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Les auteurs de crimes internationaux

08.02.2016 ( Modifié le : 03.11.2016 )

Genève/Ottawa (8 février 2016) – Dix ans après l’assassinat de l’éminent défenseur des droits humains Pascal Kabungulu en République démocratique du Congo (RDC), sa famille porte plainte devant les Nations unies avec l’aide de deux ONG, TRIAL et le Centre canadien pour la justice internationale. La plainte devant le Comité des droits de l’homme des Nations unies intervient après d’infatigables efforts de la famille et de groupes de défense des droits humains pour relancer les procédures judiciaires en RDC, au point mort depuis trop longtemps.

Le 31 juillet 2005, des hommes armés vêtus d’uniformes militaires ont assassiné Pascal Kabungulu sous les yeux de sa famille. Il avait déjà fait l’objet de plusieurs menaces en raison de son travail sur les droits humains au sein de l’organisation Héritiers de la Justice à Bukavu, dans le Sud-Kivu.

Quelques jours à peine après son assassinat, l’épouse de Pascal Kabungulu, Déborah Kitumaini, a également été menacée et contrainte de fuir le pays avec ses six enfants. La famille a finalement trouvé refuge au Canada, où elle dirige maintenant la Fondation Pascal Kabungulu, qui soutient les familles de défenseurs des droits humains tués en RDC.

« Pascal était un époux et un père exceptionnel. Il a été l’amour de ma vie. C’était un homme courageux, fier, drôle et tendre aussi. Cela fait dix ans qu’il nous a quitté et il ne se passe pas un jour sans que nous ne pensions à lui ! », évoque Déborah Kitumaini.

Un long chemin vers la justice

En dépit de l’ouverture d’une procédure judiciaire en RDC il y a plus de dix ans, les poursuites ont été interrompues lorsque des témoins ont mis en cause certains hauts dignitaires de la région. Malgré le transfert de l’affaire devant les plus hautes instances en RDC, tous les efforts de la famille et des ONG pour convaincre les autorités de rouvrir un procès sont jusqu’à présent restés vains.

C’est pourquoi, la famille de Pascal Kabungulu franchi aujourd’hui une nouvelle étape dans sa quête de justice. Avec le soutien de deux ONG, le Centre canadien pour la justice internationale (CCJI) et TRIAL, elle dépose cette fois plainte auprès du Comité des droits de l’homme des Nations unies.

« Force est de constater qu’il y a eu une absence de volonté politique pour poursuivre les hauts dignitaires impliqués dans cette affaire, explique Matt Eisenbrandt, directeur juridique du CCJI. Nous saluons les avancées législatives positives en RDC, mais nous rappelons également que le gouvernement n’a à ce jour rien fait pour que les assassins de Pascal soient punis. »

« La famille de Pascal a beaucoup souffert et mérite que justice soit enfin faite, rappelle Philip Grant, directeur de TRIAL. Les dangers auxquels sont exposés les défenseurs des droits humains en RDC ne doivent pas être passés sous silence. Il faut tout faire pour éviter que davantage de crimes ne soient commis à leur encontre. »

« Notre famille espère vraiment que les Nations unies nous rendront justice, dit Heri Kabungulu, le fils de Pascal Kabungulu. La RDC sera ainsi incitée à rouvrir l’enquête et à punir les auteurs : il est temps que cesse l’impunité. »

 

Pour plus d’informations

Lire le résumé de l’affaire sur Storify

Lire l’interview complète de Déborah Kitumaini sur Storify

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