La disparition d’un ressortissant burundais non élucidée… depuis 2015

07.10.2019

Au Burundi, l’opposition à la candidature du président Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat a suscité une vague de répression dans tout le pays. En première ligne, les militants et activistes politiques frontalement opposés au parti au pouvoir.

Le retour au pays est bien souvent synonyme de dangers pour les exiles burundais qui deviennent suspects aux yeux des autorités. ©LandryNshimiye

Francis (nom d’emprunt) était membre d’un parti politique activement engagé contre le troisième mandat présidentiel. Comme nombre de ses collègues, il s’est exilé dans un pays voisin pour échapper à l’étau des services de sécurité.

Un premier retour au pays soldé par une arrestation

Son premier exil a duré quelques semaines. Francis a ensuite cherché à regagner le Burundi, mais a été rapidement arrêté et emprisonné par la milice du parti au pouvoir, les Imbonerakure. Pendant une semaine, il a été passé à tabac à plusieurs reprises. Aussitôt relâché, craignant pour sa vie, Francis est reparti en exil.

Quelques mois plus tard, Francis a reçu ce qui aurait pu être une sortie de secours : une bourse d’étude pour l’étranger. Seul hic : il devait pour cela renouveler ses documents d’identité… à Bujumbura, la capitale du Burundi.

Disparu sans laisser de traces

Francis a pris toutes les précautions pour entrer dans le pays sans attirer l’attention des forces de l’ordre. S’il a pu passer la frontière sans problème, des échauffourées ont malheureusement éclaté près de là où il effectuait une halte. Les forces de l’ordre ont effectué une descente et arrêté plusieurs personnes perçues comme fauteuses de trouble. Bien que Francis ait été totalement étranger à la situation, il a été emmené par des policiers.

La suite est incertaine : il semblerait qu’il ait été emmené hors de la ville à bord d’un véhicule de la police, mais il n’a plus jamais été revu depuis. Malgré les efforts de sa famille pour le retrouver, Francis est toujours porté disparu.

Face à l’inaction des autorités burundaises pour faire la lumière sur cette affaire, TRIAL International a porté l’affaire devant une instance internationale. La procédure est en cours.