demande d’entraide adressée à la Gambie, en espérant que l’enquête pourra rapidement aller de l’avant.

Selon l’épais dossier adressé au MPC, l’entreprise Westwood fondée par cet homme d’affaires et l’ancien président Yahya Jammeh était impliquée dans l’exploitation illégale et l’exportation du précieux bois de rose en Casamance de 2014 à 2017, étant précisé qu’il s’agit d’une espèce protégée. Durant plusieurs décennies, de grandes zones de cette région étaient en conflit et sous le contrôle de groupes armés séparatistes. L’exploitation illégale de ressources naturelles dans des zones en conflit peut ainsi être considérée comme un acte de pillage, qui est un crime de guerre selon le droit international et le droit suisse.

Cette instruction pénale est la troisième ouverte par le MPC suite à des investigations menées et des dossiers déposés par TRIAL International contre des acteurs économiques suspectés de pillage. Les deux autres affaires pénales concernent le commerce illégal de minéraux dans l’est de la République démocratique du Congo d’une part, le pillage de gasoil libyen de l’autre. Pour TRIAL International, ces affaires ont non seulement le potentiel de mener à des décisions de justice qui clarifieraient les obligations au regard du droit international humanitaire des acteurs économiques œuvrant dans des zones de conflit ou des territoires occupés. Elles permettraient également de mettre fin à l’impunité quasi généralisée des acteurs économiques qui saccagent l’environnement et participent illicitement à l’exploitation de ressources naturelles, en alimentant ainsi les causes des conflits.

Pour voir ou revoir le reportage , »Trafic de bois, les criminels de l’environnement », diffusé dans Temps présent, le 16 juin sur la RTS :

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